Le vent dans les voiles

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(Ottawa) Bien sûr, cette série n'est pas terminée. Mais comment croire que les Sénateurs d'Ottawa se relèveront de cette défaite crève-coeur?

Perdre un match-clé fait toujours mal. Mais la déchirure est encore plus profonde lorsqu'on l'a mené durant de longues minutes, ce qui fut le cas des Sénateurs, dimanche. Sans être dominants sur la patinoire, ils ont tenu leur bout avec énergie jusqu'à tard en troisième période. C'est alors que le ciel leur est tombé sur la tête avec le premier but de Dale Weise, puis son deuxième en prolongation.

Dale Weise! Ce gars-là est devenu l'homme des grandes occasions pour le Canadien en séries éliminatoires. Comment oublier ses succès du printemps dernier, qui ont fait passer Marc Bergevin pour un génie?

Après tout, le nom de Weise n'était guère connu lorsque le DG du Canadien l'a obtenu en échange de Raphael Diaz à l'hiver 2014. On voulait simplement qu'il ajoute de la profondeur à la formation. Personne ne pensait qu'il deviendrait le héros de matchs déterminants.

«C'est l'fun de célébrer ses succès car il est apprécié de tout le monde, a lancé Max Pacioretty, après la rencontre. Je suis content que son travail soit récompensé avec deux gros buts. Il mérite de la reconnaissance.»

Pacioretty l'avoue: il ne connaissait pas Weise lorsque celui-ci a posé son sac pour la première fois dans le vestiaire du Canadien. Mais il a vite constaté une chose: «Ce gars-là s'est intégré instantanément au groupe. Il peut jouer sur tous les trios et faire une différence. Il est très polyvalent et vient pour travailler à tous les jours. Il joue aussi un rôle essentiel dans le vestiaire.»

P.K. Subban a ajouté: «Les gars l'adorent. Il a eu du succès en séries l'an dernier et refait la même chose cette année».

***

Mine de rien, le parcours du Canadien ce printemps commence à ressembler à celui de l'an dernier. Rappelez-vous: l'équipe a réglé en quatre petits matchs le sort du Lightning de Tampa Bay. Ce succès lui a valu des journées inattendues de répit, qui furent bien utiles pour la suite des choses. Une équipe reposée et en santé, c'est du luxe en séries éliminatoires!

Mais dès aujourd'hui, le gros défi de Michel Therrien sera de rappeler à sa troupe que les Sénateurs ne rendront pas facilement les armes. Le délai de deux jours avant le quatrième match permettra d'ailleurs aux joueurs de Dave Cameron de mieux panser leurs plaies.

Combler un déficit de trois matchs à zéro est évidemment réalisable. À preuve, les Kings de Los Angeles ont accompli l'exploit contre les Sharks de San Jose en première ronde l'an dernier.

Mais les Sénateurs, avec tout le respect qu'on leur doit, n'ont pas la puissance qui animait alors les Kings. Et le Canadien a certainement les nerfs plus solides que ceux des Sharks!

D'ailleurs, la confiance et l'engagement du Canadien depuis le début de cette série sont impressionnants. Dimanche, par exemple, les Sénateurs ont amorcé le match en lions. Mais ils n'ont pas ébranlé la discipline de leurs adversaires.

«Ce ne fut pas notre meilleure première période, a dit Pacioretty. En revanche, les Sénateurs ont très bien joué. Dans ces circonstances, il faut endurer la tempête et se regrouper par la suite. En deuxième, ils ont donné beaucoup de mises en échec mais on a lancé souvent au but. C'est signe qu'on a bien contrôlé la rondelle. Et c'est comme ça qu'on obtient du succès.»

***

Dave Cameron a pris un pari audacieux en utilisant Craig Anderson devant le filet. Car si les Sénateurs se retrouvent en séries, c'est grâce à Andrew Hammond, dont l'émergence représente une des plus belles histoires dans la LNH cette saison. Le gardien de 27 ans a été au coeur de leur spectaculaire remontée au classement. Il a été l'âme de la formation, insufflant une formidable dose d«énergie à ses coéquipiers.

Mais Cameron n'a pas été convaincu par le rendement de Hammond dans les deux premiers matchs au Centre Bell. Le but qu'il a accordé en prolongation, vendredi, au Centre Bell, lui est manifestement resté en travers de la gorge. Et dans le sport professionnel, les sentiments ne comptent pas.

De son côté, Anderson avait connu du succès contre le Canadien lors de la série de 2013, étant un des principaux responsables de cette victoire en cinq matchs. Dimanche, il a de nouveau fait rager ses adversaires montréalais. Se déplaçant avec agilité, il a réussi plusieurs arrêts qui ont semblé faciles... sans l'être vraiment! C'est la marque d'un gardien en pleine confiance. Mais un peu à l'image de Hammond vendredi, il a accordé un but de trop en prolongation.

À l'autre bout de la patinoire, Carey Price a été impérial après avoir permis le premier but du match. Ce fut sa meilleure performance de la série.

Avec les vedettes du club qui comblent les attentes placées en eux, et l'apport aussi gigantesque qu'inattendu des joueurs de soutien, le Canadien a clairement le vent dans les voiles.

Le double gros lot des Oilers

Connor McDavid semblait en état de choc, samedi, en apprenant que les Oilers d'Edmonton choisiraient au premier rang du repêchage en juin prochain. Aucun sourire, aucun signe d'enthousiasme. Il avait la mine d'un gars à qui son dentiste apprend que, malheureusement, le traitement de canal est inévitable.

Sa réaction m'a rappelé celle de Gary Bettman, au printemps 2011, en confirmant le retour de Winnipeg dans la LNH. Le commissaire aurait de loin préféré que les Thrashers demeurent à Atlanta, une métropole américaine, plutôt que déménager dans un modeste marché canadien.

McDavid ne rendra pas le hockey plus populaire à Edmonton, une ville déjà folle de ce sport. Mais il aurait pu avoir cet impact en Arizona, en Caroline ou en Floride, ce qui aurait mieux servi la stratégie américaine de Bettman. Non, le résultat de la loterie n'a sûrement pas emballé les hauts gradés du circuit.

Toronto aurait aussi représenté une destination de choix pour McDavid. Il n'est pas sain que l'équipe la plus riche de la LNH soit toujours si mauvaise. Or, la reconstruction des Maple Leafs prendra du temps. McDavid aurait accéléré le processus.

Pour les Oilers, l'arrivée de McDavid est un double gros lot: au plan hockey, bien sûr, mais aussi au plan affaires. Ils inaugureront leur nouvel amphithéâtre à l'automne 2016. La présence du jeune prodige stimulera la vente des loges d'entreprises et des sièges de luxe. Compte tenu de l'impact de la baisse du prix du pétrole sur l'économie albertaine, il s'agit d'une excellente nouvelle pour la direction.

McDavid, lui, se voyait peut-être déjà le sauveur des Coyotes de l'Arizona ou, au pis, des Sabres de Buffalo. Mais il se retrouvera plutôt au sein d'une organisation qui, au plan hockey, est la moins performante de la LNH.

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