La présence Drogba

Didier Drogba... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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Didier Drogba

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En fin d'après-midi, dimanche, peu avant le coup d'envoi, un soleil d'automne illumine une partie du stade Saputo, créant des reflets orangés. Le temps est frais, mais avec un bon manteau, tout à fait agréable. Dans les gradins remplis, l'ambiance est survoltée. Sur le terrain, une équipe en rouge, une autre en bleu. Toronto contre Montréal.

Comme choc des titans, on ne trouve pas mieux en Major League Soccer (MLS). D'un côté, la «fourmi atomique», comme est surnommé Sebastian Giovinco, le dynamique petit attaquant du Toronto FC. De l'autre, «Drogba-la-légende», le héros ivoirien qui a transformé l'Impact dès le premier jour où il a posé le pied dans le vestiaire.

En contemplant ce tableau magnifique, je pense à Joey Saputo et Nick De Santis, que j'ai croisés quelques minutes plus tôt. L'un après l'autre, ils marchaient d'un pas vif vers leur siège, impatients que ce match tant attendu commence. Une victoire et l'Impact, «leur» Impact, disputerait un premier match éliminatoire à domicile en MLS.

Nous avons échangé quelques mots, parlant évidemment de Didier Drogba, sans qui ce beau rêve serait inatteignable. Sourire aux lèves, Joey Saputo a souligné la force de sa présence. Et Nick De Santis a indiqué à quel point il créait une effervescence unique autour de l'équipe. «Partout à Montréal, les gens m'en parlent», disait-il, heureux et soulagé.

Les sentiments de De Santis sont compréhensibles. Sous l'ombre gigantesque du Canadien, il est difficile pour l'Impact de forger sa place dans notre paysage sportif. Au cours des quatre dernières années, les quelques périodes dorées, comme l'aventure en Ligue des champions de la CONCACAF, ont été suivies de turbulences: performances inégales, foules décevantes, entraîneurs congédiés...

Tenez, à la même époque l'an dernier, l'Impact a vécu deux moments durs. D'abord, l'équipe ne s'est pas qualifiée pour les séries éliminatoires. Ensuite, le dernier match du calendrier a été présenté devant des milliers de sièges vides malgré l'hommage à Marco Di Vaio, qui concluait sa carrière devant le public montréalais. Cela a heurté Joey Saputo, qui aurait souhaité un hommage plus chaleureux au numéro 9.

Heureusement, la grande roue du sport professionnel tourne vite. Surtout en soccer, où le bassin de joueurs talentueux est vaste et où une bonne embauche peut métamorphoser un club. Un an, dans ce milieu, c'est comme en politique: une éternité! Tant de surprises sont possibles.

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Le match de dimanche commence et le Toronto FC prend vite l'avantage. Grâce à sa vitesse et à son flair, Giovinco crée des brèches dans la défense de l'Impact. À la mi-temps, les visiteurs mènent 1-0. Ça augure mal pour le Bleu-Blanc-Noir, surtout que le Toronto FC n'a pas perdu un match cette saison après avoir ouvert le pointage.

À la reprise du jeu, Drogba prend cependant les choses en main. Quel spectacle! Il inscrit deux buts rapides, provoquant ainsi un immense doute chez ses adversaires pour la suite des choses. Son adresse devant le filet - un jeu de jambes souple, vif et puissant - rappelle Muhammad Ali: il danse comme un papillon, il pique comme une abeille...

À l'évidence, Drogba est le buteur le plus doué en MLS. Ainsi, cette saison, Giovinco et Kei Kamara, du Crew de Columbus, ont dominé le classement avec 22 buts chacun. Le premier a disputé 33 matchs et le second, 32. Drogba, lui, a réussi 11 buts en 11 rencontres! Combien en aurait-il marqué s'il avait disputé toute la saison?

Rappelez-vous cette réplique de Drogba, le jour de son arrivée à Montréal. L'ami Patrick Leduc, de RDS, lui a posé une question fort pertinente: à 37 ans, que restait-il dans son réservoir?

«J'espère que vous aurez l'occasion de voir ça dans les semaines à venir», a-t-il lancé, sûr de lui.

On a vu, en effet!

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Le Toronto FC et l'Impact reprennent ça jeudi soir au stade Saputo. Cette fois, le match est sans lendemain.

Le défi est immense pour le Bleu-Blanc-Noir sur le plan sportif, mais aussi sur le plan des ventes: à peine quatre jours pour écouler environ 16 000 billets, soit l'écart entre la capacité du stade Saputo et les places retenues par les abonnés de saison.

Jamais l'Impact n'a dû agir si vite. Au printemps dernier, en Ligue des champions, le délai avait été de deux semaines avant l'affrontement contre Alajuelense. La clientèle de l'Impact étant très familiale, un affrontement présenté un soir de semaine pose une difficulté supplémentaire.

«C'est un gros test, reconnaît Richard Legendre. On n'est pas fâchés que le match ait lieu jeudi plutôt que mercredi. Ça nous donne 24 heures de plus, et la température devrait être meilleure.»

Le vice-président de l'Impact souhaite évidemment la meilleure foule possible. L'objectif est «d'enraciner» l'équipe dans le coeur des amateurs. Et sur ce plan, il détecte des signes encourageants.

Ainsi, 84% des abonnés ont renouvelé leur appui en vue de la saison prochaine. L'an dernier, ce taux a été de 61%. Et déjà, 2000 nouveaux abonnements ont été achetés. L'organisation demeure très loin des objectifs fixés lors de l'entrée en MLS, mais pourrait compter plus de 8000 abonnés en 2016.

«Les cotes d'écoute de nos matchs sont aussi meilleures, tout comme notre présence sur les réseaux sociaux», ajoute Legendre.

Sur les plans sportif et administratif, l'Impact devra continuer de se battre. Mais depuis son entrée en MLS, l'organisation n'a jamais connu une fin de saison aussi sereine. La présence Drogba, c'est aussi ça.

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