Halak n'aura pas ce qu'il mérite

Les fans capotent, les amateurs sont heureux et les partisans ont du plaisir. Même les fefans qui vont faire les putois devant les caméras de télé dans la rue en hurlant des grossièretés sont sympathiques. Le Canadien se prépare à gagner ce soir à Pittsburgh et ce faisant, à se rendre jusqu'en finale de la Coupe Stanley.

Geoff Molson et ses partenaires et associés font les grâces à tous les soirs. Ils sont assurés de présenter au moins six matchs en séries éliminatoires cette année. Des revenus bruts de près de 20 millions et des profits d'une dizaine de millions au moins puisque les joueurs ne sont pas payés pour jouer.

On s'entend que les Glorieux n'auraient pas participé aux séries sans l'incroyable brio de Jaroslav Halak au retour des Jeux olympiques. Et sans son jeu solide plus tôt pendant la saison quand il a supplanté Carey Price, dit le chouchou, au poste de gardien du Canadien. Donc on s'entend que Jaroslav Halak est en train de mettre au moins 10 millions dans les poches des propriétaires. Et je ne parle pas des propriétaires de RDS qui sont les mêmes que le Canadien.

Que va-t-on faire pour remercier le jeune Slovaque? Comment va-t-on s'excuser de l'avoir traité injustement pendant toutes ces années en donnant toutes les chances et toute la place à Carey Price?

Parce que malheureusement, Jaroslav Halak n'aura pas ce qu'il mériterait. Il devient joueur autonome avec restriction le 30 juin. Ça veut dire que le Canadien pourra égaler toute offre qui lui sera faite et ce faisant l'obligera à rester à Montréal à un salaire inférieur à sa valeur.

Il serait surprenant qu'une équipe prenne le risque de lui offrir un contrat de plusieurs millions puisque les règles de la Ligue nationale vont lourdement pénaliser cette équipe en compensation.

Non seulement Jaroslav Halak ne recevra pas le contrat qu'il mérite mais en plus, il devra recommencer son éternelle bataille contre Carey Price. Les dirigeants du Canadien et certains chroniqueurs de hockey sont tellement vendus à la cause de Price qu'ils estiment encore que le gardien d'avenir de la Flanelle est le 31 et non le 41. Ils ont sans doute raison si on se limite au physique et à la technique du jeune homme. Mais quand on tient compte de «la dureté du mental», c'est une tout autre histoire.

Mais dans le fond, ça veut dire qu'à la première défaillance de Halak, on va le tasser en espérant que Carey Price saura enfin justifier sa sélection en première ronde et tout le bataclan publicitaire fait autour de lui.

Au moins, le départ de Bob Gainey aura permis à Halak d'avoir la chance de montrer ce qu'il pouvait faire. Un jour, il touchera le salaire et la reconnaissance qu'il mérite. Mais je ne pense pas que ce sera à Montréal.

En attendant, si jamais la Flanelle sainte élimine les Penguins, Halak aura la chance de faire tomber un autre 6 millions assurés dans l'écuelle des propriétaires. Parce qu'en troisième ronde, les billets se vendent près de$300 l'unité. Le jeune Slovaque a vraiment un grand coeur. J'espère que quelqu'un dans l'organisation va s'en rappeler.

Mais dans la vie, on ne reçoit pas ce qu'on mérite, on reçoit ce qu'on négocie. Et le gun va être dans la main de Pierre Gauthier quand l'agent d'Halak va s'asseoir pour discuter du prochain contrat. Autrement dit, Halak est sûr de se faire enfirouaper. Geoff et ses partenaires vont garder les millions que Halak a gagnés pour eux. Ça s'appelle les affaires.

Crosby et Ovechkin

Il s'en est dit et écrit des niaiseries à propos d'Alexander Ovechkin pendant la série entre les Capitals de Washington et le Canadien.

Pauvre gros Russe. Un perdant, un pas brillant, un pas bon. Alors que Sidney Crosby lui, pardon madame, il était intelligent, raffiné, un gagnant, un leader et tutti quanti.

Jusqu'à maintenant, Ovechkin a marqué plus de buts, a obtenu plus de points et a tiré plus souvent au but que le Sid.

Il se peut que Crosby soit meilleur ou plus complet qu'Ovechkin. Mais il devrait y avoir moyen de reconnaître les qualités et les mérites de l'un sans être méprisant pour l'autre.

Saputo et la MLS

Vous ne pouvez pas imaginer à quel point je suis content de voir l'Impact atteindre le statut d'équipe majeure. Montréal a déjà vécu une fabuleuse aventure avec le Manic au début des années 80. Des foules de plus de 50 000 personnes dans le Stade olympique, Eddie Firmani au poste d'entraîneur, Pierre Mindru, le premier Roumain qu'on a aimé après Nadia Comaneci et avant Lucian Bute, était son adjoint. Roger Samson était le directeur général parachuté par Molson.

Je me rappelle très bien des joueurs. Tony Towers et sa grosse chevelure bouclée, O'Brien, Lynch, Franz Mathieu obtenu du Sting de Chicago et les autres qui devinrent des vedettes à temps plein à Montréal et au Québec.

C'est la ligue qui s'est écroulée et non le Manic. La clientèle était déjà là il y a 30 ans. Depuis, le soccer est devenu le sport le plus pratiqué au Québec et le passage à un sport spectacle semble s'être opéré. Il faut dire que Joey Saputo et son équipe ont fait le travail. Et que ce fut un travail colossal.

De plus, la tentative de Molson avec le Manic était fondée sur la possibilité d'intéresser les pure-laine au soccer. On voulait sortir ce beau sport des ghettos ethniques. Ce fut plutôt bien réussi.

Trente ans plus tard, le soccer est un sport que les moins de 40 ans suivent avec intérêt. Qu'ils soient de souche italienne, portugaise ou pure laine. Autrement dit, c'est devenu un sport qui s'adresse à tous les Québécois. Et c'est très bien ainsi.

Richard Legendre, le vice-président de l'organisation, va cependant avoir du gros travail pour assurer la transition. Il faut que les fans continuent d'encourager leur équipe en attendant le grand soir...

Allez la Flanelle...

 

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