Therrien, dur mais patient

Le cas de Lars Eller illustre le tempérament... (Photo Bernard Brault, archives La Presse)

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Le cas de Lars Eller illustre le tempérament de Michel Therrien. Malgré les sidérants ennuis du Danois à marquer, Therrien ne lui a pas retiré sa confiance.

Photo Bernard Brault, archives La Presse

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Rene Bourque! Avouez qu'on l'avait presque oublié, celui-là. Après avoir fait suer la direction et les amateurs durant son séjour à Montréal, voilà qu'il identifie la raison de ses problèmes: sa mauvaise relation avec Michel Therrien.

«On ne communiquait pas, a-t-il dit, samedi, au Columbus Dispatch. Je ne savais pas ce qu'il voulait de moi, ou vice-versa. Je ne suis définitivement pas un joueur paresseux. Je travaille fort sur la glace et à l'extérieur.»

Le sous-entendu de cette déclaration est limpide: l'entraîneur-chef du Canadien fut incapable d'actionner les bons ressorts pour dynamiser le sportif de Lac La Biche. Lui-même, qui en est pourtant à sa troisième équipe cette saison, est sans blâme. Si son séjour à Montréal n'a pas répondu aux attentes, ce n'est pas sa faute.

La remarque de Bourque est particulièrement incisive, puisqu'elle joue sur une corde sensible. À son premier séjour avec le Canadien, et aussi avec les Penguins de Pittsburgh, Therrien a parfois été accusé de ne pas être suffisamment à l'écoute de ses joueurs. Mais il a appris de ses erreurs. Il a accepté de se remettre en question et a apporté des ajustements.

Si Therrien n'avait pas progressé à ce chapitre, le Canadien ne connaîtrait pas une aussi bonne saison. D'autant plus qu'il doit composer avec un groupe de jeunes leaders plus prompts à exiger des explications de leur entraîneur.

Bourque a évidemment droit à sa propre vérité. Mais je le trouve drôlement culotté de remettre en question l'approche de Therrien. D'autant plus qu'il n'a pas impressionné à Anaheim. A-t-il aussi éprouvé un problème de communication avec Bruce Boudreau, l'entraîneur des Ducks?

***

Avec le Canadien, Bourque a eu mille chances de se faire valoir. Sauf pour un bref moment au printemps dernier, il ne les a pas saisies.

Therrien s'est pourtant montré patient envers lui. L'entraîneur du Canadien est dur et exigeant, mais il n'a rien d'un impulsif.

L'exemple d'Alexei Emelin est significatif. Malgré une saison difficile, Therrien ne l'a jamais écorché. Il l'a simplement déplacé sur sa troisième paire de défenseurs, de manière à ce qu'il affronte des joueurs moins coriaces. C'est ainsi qu'il retrouvera sa confiance. Car Therrien sait très bien qu'en séries éliminatoires, il aura besoin de son gros défenseur.

Des gars comme Emelin, capables de donner de solides mises en échec et de libérer le devant du filet, sont précieux à cette période de l'année.

Le cas de Lars Eller illustre aussi le tempérament de Therrien. Beaucoup d'amateurs espéraient que le grand Danois soit échangé à la date limite des transactions. Compte tenu de son utilisation dans l'Ouest américain la semaine dernière, on peut croire que Therrien ne partageait pas cet avis.

Malgré les sidérants ennuis d'Eller à marquer, Therrien ne lui a pas retiré sa confiance. À Los Angeles jeudi dernier, il a même passé l'éponge sur sa mauvaise punition de fin de match, qui a permis aux Kings d«égaler la marque. «Une malchance», a dit l'entraîneur, qu'on a déjà vu plus tranchant dans un cas pareil. Eller a ensuite été utilisé en prolongation et durant les tirs de barrage.

On connaît la suite: deux jours plus tard, en Arizona, Eller a inscrit le but victorieux contre les Coyotes. Therrien a sûrement souri devant cette tournure des événements.

Malgré ses ennuis offensifs, Eller a aidé l'équipe en respectant à la lettre le plan de match et en conservant une attitude positive. Il ne sera sans doute jamais un attaquant top 6, mais il est un joueur fiable, une qualité appréciée de tous les entraîneurs. C'est une différence fondamentale entre Bourque et lui.

Therrien a l'habitude de donner des chances à ses joueurs. Tenez, je suis convaincu que Pierre-Alexandre Parenteau en obtiendra une s'il s'entraîne avec acharnement. Et s'il ne laisse pas transparaître sa déception d'être écarté de la formation. Car les choses changent vite au hockey. Suffit d'une blessure ou d'un mauvais match pour qu'un entraîneur brasse la soupe.

Rappelez-vous: au printemps dernier, contre toute attente, Daniel Brière a connu ses meilleurs moments dans l'uniforme du Canadien. Parenteau aura peut-être la chance de l'imiter un an plus tard.

***

En récoltant trois points sur huit durant son séjour dans l'Ouest, le Canadien a déçu. L'équipe a disputé de mauvais matchs à San Jose et Anaheim. Le réveil ne s'est produit qu'à la deuxième période de l'affrontement contre les Kings.

Faut-il s'en étonner? Non. Après tout, Therrien a dû intégrer quatre nouveaux joueurs au sein de la formation: Devante Smith-Pelly, Jeff Petry, Brian Flynn et Torrey Mitchell. C'est beaucoup à cette période de la saison. Croire que la mayonnaise prendra d'un seul coup est illusoire.

Le Canadien est un club mieux équilibré à la suite de ces acquisitions. Mais il faudra un certain temps aux nouveaux venus pour se familiariser avec leurs coéquipiers.

D'ici là, le Canadien sera confronté à plusieurs défis, en commençant par celui de ce soir contre le Lightning de Tampa Bay. À la fin de la saison, quelques points à peine sépareront les meneurs au classement de la division Atlantique. C'est sur cet infime écart que se décidera l'avantage de la glace. L'enjeu est considérable.

Si le Canadien se maintient en tête, il risque d'affronter les Bruins de Boston au premier tour. Quatre-vingt-deux matchs pour en arriver au respect de cette grande tradition! Avouons que ce serait pas mal...

Sièges vides en Floride

À la télé, l'image était forte: des centaines de sièges vides dans chaque section, même celles devant le milieu de la patinoire. C'était jeudi soir, en Floride, où les Panthers poursuivaient leur lutte afin d'accéder aux séries éliminatoires.

Face aux Stars de Dallas, à peine 8500 personnes les ont encouragés. Nous sommes pourtant dans le dernier droit du calendrier. Et les amateurs de hockey du sud de la Floride savent maintenant que les Panthers composent une jeune et belle équipe, agréable à voir jouer.

Sans doute dans l'espoir de stimuler l'intérêt des fans, le copropriétaire minoritaire des Panthers, Doug Cifu, a donné une entrevue pleine d'optimisme entre deux périodes.

Une vidéo corporative a aussi été diffusée où on célébrait le plaisir d'assister à un match des Panthers en famille: hé! voyez cette zone d'amusement pour les enfants avant le match!

Les Panthers sont toujours à la recherche d'un accord avec le comté de Broward, qui leur vaudrait des allégements financiers de 78 millions jusqu'en 2028. Les maigres foules à leurs matchs locaux ne militent pas en leur faveur. Mais Gary Bettman se battra jusqu'au bout pour assurer leur maintien en Floride.

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