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Le règne de Trestman achève

Rien ne va plus pour Marc Trestman avec... (Photo Jim Young, archives Reuters)

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Rien ne va plus pour Marc Trestman avec les Bears de Chicago.

Photo Jim Young, archives Reuters

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Marc Trestman se sent sûrement loin de Montréal cette semaine. Loin de cette ville qui lui vouait un grand respect en raison de ses succès à la barre des Alouettes, mais aussi de son comportement digne et de son approche réfléchie.

En 2013, Trestman est devenu entraîneur-chef des Bears de Chicago. Cette nomination a retenti dans toute la Ligue canadienne de football. Qu'une organisation prestigieuse comme les Bears, fondée par le légendaire George Halas, déniche son nouvel homme de confiance dans une équipe de la LCF était un honneur extraordinaire.

Trestman a impressionné à ses débuts avec les Bears. Les médias de Chicago ont souligné son audace et chanté ses louanges. L'avenir semblait plein de promesses: sous sa gouverne, les Bears retrouveraient leur grandeur.

Quatorze mois plus tard, rien ne va plus. La lecture des journaux de Chicago ne laisse aucun doute: la crédibilité de Trestman est à zéro.

Voici l'extrait d'une chronique publiée lundi dans le Chicago Sun-Times: «Le directeur général Phil Emery aurait dû se rendre au vestiaire des Bears à la mi-temps du match de dimanche et informer Trestman que ses services n'étaient plus requis.»

Les Bears connaissent une saison décevante, marquée par des frictions entre des joueurs. Malgré tout, personne ne s'attendait à la catastrophe de dimanche soir.

Devant plus de 20 millions de téléspectateurs à heure de grande écoute, ils ont été éviscérés 55-14 par les Packers de Green Bay. À la mi-temps, le pointage était déjà de 42-0! Aaron Rodgers, le quart-arrière des Packers, a lancé 6 passes de touché en 30 minutes.

Des défaites si pénibles font mal. Mais c'est pire lorsqu'elles surviennent contre un adversaire historique et devant un auditoire national. On parle alors d'humiliation.

Trestman n'a pas amélioré la perception des analystes, lundi, à son point de presse quotidien. Le ressac a été immédiat. Selon un collègue du Chicago Tribune, ses propos ont été l'équivalent oral d'un lessivage de 55-14: inconscience, mauvaise préparation, déconnexion de la réalité... Sur le site web de ce journal, 70% des répondants ont réclamé son congédiement.

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C'était pénible de voir Trestman durant le match de dimanche, le nez pointé sur ses feuilles de jeux. Son expérience comme entraîneur-chef dans la NFL vire au désastre.

Au troisième quart, sur Twitter, les blagues méchantes fusaient. Un p'tit comique a même conseillé aux Sabres de Buffalo de se méfier: «Les Bears semblent aussi convoiter Connor McDavid...»

Au début du troisième quart, l'analyste de NBC Chris Collinsworth a été clair au moment où la caméra s'attardait sur Trestman: «La deuxième demie ne semble pas importante pour les Bears, mais c'est tout le contraire. Des matchs comme ceux-là mettent des emplois en péril. Si Jay Cutler et les Bears apprécient les gens autour d'eux, ils feraient mieux de donner un bon show durant le reste du match.»

Hélas pour Trestman, la leçon servie par les Packers était trop dure pour permettre un regain d'énergie. Ses Bears n'ont pas menacé l'adversaire même si les Packers, magnanimes, ont retiré Rodgers du jeu.

Après la rencontre, Trestman a réfuté l'idée que ses joueurs voulaient le désavouer. «L'éthique de travail est au rendez-vous. Voilà pourquoi ce match me surprend autant.»

Cet aveu n'a pas beaucoup impressionné les partisans des Bears.

Pour gagner dans la NFL, il faut une bonne défense, mais aussi un quart de premier plan. Et Jay Cutler n'est pas du groupe. Sur le terrain, il ne se comporte pas en leader. Malgré tout, les Bears lui ont garanti 54 millions de 2014 à 2016.

Après le revers contre les Packers, des fans des Bears se sont débarrassés de leur chandail de Cutler. Pour Trestman, un spécialiste des quarts-arrière, le rendement de son joueur-vedette est un échec personnel.

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Au Québec, on mentionne parfois que la pression sur l'organisation du Canadien est unique dans le sport professionnel. Cette théorie m'a toujours paru farfelue.

Ces jours-ci, Marc Trestman est bien placé pour témoigner que le défi est aussi exigeant à Chicago. Tout comme John Idzik, le DG des Jets de New York.

La semaine dernière, des fans en colère ont lancé un site web voué au congédiement d'Idzik. Ils ont récolté des fonds afin de louer des panneaux publicitaires réclamant son départ. Et ils vendent des t-shirts en soutien de leur cause. Grâce aux réseaux sociaux, ils multiplient leur force d'intervention.

Le sport professionnel vaut fortune et notoriété aux entraîneurs et directeurs généraux. Mais le revers de la médaille est parfois pénible.

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Les Bears ont perdu leurs deux derniers affrontements par un score combiné de 106-37, première équipe à accorder 50 points et plus dans deux matchs consécutifs depuis 1923! Trestman perdra-t-il son emploi? Les partisans des Alouettes lui souhaitent de renverser la tendance. Tout comme les entraîneurs de la LCF, espérant obtenir à leur tour une chance pareille.

Car si l'expérience Trestman n'est pas concluante à Chicago, les portes se refermeront sur eux. Pour les équipes de la NFL, remporter la Coupe Grey ne signifiera plus grand-chose sur un CV, même si on est Américain et même si on est reconnu comme un expert de l'attaque.

Les Bears ont la réputation d'une organisation patiente. Mais la grogne populaire est à un sommet. Aucune équipe ne veut devenir la risée de ses fans.

Trestman aurait eu la chance d'acheter du temps, lundi, en trouvant les bons mots lors de son point de presse. Son calme s'est cependant retourné contre lui. C'est malheureux, mais son règne achève déjà.

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Sources: Chicago Tribune, Chicago Sun-Times, The New York Times.

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