Légitime défense

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Pierre Foglia
La Presse

Des Palestiniens enlèvent et tuent trois ados israéliens. En représailles, des ultrareligieux enlèvent et brûlent vif un jeune Palestinien. Et c'est reparti, mon kiki. Tirs de roquettes palestiniens sur la population civile israélienne. Bombardement de Gaza par les Israéliens. Combien de victimes palestiniennes à ce jour? Des dizaines, mais pas la peine de les compter, c'est la faute du Hamas.

Les seules vraies victimes jusqu'ici, les trois ados du début.

Comme chaque fois, Israël a répondu: légitime défense. Par légitime défense, comprenez qu'Israël fait la guerre avec des soldats qui atteignent des objectifs militaires (quand ça tombe sur des maisons, c'est une erreur, tout le monde fait des erreurs, vous n'en faites pas, vous?), bref la guerre est tout à fait légitime, tandis que les Palestiniens répliquent par des actes terroristes, ce qui est tout à fait odieux.

On le sait, depuis le temps, Israël est entouré de barbares qui le menacent nuit et jour. Des bêtes immondes animées par la haine, alors que les soldats israéliens ne font que protéger leur pays, leur famille, leurs amis.

Ce que je vous répète ici, vous pouvez le lire tous les jours ou presque dans le New York Times, dans le Washington Post, dans le Wall Street Journal, dans le Globe de Boston et même dans mon journal.

À peu près les mêmes chroniques qu'en 2008-2009 (opération Plomb durci), les mêmes aussi qu'en 2012. Elles rappellent inlassablement que depuis qu'Israël s'est retiré de Gaza en 2005, Gaza est devenue une base terroriste.

Et bien sûr Obama ne lèvera ni la voix ni le petit doigt pour ne pas plomber la prochaine campagne de madame Clinton, encore plus alignée que lui sur Israël.

Il était une fois un peuple que les autres peuples n'aimaient pas trop. Alors ce peuple s'est construit un pays bien à lui. Cela aurait pu être une belle histoire, «mais voici que se produit l'incroyable paradoxe, ont écrit dans Le Monde, dans un texte resté célèbre (1), Edgar Morin, Sami Naïr et Danièle Sallenave, «voici l'incroyable paradoxe, les juifs d'Israël, descendants des victimes d'un apartheid nommé ghetto, voilà qu'ils ghettoïsent les Palestiniens...».

Cela n'a rien à voir avec le présent conflit, dites-vous? Gaza n'est même plus sous contrôle israélien depuis 2005. Pourtant si. Tout dans le conflit palestino-israélien tourne autour des colonies juives implantées en Cisjordanie. C'est le cancer, l'empêchement majeur à la paix. Tout part du non-respect des accords d'Oslo, surtout le non-respect de cette partie des accords qui prévoyait l'évacuation de la majorité des colonies juives. Non seulement cela ne s'est pas fait, mais ces colonies s'étendent tous les jours, ghettoïsent de plus en plus les Palestiniens.

La responsabilité des États-Unis est immense, leur refus d'exercer de réelles pressions sur Israël est au bout du compte la vraie raison des bombes sur Gaza, le vrai empêchement à une paix qui n'empêcherait pas des criminels de part et d'autre d'enlever et de tuer des ados, mais sans que cela dégénère en une guerre.

Il suffirait que les États-Unis disent: c'est assez.

NIVELLEMENT - La petite histoire qui suit m'est contée par Mélanie Noël, une collègue de La Tribune de Sherbrooke. Elle est chez l'orthophoniste avec son fils de 4 ans, elle assiste à la leçon. Quand c'est un garçon qui fait l'action, explique l'orthophoniste à l'enfant, on dit: Y fait de la natation. Y va à l'école. Quand c'est une fille qui fait l'action, on doit dire: A fait de la natation ou A va à l'école.

Étonnement de la maman. Ne devrait-on pas plutôt dire: Il fait de la natation, il va à l'école, elle fait de la natation, elle va à l'école?

Pas du tout, précise l'orthophoniste, pas du tout parce que, «au parlé», on dit: Y va à l'école, a va à l'école.

La maman proteste doucement: ne devrait-on pas apprendre aux enfants à parler correctement?

L'orthophoniste: non, sinon l'enfant sera isolé dans la cour de l'école parce que les autres enfants ne comprendront pas sa façon de parler.

Exactement le contraire de ce que devrait être l'éducation: le bon exemple aspirant les autres vers le haut. Ici, le bon exemple est rabaissé pour se mettre au niveau de la moyenne des cons.

JUSTE UNE QUESTION - Je n'ai pas très bien compris ce que vous reprochez au Dr Bolduc, d'avoir pris en charge 1500 patients et d'avoir ramassé les primes qui venaient avec alors qu'il avait déjà une job de député? Pourtant, il en avait parfaitement le droit, non?

Savez quoi? Je pense que je n'ai jamais fait la différence entre le bien et le droit. C'tu grave, docteur? Ou bedon c'est comme le cancer de la prostate, à partir d'un certain âge tu t'en crisses, de toute façon tu vas mourir d'autre chose?

CYCLOTOURISME - Rencontré l'autre semaine sur les routes difficiles de l'Estrie un cyclo qui traînait une ingénieuse petite remorque en plus de ses sacoches. On parle un peu, il s'en allait à Boston. Je lui demande ce qu'il fait dans la vie, il me dit qu'il est prof de philo au Vieux, je lui demande son prénom, il me répond un drôle de truc: pouvez-vous épeler, s'il vous plaît?

Cuauhtémoc!

C'est une blague?

Non, c'est mon prénom, c'est aztèque. Il avait même pas l'air fâché contre ses parents ni rien. Je suis allé voir sur le Net, y a bien un prof de philo qui s'appelle comme ça au cégep du Vieux. Cuauhtémoc. C'est, paraît-il, le nom du dernier empereur aztèque, et ça veut dire «l'aigle qui descend sur sa proie», mais ça, je m'en doutais. Ces noms-là veulent toujours dire quelque chose d'un peu dramatique, genre «Le soleil se lève sur la montagne rouge» ou «Le loup perd ses entrailles». Je veux dire: c'est jamais «Passe-moi le tournevis». C'est d'ailleurs ce qui m'a toujours détourné des civilisations étrangères, je trouve qu'elles manquent de simplicité, elles sont peuplées d'aigles, de lions, de loups, jamais de petits lapins.

Je trouve aussi que pour faire du cyclotourisme, Jean-Claude, c'est quand même plus pratique que Cuauhtémoc.

Voilà.

(1) Le Monde, 4 juin 2002




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