Une transaction audacieuse

En obtenant Devante Smith-Pelly, Marc Bergevin corrige -... (Photo David Boily, archives La Presse)

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En obtenant Devante Smith-Pelly, Marc Bergevin corrige - en partie - une lacune de l'équipe, soit le manque de joueurs costauds à l'attaque, estime notre chroniqueur.

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À RDS hier, on a montré les buts de Devante Smith-Pelly cette saison. Ce fut une courte vidéo! Le nouvel ailier du Canadien a marqué cinq fois, une petite moyenne d'un but par mois. Ce n'est pas lui qui réglera les problèmes offensifs de l'équipe.

Pour mettre la rondelle dans le filet, Jiri Sekac a nettement plus de potentiel. Au sein d'une formation solide comme les Ducks d'Anaheim, il pourrait provoquer des flammèches lorsqu'il sera pleinement à l'aise dans la LNH.

Smith-Pelly possède néanmoins une qualité rare chez les attaquants du Canadien. Il se place devant le filet adverse, au risque de recevoir des coups. Quatre de ses cinq buts ont été marqués sur des déviations de tir alors que ses patins étaient plantés devant le gardien rival. Pas très joli, mais efficace.

En obtenant Smith-Pelly, Marc Bergevin corrige - en partie - une lacune de l'équipe, soit le manque de joueurs costauds à l'attaque. Smith-Pelly pèse 222 livres (101 kilos), Sekac, 195 livres (88 kilos). Voilà la clé de la transaction pour le Canadien qui, de surcroît, économise 550 000$, éloignant ainsi le plafond salarial.

De leur côté, les Ducks d'Anaheim comptent sur plusieurs gros attaquants, dont certains (Corey Perry, Ryan Getzlaf et Ryan Kessler) sont des vedettes du circuit. Ils peuvent donc sacrifier Smith-Pelly en retour d'un joueur rapide et habile comme Sekac.

Échanger des joueurs de 22 ans comporte un risque. Il faut saluer l'audace de Marc Bergevin et de Bob Murray, son homologue des Ducks. Plus tôt cette saison, les deux hommes ont aussi conclu un marché, le Canadien cédant Rene Bourque aux Ducks en retour de Bryan Allen. Les chances que l'un de ces vétérans dynamise sa nouvelle équipe étaient très minces.

Le marché d'hier est d'un autre ordre. Car Sekac et Smith-Pelly ont les atouts pour connaître une belle et longue carrière dans la LNH.

Compte tenu des efforts accordés par le Canadien pour embaucher Sekac l'été dernier, on peut arguer que l'organisation jette l'éponge trop tôt. S'il devient un véritable joueur d'impact, Bergevin pourrait regretter sa décision.

Mais ce raisonnement vaut aussi pour Bob Murray. Smith-Pelly est un choix de deuxième tour doté d'un fort potentiel et toujours en apprentissage. Il peut être très utile au Canadien. Chose sûre, sa présence apporte une dimension différente à l'attaque.

Pour l'instant, la transaction est appropriée pour les deux équipes. On verra si le constat sera le même dans trois ans.

***

Jusqu'à 15h lundi prochain, moment où la période des échanges prendra fin dans la LNH, Marc Bergevin essaiera d'améliorer le Canadien. L'arrivée de Smith-Pelly comble un besoin réel, mais l'ajout d'un marqueur, ou d'un défenseur fiable, donnerait un élan supplémentaire à l'équipe en vue des séries éliminatoires.

Pour le DG, la situation est délicate. D'une part, il ne veut pas déroger à son plan, soit bâtir le Canadien dans un horizon de moyen terme. De l'autre, il n'ignore pas que l'équipe possède d'aussi belles chances que ses rivales de représenter l'Association de l'Est en finale de la Coupe Stanley.

Plus les semaines passent, plus on constate que les succès du Canadien ne reposent pas uniquement sur Carey Price. L'équipe aligne deux autres joueurs exceptionnels, P.K. Subban et Max Pacioretty. Ce trio est intimidant pour l'adversaire.

Ensuite, le Canadien joue du hockey discipliné. Le groupe adhère au style préconisé par les entraîneurs. Et l'ambiance est bonne dans le vestiaire.

Ce n'est pas tout: Nathan Beaulieu, dont la lente progression indisposait la direction de l'équipe, est enfin sorti de sa coquille, juste à temps pour la dernière ligne droite de la saison.

Bref, les choses tombent en place pour le Canadien. Le rendement de Sergei Gonchar en est un exemple de plus. En plus de parrainer Beaulieu, il joue de l'excellent hockey.

Bergevin n'en espérait pas tant, j'en suis convaincu. Rappelez-vous ses paroles à l'arrivée de Gonchar, en novembre dernier, dans la foulée d'une transaction visant d'abord à larguer le lourd contrat de Travis Moen: «Moi, je gère une équipe de hockey et aussi une masse salariale. [...] Sergei n'est pas le joueur qu'il était. Il est rendu à 40 ans.»

Ajoutons à cela qu'aucun rival du Canadien n'arrive à s'imposer comme l'équipe à battre dans l'Est. Ni les Penguins de Pittsburgh, ni les Red Wings de Detroit, ni le Lightning de Tampa Bay...

La lutte est donc très ouverte. Et le Canadien fait certainement partie des clubs candidats à l'obtention d'un billet pour la finale de la Coupe Stanley.

Dans ce contexte, Bergevin doit répondre à une question fondamentale: vaut-il la peine de tenter un gros coup afin d'obtenir un joueur capable de cimenter les chances du Canadien?

***

Les prochains jours s'annoncent captivants. Et même si quelques transactions ont déjà eu lieu, des surprises surviendront. La pression est forte sur les DG, à cette période de l'année. Et il suffit d'un échange inattendu pour en provoquer d'autres aux quatre coins du circuit.

En obtenant Devante Smith-Pelly hier, Bergevin a réussi un bon coup. Mais il n'est pas du genre à s'arrêter là. Si une ouverture intéressante se profile d'ici le 2 mars, il pourrait nous surprendre, comme ce fut le cas à la même époque l'an dernier.

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