Oui au pont Maurice-Richard

Philippe Cantin
La Presse

Il s'agit d'un gigantesque projet de construction, une affaire de 5 milliards de dollars.

Si ses concepteurs ont de l'imagination, cette structure sera bien plus qu'un simple pont. Ce sera la nouvelle signature de Montréal, un ouvrage architectural avec du panache.

Voilà pourquoi le choix du nom est si important. La décision la plus prudente serait de conserver l'appellation actuelle, pont Champlain. Même si le grand explorateur est d'abord connu comme le fondateur de la ville de Québec, son immense influence a été ressentie dans toute l'Amérique.

La construction du nouveau pont fournit cependant une occasion extraordinaire de saluer le Québec moderne en honorant un homme qui symbolise à merveille nos espoirs, nos luttes et nos réalisations.

Maurice Richard a été un grand Montréalais et un grand Québécois. Plus de 50 ans après sa retraite du hockey et plus de 10 ans après sa mort, son nom demeure synonyme de fierté, d'accomplissement et d'affirmation collective. Les valeurs associées à ses exploits sont inspirantes et expliquent pourquoi il est devenu une légende.

La majorité des Québécois sont trop jeunes pour avoir vu jouer le Rocket. Mais ils n'ont qu'à fermer les yeux pour imaginer une de ses montées à l'emporte-pièce. Cela illustre la place considérable qu'il occupe dans notre imaginaire collectif.

Bien sûr, Maurice Richard n'était pas parfait. Il a commis des erreurs dans sa carrière. Cela aussi le rend attachant.

Derrière l'immense vedette, on retrouve toujours ce jeune homme issu d'un quartier ouvrier de Montréal, qui a vaincu mille obstacles pour accomplir son rêve.

* * *

Plus de 50 ans après sa retraite du... (Photo: Pierre Côté, archives La Presse) - image 2.0

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Plus de 50 ans après sa retraite du hockey et plus de 10 ans après sa mort, le nom de Maurice Richard demeure synonyme de fierté, d'accomplissement et d'affirmation collective.

Photo: Pierre Côté, archives La Presse

Nommer le nouveau pont en l'honneur de Maurice Richard constituerait un choix audacieux.

Le ministre fédéral Denis Lebel a causé une surprise en évoquant l'idée après avoir étudié les suggestions de nombreux citoyens. «Les gens nous disent que c'est un digne représentant du Québec, qu'il faisait l'unanimité», a-t-il déclaré à mon collègue Joël-Denis Bellavance.

La coutume suggère plutôt qu'on associe le nom d'athlètes méritants à des installations sportives. Pas à un ouvrage majeur comme ce lien entre Montréal et la Rive-Sud.

Un aréna près du Stade olympique porte d'ailleurs le nom de Maurice Richard, mais il s'agit d'un édifice modeste pour honorer un personnage clé de notre histoire.

Dans un Québec souvent divisé sur le plan politique, la décision d'honorer ainsi Maurice Richard serait rassembleuse. On éviterait, par exemple, une controverse semblable à celle provoquée par le nouveau nom de l'aéroport Montréal-Trudeau.

Mais ce n'est pas l'essentiel. Si la suggestion est pleine de bon sens, c'est parce que le Rocket a été beaucoup plus qu'un formidable hockeyeur. Même s'il ne l'a pas souhaité, il a porté sur ses épaules les aspirations de tout un peuple.

L'émeute du 17 mars 1955, provoquée par sa suspension pour les derniers matchs du calendrier régulier et les séries éliminatoires, constitue un événement phare de notre histoire contemporaine.

Quatre jours après ces événements, André Laurendeau, alors journaliste au Devoir, a publié un billet célèbre intitulé: «On a tué mon frère Richard».

Pour le peuple canadien-français, écrivait Laurendeau, «Maurice Richard est une sorte de revanche».

Laurendeau, sans doute avec raison, croyait que le sort de Richard ne ferait pas longtemps les manchettes. «Et puis, il ne s'agit tout de même que de hockey... Tout paraît destiné à retomber dans l'oubli.»

Ce fut bien la seule erreur d'appréciation de Laurendeau. Suspendu, Maurice Richard devint plus grand que nature. Il l'est toujours aujourd'hui.

* * *

En 1955, à l'annonce de sa construction, le pont Champlain a d'abord été nommé pont de l'Île-des-Soeurs. Trois ans plus tard, au plus fort des fêtes soulignant le 350e anniversaire de Québec, le gouvernement fédéral lui a donné le nom du fondateur de la première ville canadienne.

Oui, conserver ce nom représenterait un choix honorable. Mais le Québec d'aujourd'hui doit aussi honorer ceux qui ont contribué à son histoire plus récente.

C'est ainsi qu'on a donné le nom de Félix Leclerc à une autoroute qui traverse une grande partie du Québec. Merveilleux symbole pour un homme ayant laissé son empreinte aux quatre coins du territoire.

Donner au nouveau pont le nom de Maurice Richard serait un geste aussi puissant. Tous les Québécois, peu importe leur origine, leur condition sociale ou leurs opinions politiques, aiment et respectent Maurice Richard.

Un pont sert à nous réunir.

À sa manière, c'est ce que Maurice Richard a fait toute sa vie.

Oui au pont Maurice-Richard.

Dopage: la fin des grands procès

La décision rapide du jury dans le long procès de Roger Clemens mettra sans doute fin aux actions en justice intentées par le gouvernement américain contre des athlètes soupçonnés de dopage.

Après avoir raté leur coup dans l'affaire Barry Bonds, reconnu uniquement coupable d'un chef d'accusation mineur, les procureurs ont essuyé un cinglant revers, hier. Le jury, après quelques heures de délibérations, a exonéré l'ancien lanceur vedette.

Pas étonnant que les procureurs aient quitté la salle d'audience en coup de vent. Pour eux, le verdict est catastrophique.

C'était le deuxième procès contre Clemens dans ce dossier. Le premier a été stoppé après une erreur de la poursuite. Compte tenu des coûts immenses de ces recours, le ministère public hésitera avant de poursuivre d'autres athlètes.

Ces doutes expliquent en partie pourquoi aucune accusation criminelle n'a été déposée contre Lance Armstrong après une enquête de plusieurs mois.

L'ex-champion du Tour de France doit maintenant se défendre devant l'Agence américaine antidopage. Son combat s'annonce ardu, mais il ne s'agit pas de justice criminelle, susceptible d'entraîner une peine d'emprisonnement.

Dans le cas de Clemens, le jury n'a pas été convaincu par le témoignage de Brian McNamee, son ancien soigneur et un homme à la crédibilité suspecte. Dans l'affaire Armstrong, les témoins potentiels avaient aussi un passé controversé.

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