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Dans une classe à part

Sidney Crosby a déjoué Henrik Lundqvist à l'aide... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Sidney Crosby a déjoué Henrik Lundqvist à l'aide d'une feinte du revers sur une échappée pour doubler l'avance du Canada en deuxième période.

Photo Bernard Brault, La Presse

(Sotchi) On peut faire dire beaucoup de choses aux chiffres. Nos ministres des Finances nous le rappellent à chaque budget.

Mais à Sotchi, hier, le chiffre zéro disait la vérité à propos du tournoi de hockey masculin. Zéro comme dans zéro but accordé par Équipe Canada dans les deux matchs-clés du tournoi, la demi-finale et la finale.

Les adversaires, États-Unis et Suède, alignent pourtant de redoutables joueurs offensifs. Mais ils ont été incapables de créer assez d'occasions pour aspirer à la victoire. Décidément, les grands bras canadiens ne sont pas seulement efficaces dans l'espace.

Ce match de la médaille d'or, les Canadiens ne l'ont pas simplement gagné 3-0. Chemin faisant, ils ont démoli le moral des Suédois. Comme ils l'avaient fait avec les Américains deux jours plus tôt. Du travail acharné et méthodique, un rouleau compresseur qui écrase tout sur son passage.

Après que Jonathan Toews a ouvert la marque, les Suédois ont compris que la côte serait presque impossible à remonter. «Ce but nous a fait très mal, a dit l'attaquant Carl Hagelin. Ça leur a donné un élan. On a semblé mourir un peu...»

Imaginez: on parle ici d'un retard d'un but... en première période! Malgré leur force de frappe en attaque, les Suédois n'y croyaient déjà presque plus. On l'a d'ailleurs senti sur la patinoire. Le Canada s'est emparé du contrôle du match et ne l'a jamais perdu. L'affaire était entendue.

En deuxième, le but de Sidney Crosby a concrétisé la victoire. «Combler un déficit de 2-0 contre une équipe qui ne donne pas de but, c'est dur...», a déclaré, résigné, Pär Mårts, l'entraîneur suédois.

***

Costauds, rapides, habiles et disciplinés, les joueurs canadiens étaient dans une classe à part.

«Dites-moi, M. Yzerman, est-ce l'équipe la plus dominante dans l'histoire du hockey?»

En amorçant sa réponse, le directeur général d'Équipe Canada réfléchit à voix haute et mentionne de grandes équipes nationales qui ont nourri la légende du hockey, comme les «spectaculaires» clubs soviétiques des années 70 et 80.

Il ajoute ensuite: «Si on parle de jeu défensif, de garder la rondelle en-dehors de notre but, de créer des occasions de marquer et de réussir de bons tirs au but, nos gars ont offert une performance plutôt dominante.»

Oui, Steve, voilà exactement de quoi on parle, l'essence du hockey!

Comme s'il voulait ensuite trouver une faiblesse aux siens, Yzerman ajoute: «On n'a pas marqué autant de buts que nous l'aurions aimé... Mais tout le reste a été fantastique.»

Yzerman, un homme confiant et humble, préfère laisser à d'autres le soin de situer cette équipe dans l'histoire. Mais il a cependant reconnu qu'il s'agissait du meilleur club défensif jamais aligné par le Canada.

«Tous les gars ont accepté le plan de Mike Babcock. Ils ont joué dans les deux sens de la patinoire. C'est un groupe de joueurs extrêmement talentueux. Et ils ont tous dit: je ferai ce que l'entraîneur me demandera.»

Il y a eu en effet beaucoup d'abnégation dans le jeu d'Équipe Canada. Si Sidney Crosby embarque, difficile pour les autres de ne pas suivre le courant. L'exemple part toujours de haut.

Lorsque l'hymne national a retenti dans le Dôme de glace Bolshoï en hommage aux médaillés d'or, les joueurs d'Équipe Canada se sont pris par les épaules. Ce fut un moment émouvant.

Ils sont ensuite demeurés sur la patinoire pour célébrer encore. Plusieurs d'entre eux voulaient être pris en photo avec Crosby. Ce gars-là exerce un fort ascendant sur ses coéquipiers.

***

Ce ne fut pas le tournoi olympique le plus excitant. Les matchs ont rarement tenu les amateurs sur le bout de leur chaise. La grande surface l'explique en partie. «C'est bizarre, a dit le défenseur Duncan Keith. Mais ma vitesse était moins utile ici. Ça m'a un peu surpris...»

N'empêche qu'il faut souhaiter que l'aventure olympique se poursuive pour les joueurs de la LNH. Ce grand rendez-vous, disputé au coeur de la saison, est sûrement plus intéressant qu'une Coupe du monde en septembre.

Pour le Canada, les 10 derniers jours ont été réconfortants. Les filles et les garçons ont démontré la force de notre hockey. Mais attention: n'oublions pas que l'équipe nationale junior n'a pas gagné le championnat mondial depuis cinq ans.

Bref, malgré ces deux belles médailles d'or à Sotchi, souhaitons que les dirigeants de Hockey Canada demeurent humbles. Et qu'ils acceptent de se remettre en question, une qualité essentielle pour de bons gestionnaires. Mais j'ai comme l'impression que ce sera difficile...

***

Alors, est-ce l'équipe la plus dominante dans l'histoire du hockey? Comparer les époques est toujours un exercice périlleux. Mais il faudrait de coriaces adversaires pour vaincre ce groupe-là.

Price et Subban

Cette médaille d'or consacre Carey Price. Oui, la défense devant lui était formidable. Mais il a réussi d'excellents arrêts et son calme a mis toute l'équipe en confiance. Ce succès olympique est un fait marquant de sa carrière. Il en sortira galvanisé. Et le Canadien sera le premier à en profiter.

En revanche, on ignore dans quel état d'esprit P.K. Subban rentrera à Montréal. Difficile de savourer à fond l'expérience lorsqu'on enfile l'uniforme une seule fois en six rencontres.

Michel Therrien souhaitait que Subban absorbe beaucoup d'informations à Sotchi, en côtoyant de «jeunes leaders» comme Sidney Crosby et Jonathan Toews. C'est sûrement moins évident lorsqu'on est confiné à un rôle d'observateur.

Subban a reçu plusieurs messages négatifs cette saison. Souhaitons que celui-là ne soit pas de trop. Le Canadien a besoin de lui pour assurer sa place en séries.

La prochaine rencontre du Canadien aura lieu mercredi contre les Red Wings de Detroit, dirigés par... Babcock! Comme l'impression que Subban jouera un gros match.




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