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Commotions: des confidences troublantes

Patrice Bergeron, des Bruins de Boston, a subi... (Photo archives AFP)

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Patrice Bergeron, des Bruins de Boston, a subi une commotion cérébrale après avoir été frappé par Randy Jones, des Flyers de Philadelphie, en octobre 2007.

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Les témoignages sont bouleversants.

PAUL: «J'aimais lire. Mais aujourd'hui, après une demi-heure, je ne suis plus capable. Si je le fais, je deviens épuisé.»

BRUCE: «Je ne peux plus retenir un numéro de téléphone. Même si je le répète cinq fois, j'ai de la difficulté à m'en souvenir.»

GARY: «Je ressens des maux de tête presque tous les jours. Je ne crois pas que ça se réglera.»

JAMES: «J'ai connu une dépression profonde. Un jour, ma femme est rentrée à la maison et je pense que je pleurais sous une table.»

ZACH: «Pendant trois semaines, personne n'a compris ce qui m'arrivait. Je ne l'oublierai jamais car je ne me suis jamais senti si seul dans ma vie.»

Paul, Bruce, Gary, James et Zach sont les pseudonymes de cinq anciens joueurs de la LNH. Après une carrière professionnelle d'au moins dix saisons, ils ont été contraints à la retraite en raison de symptômes liés aux commotions cérébrales.

Sous le couvert de l'anonymat, ils ont participé à une étude menée par des chercheurs de l'Université McGill et de l'Université de Toronto sur les conséquences des nombreux coups à la tête reçus durant leur carrière.

Les cinq ont répondu à des questions personnelles dans l'espoir d'enrichir les connaissances sur le mal du siècle dans le sport. Leurs confidences sont troublantes.

«Les effets des commotions cérébrales sur leur qualité de vie sont majeurs, explique Jeffrey Caron, qui a interrogé les cinq ex-hockeyeurs. Ces symptômes sévères ont eu des impacts dans leur vie de père et de mari.»

Étudiant au doctorat en kinésiologie et psychologie sportive à l'Université McGill, Jeffrey Caron a lui-même joué au hockey aux niveaux junior majeur et universitaire.

Cette expérience lui a permis d'établir une relation de confiance avec ces anciens joueurs, qui ont surtout évolué dans la LNH durant les années 90.

La revue Sports Exercise & Psychology a publié dans son plus récent numéro le rapport des chercheurs.

* * *

Jeffrey Caron a été ému par les propos de «Gary», qui lui a raconté la fin de sa carrière. Même s'il espérait participer au camp d'entraînement de son équipe, un médecin lui a annoncé qu'il ne l'autoriserait pas à revenir au jeu.

En rentrant à la maison après ce verdict sans appel, «Gary» était choqué, mais aussi soulagé. Car il savait que quelqu'un devait prendre cette décision pour lui. «Sinon, j'aurais essayé de revenir et de jouer jusqu'à en mourir», confie-t-il.

L'article démontre aussi à quel point l'impact des commotions cérébrales a longtemps été mal compris. Les dirigeants de plusieurs équipes étaient dépassés par cette blessure mystérieuse. «Mon entraîneur ne pouvait voir une radiographie de ma commotion cérébrale...», explique «Paul».

«Zach» ajoute qu'un jour, un médecin à qui il confiait son mal minimisa ses symptômes. «Tu te sentiras mieux après avoir marqué un but ou deux», lui a-t-il dit, en substance.

Heureusement, cette ignorance est chose du passé. Le problème des commotions cérébrales n'est plus balayé sous le tapis. Mais les solutions pour mieux les détecter et les soigner demeurent embryonnaires.

Ken Dryden, l'ancien gardien du Canadien, l'a rappelé dans un colloque tenu à Calgary, hier. Il a proposé que tous les gens concernés - athlètes, médecins, chercheurs, entraîneurs et dirigeants d'équipe - se regroupent pour trouver des réponses.

«Même les gens qui en savent un peu sur le sujet savent peu de choses», a-t-il dit à La Presse Canadienne. Dryden a ainsi fait écho à Roger Goodell, commissaire de la Ligue nationale de football (NFL).

Le mois dernier, en annonçant un partenariat avec General Electric afin de mieux comprendre ce fléau, Goodell a déclaré: «Malgré tous les progrès scientifiques, notre connaissance du cerveau est moins avancée que celle des autres organes du corps.»

La NFL, rappelle Jeffrey Caron, est le leader du sport professionnel dans la lutte aux commotions cérébrales. «La ligue n'hésite pas à changer les règlements lorsqu'il le faut», dit-il.

* * *

Malgré les commotions cérébrales à répétition, la direction de la LNH et l'Association des joueurs n'affichent aucun leadership dans l'espoir d'en diminuer le nombre et les conséquences.

Pendant que la NFL multiplie les initiatives concrètes, le circuit Bettman se contente d'un pathétique laisser-aller. La simple adoption du dégagement hybride devient une affaire d'État devant être évaluée et réévaluée jusqu'à plus soif.

Le débat sur le port de la visière l'a démontré: les questions liées à la sécurité physique des joueurs embêtent le circuit. Si ce sujet générait autant d'intérêt que la sécurité financière, le progrès serait plus rapide.

Pour que les mentalités évoluent, il faudra modifier l'approche des joueurs dès leur plus jeune âge. «La notion de respect est importante, dit Jeffrey Caron. Respect pour soi et pour l'adversaire.»

Contrairement aux générations de hockeyeurs qui les ont précédés, les joueurs d'aujourd'hui - et leurs patrons - ne peuvent plaider l'ignorance. Les commotions cérébrales laissent trop souvent des traces terribles.

«Ce n'est pas parce qu'on prend notre retraite que cette blessure disparaît», a résumé «Gary», un des joueurs interrogés par Jeffrey Caron.

La LNH n'a plus d'excuses. Elle doit participer activement à la recherche de solutions.

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Commentaires (19)
    • Solution simpliste peut-être, mais pourquoio n'applique-t-on pas les mêmes règlements dans la LNH que ceux des Olympiques ? C'est tellement plus agréable à regarder lorsque le hockey n'est pas un mélange de boxe et de lutte.

    • Aucune surprise. Lors du dernier lock out personne n'a discuté des commotions cérébrales. On a parlé d'argent, c'est tout ce qui comptait. Les premiers responsables ce sont les joueurs. Ni Betman ni Don Cherry ne blessent les joueurs. Les joueurs se détestent dans ce sport, on se tape sur la gueule pour la plus grande joie de Cherry et Beurgie. Je pense qu'on peut être un excellent joueur de hockey et en même temps un imbécile heureux et riche. Le jour où les joueurs décideront que c'est fini les commotions cérébrales, ni Don Cherry ni Betman n'y pourront rien. Mais ce n'est pas demain la veille.

    • Les commotions cérébrales sont un véritable fléau. L'Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal organise une conférence sur le sujet le 15 mai à 19h par le neuropsychologue Louis de Beaumont et le médaillé olympique Olivier Jean. Info : hscm.ca

    • Encore une fois...
      Forçons les joueurs à jouer la rondelle... Ça ne stoppera pas complètement les coups à la tête. Mais un très grand nombre de ceux-ci seront évités.

    • Quand je lis cet article, je réfléchis beaucoup à la demande de mon fils qui aimerait pratiquer ce sport magnifique. Quel sera le prix qu'il paiera? Quand un journaliste fait réfléchir ses lecteurs aussi profondément, c'est qu'il fait quelque chose de bien!

    • @ Theosuarus: Les symptômes post-commotionnels sont les symptomes immédiats après un coups à la tête. Ceux-ci durent quelques heures voir jusqu'à une semaine. Le syndrome post-commotionnel sont les mêmes symptômes mais sont permanents. C'est le cas des gens qui ont subi plusieurs commotions. Désolé mais avant de dire que les gens écrivent des inepties, on se renseigne. Si vous voulez en apprendre plus sur le sujet: http://theconcussionblog.com/. Très détaillé comme site. Malheureusement, rien sur le sujet en français...

    • Je commence à en avoir assez d'entendre toujours les mêmes choses, concernant les commotions cérébrales dans la NHL !
      Pour que cette ligue puisse évoluée et allez de l'avant, dans ce dossier, il faudrait dans un premier temps, foutre à la porte, SON commissaire, SON préfet de discipline qui n'est qu'une simple marionnette de ce même commissaire, que les arbitres appliquent les règlements et non de selon le déroulement d'un match et de nommer, un comité indépendant sur la sécurité dans ce sport !
      Peut être qu'un jour, le hockey vas évoluer dans la bonne direction, une fois " tassé " cette gang de nuisance qui gère, notre beau sport national !

    • @francoisbov
      "95% des gens (et j'en suis) vivent quotidiennement avec le syndrome post-commotionnel (...)"
      Mais de quoi parlez-vous???
      Incroyable les inepties qu'on peut lire parfois...

    • Ce que je trouve drôle, c'est quand les gens parlent de la NHL comme si c'était autre chose qu'une grosse ligue de garage.
      Elle ne cherchera aucune solution et tout le monde sensé le sait.

    • J'ai l'impression que la LNH va faire preuve d'opportunisme, laisser la NFL investir des sous dans le recherche et agir en fonction des résultats, assez ordinaire mais pas vraiment surprenant à mon avis.

    • serais curieux de savoir , combien de coups à la tête ils ont eux mêmes donné, comme on a pu le voir dans le cas de Crosby , les médecins traitants on souvent une vision tunnel et négligent d'autres aspects de la blessure ,la solution passe par les joueurs , qu ils cessent de se frapper à la tête

    • Bel article mais je n'ai pas de compassion pour les athlètes professionnels. 95% des gens (et j'en suis) vivent quotidiennement avec le syndrome post-commotionnel et doivent se lever le matin pour aller travailler. Quand à 14h, tu ne fonctionne plus, tu fais quoi? Si j'avais gagner 5 millions dans ma carrière de 10 ans, je pourrais prendre 1 an pour me guérir correctement, mais ce n'est pas le cas. Imaginez quelqu'un qui, aprèes une ou plusieurs commotions, a de l'hypersensibilité au bruit et à la lumière et doit travailler dans un centre d'appel à 15$ l'heure; c'est une torture quotidienne! Ça, c'est la vraie vie. Chris Pronger et ses maux de têtes ne me feront jamais pleurer.

    • Comment peut-on établir un plus grand respect entre les joueurs alors qu'il est permis de se taper sur la gueule a poings nus...

    • Votre article prouve tout simplement que le hockey est malade et très malade à tous les niveaux, même pas une seul rencontre et certains autre s'étant suicidé pour tenter de comprendre ce qu'il est arrivé avec Boogarth et autres.

    • Nous nous en faisons plus pour leur santé qu'eux même le font!!!
      Ce sont eux qui se pêtent la fiole sauvagement et à qui mieux mieux.
      Ils croient encore aux bagarres... ¨Ca va changer l'allure du match,imagnez!!!
      La plupart sont des jeunes qui n'ont jamais rien respecté et ils continuent...
      Invincibles comme toujours.
      Veulent devenir des étoiles, finissent par en voir!
      Au suivant...(Brel)

    • Je ne partage pas votre opinion. Le circuit Bettman ne se contente d'un pathétique laisser-aller, il organise des matchs à l'extérieur...

    • La santé physique et psychologique des joueurs est moins importante que la santé financière de la ligue. Pourtant ...

    • Par ou devons-nous commencer ???...c'est à peu près comme l'histoire de l'oeuf ou la poule. Je crois qu'on devrait commencer par arrêter les bagarres à tout les niveaux, professionel et amateur, donc on élimine des joueurs avec un talent limité qui sont là que pour l'intimidation et après cela on éliminera d'autres éléments (ou règlements idiots) du hockey nord americain au fur et à mesure que le hockey progressera ou plutôt évoluera.
      Mais le support des joueurs est indispensables, ce sont eux les futurs alzheimers milionnaires!
      Merci
      Raymond D

    • Très bel article. Ayant participé à un camp NHL, Je peux vous dire que Parmis tous ces Gary, Paul, Bruce... On oubli encore plus ceux qui gagne 10.25$ de l'heure maintenant et qui ont eu le même parcours. Sans minimiser le sort de ces NHL'ers ,Pour toutes ces 5 personnes NHL, 200 autres vivent ou ont vécu le même sort.

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