En route vers les octavos de final...

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Ronald King
La Presse

Quand vous allez au Club social espagnol du boulevard Saint-Laurent, vous avez toujours un peu envie d'être espagnol. À cause de la bouffe, de sa cuisine qui gagne à être connue, de la gentillesse et la bonne humeur, des belles Espagnoles et Latino-Américaines qui le fréquentent.

Et ces gens-là aiment manger. Ils semblaient s'y adonner avec plus de nervosité hier parce que ni l'Espagne ni le Chili n'étaient certains de se qualifier dans les octavos de final...

 

Les Espagnols occupaient la grande salle et la grande terrasse à l'étage. Les Chiliens, la salle du rez-de-chaussée. Quand l'Espagne marquait, le premier étage explosait. Quand c'était le Chili, l'explosion venait d'en bas. Et ça se mêlait, se taquinait, se souriait... Un bien bel après-midi.

À mon avis, ce fut un des matchs les plus beaux et excitants de cette Coupe du monde qui est parfois, par grands moments, terne. Plusieurs spectateurs vérifiaient le score entre la Suisse et le Honduras, de qui dépendait la suite des événements.

À la fin, de grandes accolades de toutes parts, le rez-de-chaussée et le premier étage étaient sauvés.

On se reverra au Club social.

Irène et Filipa

Elles sont toutes les deux des employées de ma succursale bancaire, deux jeunes femmes sympathiques et fières de leurs origines. Irène est espagnole, Filipa portugaise.

Leurs patrons leur donnent trois heures de congé au milieu de la journée quand leur pays joue.

Mais il y a eu des tensions en début de Coupe du monde quand Irène s'est un peu moquée de l'équipe de Filipa. Le Portugal a mal commencé le tournoi et Irène a dit à Filipa que si son pays ne jouait pas mieux, il disparaîtrait très vite.

L'autre ne l'a pas pris et a répondu à Irène que le Bon Dieu allait la punir et que l'Espagne, un des grands favoris du tournoi, allait perdre. Ce qui fut fait. Les Espagnols ont perdu 0-1 contre la Suisse d'entrée de jeu.

Irène était terrassée, elle avait perdu toute confiance en son équipe. «Je n'aime pas comment ils jouent. On dirait qu'ils marchent», fut son analyse.

Les filles ont fait la paix depuis, autour d'une sangria après le travail.

Je pensais bien voir Irène hier au Club social espagnol. Elle y est toujours les jours de match. Mais on m'a expliqué qu'elle avait refusé le congé pour ne pas porter malchance à son équipe...

Et devinez quoi. L'Espagne affrontera maintenant le Portugal.

Dites Roger...

Vous avez peut-être remarqué, comme moi, que dans la publicité de Coca-Cola traduite dans une maison québécoise, on nous parle de Roger Milla, avec Roger prononcé à l'anglaise. Or, Milla est camerounais et francophone. À la télé française, on parle de Roger à la française.

Il s'agit d'un cas de paresse et d'ignorance crasses. On aurait pensé que quelqu'un dans la maison aurait fini par comprendre et fait la correction avant la Fête nationale du Québec. Mais non.

Colonisés...

Le retour des Bleus

Nous ne sommes pas pour les laisser filer comme ça, sans enfoncer le clou un peu plus.

Les Bleus sont rentrés en France, ils sont descendus de l'avion, ils sont passés devant quelques centaines de partisans qui les attendaient, sans les regarder, sans les saluer... Ils auront été détestables jusqu'à la fin.

Un spectateur cité par la télé française: «Je ne m'attendais pas à mieux de leur part...»

Un autre qui portait le maillot tricolore: «Nous, on a le droit de le porter, mais eux, ils n'ont plus le droit...»

Un troisième: «Ils ont sali tous les Français...»

Mon Dieu.

Enfin, notons cette remarque d'un commentateur français après l'élimination surprise de l'Italie: «Pour les Italiens, c'était la minestrone des grimaces, la soupe des mauvais jours...»

On se serait cru à L'antichambre... Non, pas vraiment.

 




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