Un sentiment d'inachevé

Des milliers de partisans étaient réunis au Centre... (Photo André Pichette, La Presse)

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Des milliers de partisans étaient réunis au Centre Bell hier pour voir sur écran géant leur équipe préférée à l'oeuvre. Malheureusement pour eux, le résultat n'a pas comblé leurs attentes.

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C'était sans doute trop demander au Canadien. Combler un déficit de trois matchs à zéro est un défi immense, et les chances de le relever sont minuscules, comme en font foi les données historiques. Dans ce contexte, il ne faut pas s'étonner de l'élimination de l'équipe.

Il n'en reste pas moins que le match d'hier, et l'ensemble de cette saison, laisse un sentiment d'inachevé. Le Canadien, sans détenir les atouts pour remporter la Coupe Stanley, avait un potentiel suffisant pour vaincre le Lightning de Tampa Bay et atteindre la finale de l'Association de l'Est.

Du manque de punch en attaque à deux revers crève-coeur, plusieurs raisons expliquent la tournure des événements. Mais une des plus importantes est l'effondrement de l'équipe lors du deuxième affrontement de la série à Montréal.

Rappelez-vous: le Canadien a dominé la première période. Mais un but du Lightning peu avant la fin de l'engagement a nivelé la marque. L'équipe ne s'en est jamais remis et a disputé une très mauvaise fin de match.

Ce jour-là, de manière inexplicable, le Canadien a montré un moral fragile. L'impact de cette défaite, la deuxième consécutive à Montréal, a été colossal. Du coup, sa marge de manoeuvre a fondu comme neige au soleil.

L'extraordinaire remontée souhaitée par les partisans du Canadien n'a donc pas eu lieu. En lieu et place, les prochains jours seront consacrés à l'analyse de la saison.

Si les joueurs tombent en vacances, ce n'est pas le cas de Marc Bergevin. Le DG devra déterminer comment renforcer l'équipe en vue de la prochaine saison. La base est solide, mais il faudra aussi de nouveaux visages pour atteindre l'étape suivante. La composition de l'équipe risque d'être différente l'automne prochain.

***

Les difficultés chroniques du Canadien à marquer des buts lui ont de nouveau été fatales, hier. Avant que le Lightning ouvre les vannes, l'attaque tricolore a créé quelques occasions, notamment sous l'impulsion de Brendan Gallagher, mais a été incapable d'en profiter.

Marc Bergevin répète que c'est avec la défense qu'on gagne des championnats. C'est vrai, bien sûr, mais les équipes qui se rendent jusqu'au bout comptent aussi sur des ressources fiables en attaque. Chez le Canadien, à ce niveau, les carences sont immenses. Si Max Pacioretty est tenu en échec, l'adversaire se retrouve vite en position de commande.

Ce revers est d'autant plus dommage que le Canadien semblait l'équipe la plus sûre d'elle-même depuis sa victoire de samedi au Centre Bell.

Hier matin, par exemple, Michel Therrien a peut-être établi une nouvelle marque pour le nombre de fois où un entraîneur a utilisé le mot «confiance» dans un point de presse de dix minutes. Un discours peu varié, certes, mais qui allait à l'essentiel.

Du côté du Lightning, on sentait une certaine incertitude, accentuée par l'absence de Ryan Callahan, opéré la veille. Mais l'équipe a pris une avance de 1-0 en première période, ce qui a semblé balayer ses doutes.

Les joueurs de Jon Cooper ont ensuite accentué le tempo, profitant au maximum de leur vitesse. Et lorsque Steve Stamkos a inscrit un but magnifique en deuxième, on a senti que le Canadien ne s'en remettrait pas. Celui d'Ondrej Palat avant la fin de l'engagement est venu clore les émissions.

Bizarrement, on n'a pas senti chez le Canadien cette étincelle qui lui avait permis de donner le ton aux deux matchs précédents. Carey Price a fait son possible pour garder les siens dans le match mais le Lightning, qui voulait vraiment en finir, a tout simplement été trop fort.

***

Le Canadien ne pensait pas terminer sa saison dès le deuxième tour. Mais il s'incline devant une belle machine de hockey qui joue du hockey rapide et excitant. Une fois la déception passée, Marc Bergevin devrait s'inspirer de cette équipe pour améliorer l'offensive de la sienne.

Le Lightning enraciné à Tampa Bay

Malgré la présence de plusieurs hôtels et du Centre des congrès, le secteur de Tampa où est situé l'Amalie Arena est paisible. On ne sent pas la folie urbaine des métropoles américaines. L'endroit est idéal pour le jogging avec ce large trottoir qui longe sur quelques kilomètres la baie de Hillsborough.

Les couleurs du Lightning sont présentes dans les rues du quartier. De nombreuses bannières bleues célèbrent l'équipe, dont l'enracinement dans la communauté est évident. Les médias suivent de près ses activités, et l'amphithéâtre accueille plus de 19 000 amateurs à chaque rencontre éliminatoire.

Bizarre, tout de même: dans cette ville du sud des États-Unis, c'est l'avenir du club de baseball, et non pas celui de l'équipe de hockey, qui suscite des inquiétudes.

Les Rays, de la Ligue américaine de baseball, sont désavantagés par l'emplacement de leur stade, à St. Petersburg. La congestion automobile pour s'y rendre est souvent brutale. Et le Tropicana Field n'est plus en phase avec les standards de l'industrie.

Le Lightning est mené par des dirigeants compétents. Jeff Vinik, qui a fait fortune dans les fonds d'investissement, a acheté l'équipe en 2010, stabilisant ainsi la concession. Sur le plan hockey, le duo Steve Yzerman-Julien BriseBois a accompli un travail formidable.

L'entraîneur Jon Cooper est idéal pour ce marché. Il est un communicateur de premier plan, doté d'un vif sens de la répartie. Un exemple? Tenez, la semaine dernière, un collègue l'a interrogé à propos de Nikita Kucherov.

- Jon, à la même époque l'an dernier, tu l'as laissé dans les estrades...

Cooper n'a pas laissé le journaliste compléter sa phrase: «À la même époque l'an dernier, on jouait au golf.»

En voilà un qui n'a pas oublié que le Canadien a éliminé le Lightning dès le premier tour au printemps dernier.

Depuis sa création en 1992, le Lightning a réussi ce que les Panthers de la Floride et les Coyotes de l'Arizona cherchent encore à accomplir: fidéliser une masse critique de partisans.

«C'est une vraie bonne ville de hockey», soutient le vétéran Jason Garrison, qui s'est joint au Lightning l'été dernier après des séjours chez les Canucks de Vancouver et les Panthers de la Floride.

«On est chanceux de jouer ici, je le rappelle souvent aux gars. Le propriétaire et la direction sont solides. Ils ont rallié la communauté derrière nous.»

Le Lightning est ancré sur de solides fondations. Mais selon Forbes, l'organisation a perdu près de 12 millions US la saison dernière. Le parcours de l'équipe en séries ce printemps améliorera le bilan de l'année financière en cours.

Des deux équipes du circuit en Floride, le Lightning est en bien meilleure santé que les Panthers.

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