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Le meilleur scénario pour les Expos

Si les Rays n'entrevoient pas l'avenir avec confiance... (Photo Kim Klement, USA Today Sports)

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Si les Rays n'entrevoient pas l'avenir avec confiance dans la région de Tampa Bay, le mieux pour Montréal serait que le propriétaire Stuart Sternberg déménage avec sa concession.

Photo Kim Klement, USA Today Sports

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Voici la dernière de deux chroniques sur les rumeurs de déménagement des Rays de Tampa Bay à Montréal.

En décembre dernier, une étude réalisée à l'initiative de la chambre de commerce du Montréal métropolitain estimait à 1,025 milliard l'investissement nécessaire au retour des Expos: 525 millions pour l'obtention d'une concession et 500 millions pour la construction d'un stade.

Moins d'un an plus tard, ces chiffres sont déjà à revoir. Si la facture d'un nouvel édifice demeure valable, celle de l'acquisition d'une équipe ne tient plus la route. Depuis ce temps, plusieurs transactions ont gonflé la valeur des clubs professionnels.

Les 2 milliards versés par l'ancien PDG de Microsoft, Steve Ballmer, pour arracher les Clippers de Los Angeles (NBA) ont frappé l'imagination. Ils créent aussi un effet d'entraînement. Ainsi, les Islanders de New York, dont la valeur était estimée par le magazine Forbes à 195 millions, ont récemment été vendus 485 millions.

Plus tôt cette année, les Bucks de Milwaukee, qui évoluent dans un des cinq plus petits marchés de la NBA, ont été cédés en retour de 550 millions. Selon Forbes, leur valeur était de 405 millions.

Dans ce contexte, il est irréaliste de croire que les Rays de Tampa Bay pourraient être vendus à des intérêts montréalais pour 525 millions. Forbes estime à 485 millions la valeur des Rays. Une hypothèse conservatrice est de majorer de 35% ce montant pour arrêter un prix de vente plausible. Du coup, acquérir le club coûterait 655 millions, soit 130 millions de plus que la projection de décembre dernier.

Quel groupe aurait un intérêt suffisant envers le projet pour débourser cette fortune, en plus d'assumer - selon le modèle de la chambre de commerce - le tiers du coût de construction du stade, soit 165 millions?

Poser la question, c'est déjà y répondre. Il faudrait un miracle pour faire aboutir le projet dans ces conditions.

***

Voilà pourquoi, à mon avis, le meilleur scénario pour revoir les Expos à Montréal est de convaincre un propriétaire y déménager son équipe, tout en demeurant aux commandes. Du coup, les frais d'acquisition de l'équipe sont éliminés et il ne reste qu'à construire un stade. Défi ambitieux, certes, mais plus gérable que d'assumer l'ensemble de l'opération.

Bien sûr, le souvenir de Jeffrey Loria laisse un goût amer dans la bouche des partisans de l'équipe. Mais ça ne signifie pas qu'un autre financier américain agirait de la même façon.

Ainsi, George Gillett s'est révélé un excellent propriétaire du Canadien pendant sa dizaine d'années à la barre. Son affection pour l'équipe et la ville n'a jamais fait de doute. Et il a laissé l'organisation entre bonnes mains lorsqu'il a conclu son séjour québécois.

Si les Rays n'entrevoient pas l'avenir avec confiance dans la région de Tampa Bay, le mieux pour Montréal serait que le propriétaire Stuart Sternberg déménage avec sa concession. Et qu'il s'associe à des partenaires locaux pour l'appuyer dans cette aventure à titre minoritaire. Ceux-ci auraient la possibilité d'augmenter leur participation au fil du temps.

Qui seraient ces alliés? Deux entreprises me viennent en tête: Bell et le Canadien.

***

Bell, qui exploite les chaînes sportives TSN et RDS, a perdu cette saison ses droits nationaux sur le hockey de la LNH. La durée de l'entente de Rogers-Québecor avec le circuit Bettman lui fait particulièrement mal: 12 ans! Pas question de diffuser un seul match éliminatoire durant toutes ces années. À l'évidence, Bell aurait avantage à trouver d'autres contenus de qualité pour combler ce vide.

Les Expos constitueraient une solution extraordinaire. En comptant les matchs préparatoires, c'est plus de 180 rencontres d'une équipe canadienne qui seraient diffusées aux quatre coins du pays. Ce calendrier donnerait naissance à des émissions d'appoint qui enrichiraient la grille horaire et mettraient le baseball en valeur. Ce serait une manière forte de compenser la perte du hockey des séries.

Quant au Canadien - dont une partie des actions est détenue par Bell, ce qui crée déjà des liens entre les deux entreprises - , son rôle de géant du sport-spectacle au Québec est pleinement établi. Geoff Molson est un acteur incontournable dans le secteur du divertissement. Son appui donnerait une formidable impulsion au projet.

Le Canadien pourrait fournir une gamme de services à l'équipe de baseball, créant ainsi des synergies: vente de billets et de loges, commandites d'entreprises, promotions, ressources humaines...

Les exemples d'investisseurs actionnaires de plusieurs équipes, peu importe qu'elles soient ou non établies dans la même ville, sont nombreux. Terry Pegula, propriétaire des Sabres de Buffalo, est le dernier en lice. Il vient d'acquérir les Bills de la NFL.

À Toronto, le groupe Maple Leaf Sport&Entertainment détient les Maples Leafs (LNH), les Raptors (NBA) et le Toronto FC (MLS). Stan Kroenke est proprio de l'Avalanche du Colorado (LNH), des Nuggets de Denver (NBA), des Rams de Saint-Louis (NFL) et d'Arsenal (Première ligue de soccer anglaise). À Los Angeles, le groupe Anschutz contrôle les Kings (LNH) et est actionnaire minoritaire des Lakers (NBA).

Le groupe CH, par l'entremise de sa filiale evenko, a organisé les deux matchs des Blue Jays de Toronto au Stade olympique le printemps dernier. Le retour de l'événement en 2015 sera confirmé en conférence de presse mardi au Centre Bell. Mais rien n'indique que l'organisation souhaite pousser plus loin ses liens avec le baseball majeur.

Les Reds de Cincinnati seront les adversaires des Jays. Mais si le commissaire du baseball avait voulu donner un électrochoc à Tampa Bay, ce sont les Rays qui auraient disputé ces deux rencontres à Montréal.

***

Pour que les Expos reviennent à Montréal, il faudra que les astres s'alignent parfaitement. Les chances que cela se produise sont très minces. Les Rays ne quitteront peut-être pas Tampa Bay; construire un nouveau stade de baseball à Montréal soulèverait sûrement une forte opposition, et les coûts presque excessifs pourraient décourager des partenaires potentiels.

Mais aussi longtemps que le maire Denis Coderre soutiendra le projet, une lueur d'espoir demeurera.

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