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Bonne chance, M. Schällibaum...

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En Super Ligue suisse, où Marco Schällibaum a dirigé plusieurs équipes, les têtes des entraîneurs roulent à une vitesse inouïe. Et les présidents de club s'immiscent avec plaisir dans le volet sportif des opérations.

Fort de ces informations, un esprit cynique pourrait prétendre que le nouvel entraîneur de l'Impact ne sera guère dépaysé en débarquant à Montréal. Il se retrouve de nouveau avec une organisation impatiente, comme le départ de Jesse Marsch l'a démontré l'automne dernier.

Le Zurichois de 50 ans l'a sûrement compris en signant son contrat, d'une durée d'une seule saison. L'entente sera reconduite pour une année supplémentaire, mais uniquement s'il mène l'équipe aux séries éliminatoires. On appelle ça de la pression.

Bref, même si Joey Saputo et Nick De Santis ont multiplié les compliments à son endroit en conférence de presse hier, ils ne lui ont pas cédé les clés de l'organisation. En 2013, Schällibaum sera en audition. Mais cela ne l'inquiète pas. Doté d'une robuste carrure, familier des jeux de coulisses du soccer suisse, il ne semble pas facile à impressionner.

Jetant un coup d'oeil à Joey Saputo sur la tribune, Schällibaum a défini avec humour, mais justesse, les liens entre un propriétaire d'équipe et son entraîneur: «Quand on gagne, on va boire un verre; quand on perd, je rentre à la maison tout seul. C'est comme ça...»

* * *

Selon une compilation de Radio Télévision Suisse (RTS), un entraîneur de la Super Ligue helvétique occupe son poste en moyenne six mois et deux semaines avant d'être remercié! À l'opposé, les entraîneurs de la Premier League anglaise dirigent leur équipe en moyenne quatre ans et un mois.

«Schälli», comme il est surnommé, est bien placé pour en témoigner. Tenez, en 2006, il a été nommé entraîneur du FC Sion en octobre et congédié en novembre! À peine cinq matchs pour prouver sa valeur, avouons que ce n'est pas beaucoup.

Il est vrai que le FC Sion collectionne les entraîneurs comme d'autres les cartes de hockey: plus d'une trentaine sous le règne du propriétaire actuel! Et si l'Impact n'est pas un modèle de stabilité à ce chapitre, Schällibaum profitera assurément d'une meilleure chance de prouver sa valeur.

Sur le plan sportif, ses connaissances ne font aucun doute. Joueur, il a été membre de l'équipe nationale de son pays, avant d'obtenir ses certifications d'entraîneur. Il favorise le jeu offensif, ce qui plaira aux amateurs: «C'est plus facile de courir lorsqu'on contrôle le ballon...»

Habile communicateur, Schällibaum s'exprime en quatre langues, dont un excellent français. L'accent québécois lui occasionne quelques difficultés, mais cela ne durera pas.

En revanche, on verra s'il interprétera avec succès les messages de ses deux patrons, Joey Saputo et Nick De Santis. La clé de son avenir à Montréal réside en partie à ce niveau.

* * *

Le départ de Jesse Marsch a renforcé une perception à propos de l'Impact: le propriétaire et son fidèle directeur sportif veulent tirer toutes les ficelles et l'entraîneur est mieux de se mettre au diapason.

Joey Saputo est parfaitement au courant de ces bruits. «Mais ce n'est pas juste, rétorque-t-il. On a donné carte blanche à Jesse. Nick n'a jamais dit à l'entraîneur qui devait jouer. Les rumeurs à cet effet sont complètement fausses.

«Cela dit, on connaît notre marché et on doit protéger l'ensemble de l'organisation, pas seulement l'équipe sur le terrain. On donne des conseils. S'il les prend, il les prend. S'il ne les prend pas, il ne les prend pas. Mais il doit vivre avec les conséquences.»

Ces paroles illustrent parfaitement la philosophie de Saputo. Son allusion à sa connaissance du marché montréalais est au coeur de son propos. Et on devine que c'est à ce niveau que les relations avec Marsch se sont envenimées la saison dernière.

«À notre entrée en MLS, on s'est fait dire que l'expérience américaine était essentielle au succès d'une équipe, ajoute Saputo.

«Nous avons agi en conséquence et cela nous a éloignés de nos valeurs. Notre ville a une saveur européenne et nous aimons ce signe distinctif. On est différents de Toronto et des autres villes américaines. Notre culture est différente. Et nos partisans veulent voir des joueurs européens et sud-américains.

«Ça fait 18 ans qu'on gère notre équipe de soccer, poursuit-il. On l'a toujours fait avec la philosophie européenne. L'année dernière, on a malheureusement changé ça. Le système américain, ce n'est pas nous...»

En embauchant Schällibaum, l'Impact joue donc la carte de la différence. Historiquement, les entraîneurs européens n'ont pourtant pas connu beaucoup de succès en MLS.

Mais Joey Saputo n'y voit pas une tendance immuable. Il estime que cette «statistique» est surévaluée. Et il pose cette question intéressante: «Au bout du compte, voulez-vous du sang neuf dans la ligue ou préférez-vous une rotation des entraîneurs habituels?»

De son côté, Schällibaum n'est pas préoccupé par son adaptation au soccer nord-américain. À sa façon, il rappelle que ce sport obéit aux mêmes grands principes des deux côtés de l'Atlantique: «Le foot, c'est plus ou moins la même chose...»

* * *

L'embauche de Schällibaum est le résultat d'un processus exhaustif. Joey Saputo et Nick De Santis ont examiné une trentaine de candidatures. «Je ne veux pas répéter cette expérience de sitôt», assure le président de l'Impact.

Alors pourquoi ne pas s'être engagé à plus long terme envers Schällibaum? Comment espérer que le nouvel entraîneur puisse développer cette équipe dans la sérénité alors qu'il travaillera avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête?

Bonne chance, M. Schällibaum...

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Commentaires (12)
    • Moé y'aime bin ça lo les bagarres au hockey... ma manger pendant toute la game.. Miam le soccer
      Et j'adore ça que mon sport se mette en lock out pendant 4 mois, j'oublie tout dès que c'est fini.. Yay

    • @MichelMtl
      Le stade est déja remplis.
      Ceci dit, tu peux maintenant retourner voir Gomez et les Canayens puisque le lockout est terminé et arrêter de troller sur les forum de foot.

    • ""Moé j'veux voir mes Canayens en buvant ma Molson Ex, écouter du Queen à tous les arrêts de jeux pis finir en watchant Bergy raconter ses anecdotes de '82 à l'Antichambre. Vive le hôckey!"
      -MichelMtl

    • Surprenant! Je pensais voir aboutir un Italien. En tout cas avec le Suisse on reste dans le fromage.

    • Hockey, football, boxe, bref des sports qui bougent. Duggerzzz, les 3 zzz, c'est ce que vous faites pendant un match de soccer très offensif de 1 à 0? :)

    • Wow wow! De là à affirmer que le nouvel entraîneur s'exprime en quatre langues et parle un excellent français, y a quand-même une limite à ne pas faire franchir à l'intelligence minimale, M. Cantin. J'ai regardé la conférence de presse et j'ai rarement entendu un aussi mauvais niveau de français parlé lors d'une allocution. Je comprend que votre métier vous force à vous payer de mots, mais gardez la nuance près de votre portable lorsque vous écrivez, comme nous faisions jadis avec le dictionnaire. Le lock-out vous a fait étirer le '' pas-grand-chose-à-dire, soit mais tâchez de ne perdre votre latin pour nommer la réalité. Excellent veut dire excellent. Moyen veut dire moyen. On continue comme ça...

    • Et si le style Europeen ne fonctionne pas en MLS, on le congedie en disant que son style ne convenait pas au marche.
      Non ce que ca prendrait avec l'impact c'est un genre Pat Burns du soccer, Nick chose lol... qui mange dlam et reste dans son bureau et l'autre le fabriqueux de fromage bin qui paye et continusse a faire du fromage. Et la peut-etre qu'on commencerais a batir quelque chose pour l'avenir sinon bien qu'ils aillent tous les deux derriere le banc.
      Triste a voir et entendre a chaque annees ces deux la.

    • Le propriétaire devrait comprendre qu'il n'est plus en USL et qu'une équipe gagnante est une équipe stable qui a une vision à long terme.
      On a enfin un entraîneur, maintenant il ne reste plus qu'à trouver un autre ailier offensif et un attaquant, parce que l'équipe manque un peu de profondeur...

    • MichelMtl, continuez à suivre le hockey.

    • Pensez-vous vraiment que vos lecteurs s'intéressent à la nomination du coach de l'Impact en plein janvier quand ils ne remplissent même pas leur stade pendant la saison?

    • Cette embauche et surtout ce qui l\'entoure me décourage . Je ne connais pas monsieur Schällibaum alors je ne peux me prononcer sur sa compétence mais force est d\'admettre que s\'il a été choisi c\'est parce qu\'il est un bon yes man. Un contrat d\'un an ca veut dire ca.
      J\'ai suivi l\'histoire de l\'Impact depuis les tout début et même les organisations qui l\'ont précédé à Montréal. Je suis reconnaissant de ce que monsieur Saputo à donné à la communauté montréalaise et son implication sociale est un exemple à suivre par tous les entreprenneurs qui se respectent.
      Je ne comprends toutefois pas la culture de l\'organisation. Il semble normal que l\'équipe ait à subir l\'ingéreance de monsieur Saputo et vivre selon les humeurs du patron. J\'ai tenté de passer outre toutes les frasques de monsieur Saputo en considérant ces dernieres commes des growing pains mais c\'est plus profond que cela et ca va donc à l\'encontre de ce qu\'une organisation professionnelle devrait offrir.
      Le marché montréalais est particulier et unique alors si monsieur Saputo tente d\'y inculquer une culture de la comedia del\'arte comme en Europe avec un proprio qui pique des crises, c\'est voué à l\'échec. En ce qui me concerne, l\'atmosphere entourant la nomination d\'hier fera en sorte que je vais prendre mes distances car le scénario est trop prévisible...

    • Une petite blague ce matin... "C'est pas quelqu'un qu'on est pas capable de prononcer son nom qui va venir nous dire comment jouer au soccer icitte!" - Jean "lala" Tremblay

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