Une équipe améliorée? Pas sûr

Ronald King
La Presse

En 2002, le Canadien, avec José Théodore devant le but, avait terminé au huitième rang de l'Association de l'Est, alors que les Bruins de Boston étaient premiers. En séries éliminatoires, ô surprise, le Canadien a éliminé les Bruins...

Une des tactiques de l'entraîneur Michel Therrien était d'exploiter la lenteur et le manque d'habiletés des défenseurs des Bruins, en particulier d'Hal Gill. Ça s'était bien passé pour nos p'tits gars. Ils lançaient la rondelle dans le coin de Gill et le forçaient à commettre une erreur. Ou bien ils lui remettaient tout simplement l'objet et exerçaient une pression intense sur lui.

Sept ans plus tard, exit Mike Komisarek et arrive Gill pour le remplacer. Quand on sait qu'on bâtit une équipe en commençant par l'arrière, vous ne me direz pas que le Canadien est amélioré. Komisarek était l'un des joueurs qui passaient le plus de temps sur la glace...

Maintenant on verra Gill. Il faut espérer que l'autre défenseur, Jaroslav Spacek, sache jouer un peu mieux.

Dans le premier trio, nous aurons donc Scott Gomez, Brian Gionta et Mike Cammalleri. De beaux petits joueurs spectaculaires - quoique Gomez n'est plus ce qu'il a été - de 5'11, 5'9, 5'7...

Qu'est-ce que ça vous dit? Pour ma part, ça me dit que le Canadien n'a pas l'intention de demeurer longtemps en séries éliminatoires, alors que le style de jeu et l'arbitrage ont tendance à changer radicalement. Qui va s'imposer physiquement et prendre une part du leadership à l'attaque le printemps prochain?

Tomas Plekanec? Georges Laraque? Guillaume Latendresse?

Faites-moi rire...

Curieux engouement

Le Canadien est plus populaire que jamais à Montréal. Un curieux engouement qui me semble un peu malsain. Surtout que l'équipe est très décevante sur la glace.

Imaginons un partisan moyen, admirateur d'Alex Kovalev, un partisan moyen qui adorait voir ce magnifique hockeyeur, cet exemple de tout ce que le hockey devrait être...

Eh bien! Kovalev est parti. Parce qu'on n'avait plus le temps de lui parler, si j'ai bien compris, parce que les jours passaient et qu'il n'y avait pas encore d'entente. Bye-bye Kovalev.

Ça écoeure le partisan moyen que je suis.

Komisarek, lui, un autre de mes préférés, a plutôt choisi Toronto après sept années à Montréal où il a été choyé par la foule et le club, promis au poste de capitaine et tout... Il choisit Toronto, TORONTO!, parce que c'était mieux pour lui «personnellement».

On ne lui souhaite pas bonne chance.

Le partisan moyen que je suis aimait aussi Robert Lang. Plus que Tomas Plekanec. Lang a peut-être 38 ans, mais quand il s'est blessé, le Canadien, qui allait très bien, s'est aussitôt écroulé.

Il est toujours bon d'avoir un vétéran de 6'3 qui connaît toutes les facettes du jeu, qui est apprécié de ses coéquipiers et qui se fait un plaisir d'aider les jeunes...

Nous verrons donc des Gill, Spacek, Gionta et autres... Aussi bien nous amener les Blue Jackets de Columbus.

Serez-vous encore là en septembre, aveugles fans, prêts à applaudir et à acheter tous les nouveaux gugusses et les billets trop chers?

Probablement. Tout ça n'est pas vraiment sain, qu'on vous dit.

Le temps des K

Avec les départs de Kovalev, Koivu, Komisarek et Kostopoulos, l'époque des K est terminée. Il ne reste que les frères Andrei et Sergei Kostitsyn, de beaux joueurs certes, mais pas vraiment fiables et peut-être pas très solides entre les deux oreilles. En général, on ne gagne pas beaucoup avec des joueurs irresponsables. Est-ce qu'on leur a trouvé des chaperons?

Quant à Saku Koivu, il devait partir pour respirer. On l'a tenu responsable de tous les maux, d'être trop petit, trop malade, trop blessé, trop peu porté sur le fait français, trop peu Alex Ovechkin ou Vincent Lecavalier...

Mais on ne peut pas lui reprocher de s'être économisé. Le Finlandais a laissé tout ce qu'il avait sur la glace, soir après soir, même lorsqu'il n'en restait plus beaucoup.

On ne peut pas lui reprocher non plus d'avoir été mesquin à aucun moment, alors qu'il a encaissé lui-même de nombreuses mesquineries.

Tiens, si Koivu s'était appelé Tremblay, il y aurait un aréna en son nom et peut-être un monument devant...

 

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