Une occasion à saisir pour l'Impact

Une question pour vous, amis lecteurs : quelle relation entretenez-vous avec... (photo éric Bolté, USA TODAY Sports)

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Une question pour vous, amis lecteurs : quelle relation entretenez-vous avec l'Impact ?

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Un sympathique terrain de mini-soccer aux couleurs de l'Impact a été inauguré.

photo IVANOH DEMERS, LA PRESSE

A) Je suis un fan fini. Sous la douche, je chante « Allez/Allez/Allez, allez, allez/Montréal/boum boum... » Pas question pour moi de rater le match de demain à la télé.

B) Comptez-moi parmi les vrais supporters. Je suis super content que Montréal soit en Major League Soccer (MLS). L'Impact élargit nos champs d'intérêt sportifs.

C) Moi, j'aime surtout le hockey et le Canadien. Bonne chance à l'Impact, mais le soccer, vous savez...

D) J'adore le foot européen, pas le soccer nord-américain. Parlez-moi d'un bon match de Chelsea à la télé ! En MLS, le jeu est banal. Pensez aux défenseurs : ils ne font que dégager en hauteur, incapables de faire une passe...

E) J'ai surtout hâte au retour des Expos.

Alors, quelle est votre réponse ? Je pose la question parce qu'à quelques heures du match de dimanche, alors que l'Impact tentera d'éliminer les Red Bulls de New York, la réelle popularité de l'équipe à Montréal demeure un enjeu.

Un exemple amusant en a été fourni mercredi, lors du dîner-causerie du Sommet du sport de haut niveau de Montréal. Sur la tribune, on retrouvait des représentants des Alouettes (Mark Weightman), des Internationaux de tennis du Canada (Eugène Lapierre), du Canadien (France Margaret Bélanger) et de l'Impact (Richard Legendre).

« J'entendais France expliquer tantôt que le Canadien générait 11 % de toutes les nouvelles au Québec, a dit le vice-président de l'Impact. Nous aussi, c'est 11 %... mais seulement des nouvelles sportives ! Et on a amélioré notre score depuis deux ans : on était à 3 ou 4 %. »

Sur le plan médiatique, aucun doute là-dessus : même si l'Impact ne sera jamais dans la catégorie du Canadien, l'organisation a renforcé son statut à Montréal. Vendredi midi, il a suffi de voir les nombreux représentants des médias interviewer les parents de Patrice Bernier, venus découvrir le superbe complexe d'entraînement de l'équipe, pour le réaliser. Rieur, papa Bernier - Jean, de son prénom - a lancé : « On est comme des vedettes ! »

Avec raison, l'Impact est fier de son histoire, qui a commencé en 1993. Mais soyons réalistes : pour la plupart des Montréalais, la véritable naissance de l'équipe est survenue en 2012 avec l'entrée en MLS. Voici donc une très jeune organisation, ce que la direction a mis du temps à comprendre et accepter. Ce grand malentendu explique l'impatience manifestée par Joey Saputo lorsque la vente de billets a été difficile au cours des dernières années.

Malgré cette déception, l'Impact a travaillé pour consolider sa place. Et l'organisation en récolte les fruits. Sur le plan sportif, mais aussi sur le plan de son ancrage dans la communauté.

***

En après-midi vendredi, dans les anciens jardins de l'église du Gesù, au coeur du centre-ville, un sympathique terrain de mini-soccer aux couleurs de l'Impact a été inauguré. Ces quelques mètres carrés destinés à la pratique du sport offrent un contraste bienvenu avec les gratte-ciel du voisinage.

Richard Bergeron, qui représentait le maire Denis Coderre lors de la cérémonie, a indiqué que la Ville de Montréal voulait augmenter la population du centre-ville, en y attirant notamment un grand nombre de familles. Pour réussir, il faut des écoles et des terrains de sport, a-t-il rappelé.

Bien sûr, on ne se contera pas d'histoires sur le véritable pouvoir d'attraction de cet espace consacré au mini-soccer. Mais le symbole est néanmoins intéressant.

L'initiative fait partie d'un programme implanté dans toutes les villes de la MLS. L'Impact, séduit par l'idée, veut prendre le ballon au bond. Joey Saputo est inspiré par l'exemple du Canadien, qui finance la construction de patinoires extérieures réfrigérées dans des quartiers défavorisés du Grand Montréal. « On pense à des terrains pour jouer à sept contre sept ou au mini-soccer, dit-il. Pour moi, c'est très important. »

Si on se fie à son parcours, on peut croire que le président de l'Impact relèvera ce pari. Son organisation est en constante évolution. La réalisation du complexe d'entraînement dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve et le succès de l'Académie, où des dizaines de jeunes combinent études et sport de haut niveau, en sont la preuve.

L'Impact impose progressivement sa marque à Montréal, mais il n'y aura pas de raccourcis. Le match éliminatoire de dimanche dernier, disputé devant 5000 sièges vides, le rappelle froidement. 

Oui, le court délai pour vendre les billets a constitué une circonstance atténuante. Mais Joey Saputo a été déçu en constatant que les détenteurs d'abonnement ne s'étaient pas précipités pour retenir leurs places.

***

Pour les dirigeants de la MLS, une finale de l'Est entre les Red Bulls de New York et le New York FC serait l'affrontement rêvé. Mais au Canada, rien ne battrait un duel entre l'Impact et le Toronto FC, un scénario possible.

L'Impact nous a fait vivre de grands moments au début de 2015 avec son parcours en Ligue des champions de la CONCACAF. Mais pour l'amateur qui connaît mal les arcanes du soccer international, cette compétition demeurait mystérieuse.

En revanche, les séries éliminatoires de la MLS s'inscrivent dans un modèle classique du sport nord-américain. Une série à haute tension contre le Toronto FC aiderait l'Impact à franchir une nouvelle étape de sa progression et rapprocherait Joey Saputo de son but. Il espère qu'un jour, les amateurs viendront encourager son club de manière naturelle, comme les partisans du Canadien le font, dans les bonnes comme les mauvaises saisons. Pour cela, l'organisation doit augmenter sa notoriété. Sur ce plan, les séries éliminatoires sont une formidable occasion à saisir.

« Je souhaite que l'Impact soit un joueur important dans le circuit sportif montréalais, dit-il. Je veux que les gens partagent ma passion pour l'équipe. Il faut travailler là-dessus. Je suis devenu plus patient. Je comprends que tout ça prend un peu plus de temps... »

L'Impact a ses fans enragés, ceux qui fredonnent la chanson thème de l'équipe sous la douche, et qui constituent une base d'appuis solide. Mais Joey Saputo souhaite sûrement qu'au fil du temps, un nombre grandissant de gens répondent « B » à ma question. Et que ceux choisissant le « C » ou le « D » finissent par se convertir aux mérites de la MLS.

Car si le groupe espérant d'abord le retour des Expos crie un jour victoire, l'Impact aura avantage à avoir préalablement solidifié ses assises.

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