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Le plus beau jeu du monde

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Pierre Foglia
La Presse

Moi, par exemple. Je ne me suis pas ennuyé une seconde du hockey durant ce conflit dont j'ignorais et ignore toujours les enjeux. J'aurais dû normalement pencher du côté des joueurs, mais non, je ne penchais pas. J'étais pas là. Leurs millions? J'ai rien contre leurs millions, ni contre les profits des propriétaires. Mais si on doit parler d'argent, ce que je trouve proprement effrayant, les chiffres qui m'interpellent, c'est le coût d'une soirée au Centre Bell, les billets, la bière, la bébelle pour le petit, hallucinant, 500$ comme rien.

Le sport professionnel en général est hors de prix. Surtout pendant la saison régulière, que ce soit dans la NHL et plus encore dans la NBA, où un match sur deux est un match d'exhibition, sans passion, sans véritable enjeu.

Alors bientôt une grève, un boycott des partisans? Cela n'arrivera jamais. C'est comme à l'église, on n'y va plus quand on ne croit plus. La désaffection est toujours possible, la révolte non.

Pour revenir au hockey, je ne me suis pas ennuyé une seconde de P.K. Subban, de Carey Price, du Canadien, des Bruins, des Flyers, des Rangers, du Minnesota, c'est quoi déjà, le Minnesota? Ah oui, le Wild. Michel Bergeron non plus, je ne m'en suis pas ennuyé, pas une seconde.

Je ne me suis surtout pas ennuyé du «parler mou» hockey qui, après les matchs, n'en finit plus de s'étirer comme les fils de fromage d'une pizza froide.

Je ne me suis pas ennuyé mais mettons que la saison commence le 19 janvier. Mettons Canadien-Boston. Ou même le Canadien contre le Wild.

Pouvez être sûr que je ne manquerai pas ça.

J'aime ça comme un fou.

Au-delà des millions, du parler mou, du chauvinisme, de la stupide intimidation, de l'accrochage, du mauvais arbitrage, le hockey est un sport magnifique pratiqué par des athlètes incroyablement doués, même si 90% sont des petits cons.

J'ai dit incroyablement doués, malgré ce qu'en pensent les nostalgiques qui rabâchent que le hockey s'est dilué dans les expansions successives, dans les longueurs d'un calendrier trop étiré. C'est vrai. Sont 10 fois meilleurs. Plus grands, plus gros, plus forts, plus rapides, plus habiles.

Il ne manque pas grand-chose pour que le hockey devienne le plus beau jeu du monde: il ne manque qu'une réelle volonté de mettre fin à la violence.

LE GRAND DÉBALLAGE - Ainsi, Lance Armstrong songerait à tout avouer. La chose est curieusement formulée. Songer à tout avouer n'est-ce pas déjà tout avouer? Je veux dire: on ne songe pas à tout avouer quand on n'a rien à avouer.

Banni à vie en octobre dernier par l'UCI, Armstrong admettrait s'être dopé en échange d'une remise de peine qui lui permettrait de reprendre sa carrière professionnelle. Ça ne tient pas debout non plus. Sa carrière professionnelle de quoi? De cycliste? D'ironman? De vététiste? De marathonien? À 41 ans, il n'a aucune carrière professionnelle devant lui.

Son grand déballage n'en sera pas un de toute façon. Il ne dira pas d'où venait la dope. Il ne dira pas qui le protégeait à l'UCI. Il ménagera ses amis comme Johan Bruyneel, le bon docteur Michele Ferrari, les coureurs espagnols qui lui sont restés fidèles.

Je crois surtout qu'Armstrong est resté accro à la dope. Pas à l'EPO, à une autre dope qui crée une dépendance plus insidieuse que l'EPO: la célébrité. Il sent que le peloton des vedettes de l'actualité, dont il a toujours fait partie pour le meilleur comme pour le pire, est en train de le larguer. Avouer, ce serait se maintenir, faire encore une fois les manchettes, être encore le roi de quelque chose, fût-ce des menteurs, des impudents, des dopés.

Je ne crois pas qu'il se mettra à table, mais s'il le fait, combien on parie qu'il le fera «pour aider-les-jeunes-à-ne-pas-tomber-dans-le-dopage», et «pour aider-le-vélo-ce-sport-magnifique-à-repartir-à-zéro». Ils (et elles) font tous ça? Quand ils arrêtent de prendre de la dope, ils n'arrêtent pas, pour autant, de nous prendre pour des cons.

RISQUE NUL - Vous ne m'avez pas remercié de ne pas vous avoir fait de revue de l'année, pas de carré rouge, pas de Gérald Tremblay, pas de Gilles Vaillancourt, non plus celui de Mascouche dont j'oublie le nom. Pas de fric dans les chaussettes, pas de casseroles, pas de matricule 728, je suis gentil, non?

Mais je vais tout de même vous en faire, une revue, une toute petite, à un seul événement. L'événement le plus niaiseux de 2012 au Québec. Il vous aura probablement échappé. C'est une étude de l'INSPQ, notre fabuleux Institut de santé publique, qui, en septembre, découvrait un problème de santé publique, justement, dans... la pratique du sport. «Les personnes physiquement actives sont plus à risque de se blesser» observent finement les auteurs de l'étude. Et de comptabiliser les entorses et les crampes que l'on peut se faire en courant.

Recommandent-ils alors de rester assis? Pas du tout. Ils recommandent des campagnes de sécurité. C'est leur grand truc dans la vie: les campagnes de sécurité. La prévoyance absolue. Le risque nul. J'ai entendu dire que leur prochaine campagne de sécurité ira à la source en quelque sorte en s'adressant aux femmes enceintes: «Vous, madame, vous qui allez mettre un enfant au monde, avez-vous songé qu'à un m'ment donné, il allait se mettre à courir et peut-être se faire une entorse?»

JEU QUESTIONNAIRE - Des fois en attendant Montréal ce soir, je tombe sur les dernières minutes du jeu de Patrice L'Écuyer qui pose des questions à des vedettes jumelées à du monde ordinaire, cette fois-là, la vedette était un de ces mal-rasés-exprès que ma fiancée identifia comme étant peut-être Réal Béland.

La question de L'Écuyer...

Je suis un mammifère herbivore...

Réponse du mal-rasé-exprès: une grenouille?

Vérification faite, c'était bien Réal Béland. Non, c'est pas un joueur de hockey.




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