Eugenie Bouchard joue gros

Une victoire d'Eugenie Bouchard à son premier match... (Photo Miguel Medina, AFP)

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Une victoire d'Eugenie Bouchard à son premier match aux Internationaux de France lui donnerait un élan formidable, mais une élimination dès le premier tour ferait mal à la jeune Québécoise.

Photo Miguel Medina, AFP

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(Paris) Eugenie Bouchard est la sixième joueuse mondiale. Quel rang occupera-t-elle le 12 juillet, à l'issue du tournoi de Wimbledon? Si elle ne réussit pas à coller quelques victoires à Paris au cours des prochains jours et à Londres cet été, la chute sera significative et elle gardera tout juste sa place dans le top 25.

Pourquoi? Tout simplement parce que le classement est établi en fonction des points accumulés au cours des 52 dernières semaines. En disputant la demi-finale de Roland-Garros et la finale de Wimbledon l'an dernier, Bouchard a engrangé un total de 2080 points. Elle doit maintenant les défendre à un moment où son jeu n'est pas à point.

Et même si Bouchard reste positive dans ses commentaires publics, sa confiance est sûrement touchée. On ne peut perdre aussi fréquemment contre des joueuses moins bien classées sans être un brin ébranlée.

Aujourd'hui, Bouchard disputera son premier match à Roland-Garros. Elle affrontera la Française Kristina Mladenovic dans le dernier duel de la journée sur le court Suzanne-Lenglen. L'ambiance s'annonce survoltée, car le public de Roland-Garros appuie ses compatriotes avec fougue.

Mladenovic risque d'être une redoutable rivale. Elle a fait un bond de 10 rangs au classement cette semaine, atteignant la 44e place. À première vue, elle demeure néanmoins loin derrière Bouchard. À une nuance près. Et une nuance importante: si on tient uniquement compte du rendement en 2015, Mladenovic est 32e et Bouchard, 34e.

Bouchard joue donc très gros aujourd'hui. Une victoire lui donnerait un élan formidable. D'autant plus que ses adversaires potentielles des deux tours suivants sont à sa portée. En revanche, une élimination dès le premier tour lui ferait mal. Et mettrait sûrement en lumière cette question: son ascension a-t-elle été trop rapide?

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Eugenie Bouchard est devenue une vedette internationale au cours des 18 derniers mois. Et ses choix suscitent parfois la surprise.

Son refus de serrer la main à la Roumaine Alexandra Dulgheru, avant la manche de la Coupe Fed disputée à Montréal en avril dernier, n'a impressionné personne. Ce n'était pas la première fois que Bouchard agissait ainsi. Mais sa nouvelle notoriété a fait en sorte que la nouvelle a fait le tour de la planète tennis.

Et plus tôt dans l'année, elle a attendu la dernière minute pour annoncer qu'elle ne participerait pas à une autre manche de la Coupe Fed, à Québec cette fois-ci. Elle n'a fourni aucune explication aux amateurs québécois, une erreur significative en matière de communication. Son agente Jill Smoller, qui représente aussi Serena Williams, a simplement annoncé la nouvelle à la présidente de Tennis Canada, Kelly Murumets.

Bouchard est encore jeune et évolue dans un environnement très protégé. Elle a déjà dit ne pas vouloir devenir amie avec ses adversaires.

À ce niveau de compétition, les joueuses sont évidemment d'intenses rivales avant tout. Mais il lui serait sans doute profitable d'échanger avec d'anciennes vedettes du tennis sur la manière de gérer ce vedettariat. Et, plus important encore, sur la façon de traverser des moments difficiles sur le terrain.

Récemment, une publication britannique a nommé Bouchard l'athlète dotée du meilleur potentiel marketing au monde, devant le Brésilien Neymar (soccer) et l'Américain Jordan Spieth (golf). En clair, cela signifie que son potentiel de revenus de commandites est stratosphérique.

«Ce classement n'identifie pas les athlètes dotés des plus grandes valeurs commerciales aujourd'hui, mais évalue plutôt leur potentiel au cours des trois prochaines années, écrit le magazine Sports Pro.

«Genie Bouchard a connu des ennuis depuis sa formidable saison 2014. Mais le temps joue en sa faveur. Elle possède tous les atouts pour succéder à Maria Sharapova et Serena Williams comme visage du tennis, le sport féminin ayant le plus de résonance commerciale sur la planète.»

Cette affirmation a sûrement réjoui le clan Bouchard, surtout quand on sait que Sharapova touche annuellement plus de 20 millions en commandites. Mais il lui reste beaucoup de travail avant d'en arriver là.

La jeune athlète, dont le caractère d'acier ne fait aucun doute, devra d'abord reprendre le chemin de la victoire. Voilà pourquoi, pour l'instant, retrouver ses repères sur le terrain doit être sa priorité absolue.

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La journée d'hier s'est terminée avec la victoire convaincante de Sloane Stephens aux dépens de Venus Williams, 7-5, 6-1. On peut dresser des parallèles intéressants entre Bouchard et l'Américaine de 22 ans. En 2013, elle a aussi connu du succès dans les Grands Chelems, atteignant la demi-finale en Australie et les quarts de finale à Wimbledon.

Et comme Bouchard jusqu'à maintenant, elle a ralenti la saison suivante. Un an plus tard, son jeu semble plus assuré.

Ironiquement, devinez qui est le nouvel entraîneur de Stephens? Eh oui! Nick Saviano, celui-là même qui conseillait Bouchard en 2014.

Un «nouveau» Roland-Garros?

Faut-il sacrifier une partie des serres d'un jardin public pour construire un terrain de tennis entouré de 5000 sièges?

Voilà l'épineuse question à laquelle les autorités parisiennes sont confrontées. Le complexe de Roland-Garros, ainsi nommé en l'honneur d'un héros de l'aviation mort au combat durant la Première Guerre mondiale, a subi plusieurs transformations depuis son ouverture en 1928. Mais aucune n'a eu l'ampleur du réaménagement actuellement souhaité par les organisateurs, une affaire frôlant les 400 millions d'euros.

Pour bien saisir l'enjeu, il faut d'abord savoir que Roland-Garros est de loin le plus petit des quatre sites accueillant un tournoi majeur. Cela lui confère un aspect charmant, mais la densité de la foule est parfois étouffante. De plus, le court principal n'est pas chapeauté d'un toit rétractable.

En Australie, trois terrains en sont maintenant munis, d'abord pour contrer les effets de la chaleur. À Wimbledon, le court central en est doté, et un deuxième terrain le sera bientôt. À New York, les travaux pour équiper de la même façon l'Arthur-Ashe sont en cours. Une bonne idée, puisque la pluie a forcé la remise de la finale de l'Omnium des États-Unis de 2008 à 2012, ce qui indispose toujours le diffuseur de l'événement.

À Paris, on veut remodeler le court Philippe-Chatrier: pose d'un toit rétractable et mise à jour des installations destinées aux joueurs et aux spectateurs. Ces travaux permettront de disputer des matchs sous les projecteurs, une impossibilité actuellement. Une nouvelle place publique et un bâtiment d'accueil sont aussi dans les cartons. Tout cela pose peu de problèmes.

En revanche, l'idée de construire un terrain dans la portion sud-est du Jardin des serres d'Auteuil suscite la controverse. Cet espace vert borde Roland-Garros. Au milieu de ce quartier animé, il s'agit d'un lieu paisible, où les gens profitent de la nature et de la tranquillité. Ce parc est complété par le square des Poètes où, nous annonce l'écriteau de bienvenue, «les vers de Villon, Verlaine, Mallarmé, Molière, Boileau et Baudelaire rythment cette promenade littéraire».

Bien sûr, les promoteurs soutiennent que leur projet revigorera l'ensemble du site, puisqu'il s'élèvera en lieu et place de serres vieillottes: «Semi-enterré, le court des Serres sera enchâssé entre quatre serres proposant l'exploration de la flore des quatre continents. L'allée des serres, qui reliera le nouveau court au site historique, offrira un lieu de respiration et de déambulation pour les spectateurs».

Ouf! Sans être méchant, je doute que la mise en valeur de «la flore des quatre continents» soit au coeur des priorités des gens de Roland-Garros. Mais il faut ce qu'il faut pour vendre une idée.

Les opposants reconnaissent que Roland-Garros est coincé dans son lieu actuel. Aussi proposent-ils cette solution de rechange: construire ce nouveau court au-dessus de la voie rapide située tout près, une option très coûteuse et peu pratique rejetée par les dirigeants du tournoi.

Les élus parisiens se prononceront sur la question cette semaine. Leur décision permettra-t-elle le déblocage du projet? Gilbert Ysern, le directeur du tournoi qui mène le dossier depuis cinq ans, l'espère. Dans une entrevue au Figaro la semaine dernière, il n'a pas caché être près de «l'exaspération». Et il soutient qu'il n'est pas question de moderniser les installations actuelles sans les agrandir.

«Ce projet est magnifique, il sert un besoin, il embellit l'espace public», a-t-il expliqué.

Puis, Ysern a ajouté ces mots empreints d'un réalisme étonnant dans la bouche d'un gestionnaire sportif, des gens ayant souvent recours à l'hyperbole en vantant leurs activités: «Dans cette maison, on est fiers de ce tournoi. Certes, il y a des choses plus vertueuses dans le monde, on ne sauve pas des vies humaines quand on organise Roland-Garros, mais il s'agit d'un événement qui contribue au rayonnement de notre pays, à son économie, à l'emploi.»

Le dossier de Roland-Garros s'inscrit dans la longue liste des débats juxtaposant le développement économique et la préservation de l'environnement. Les promoteurs jurent que leur projet, par ailleurs fort bien présenté, répond aux préoccupations légitimes des riverains. Il sera intéressant de voir la décision des élus.

La citation du jour

Ennuyée par un virus, Maria Sharapova a néanmoins atteint le deuxième tour. Après sa victoire aux dépens de l'Estonienne Kaia Kanepi, un collègue lui a demandé si elle avait pensé déclarer forfait en raison de sa courte maladie. «À moins d'être dans mon cercueil, je serai sur le terrain pour mes matchs», a-t-elle répondu.

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