CH: Patrick Roy demeure dans la course

Patrick Roy demeure dans la course au poste d'entraîneur-chef du Canadien. Selon mes informations, Marc Bergevin n'a pas écarté sa candidature et Roy lui-même n'a pas renoncé à l'idée.

Ces derniers jours, le nom de Roy a été éclipsé dans les médias par ceux de Bob Hartley, Marc Crawford et Michel Therrien, comme s'ils étaient désormais seuls en piste.

La candidature de Hartley ne semble pourtant pas avoir suscité l'engouement du Canadien. Comme tous les gens de hockey, Bergevin connaissait les liens d'amitié entre Jay Feaster, DG des Flames, et Hartley. Il savait pertinemment que ce dernier était dans la ligne de mire des Flames.

Si Bergevin avait été convaincu que Hartley était le meilleur choix pour diriger le Canadien, il aurait eu le temps de couper l'herbe sous le pied des Flames. Il n'a fait aucun geste en ce sens, un choix significatif.

Hartley possède de grandes qualités. Malgré tout, aucune équipe ne l'a embauché depuis son congédiement par les Thrashers d'Atlanta à l'automne 2007. Ce ne sont pourtant pas les occasions qui ont manqué.

Cinq ans plus tard, Hartley fera son grand retour dans la LNH. Il a montré sa bonne volonté la saison dernière en dirigeant avec succès l'équipe de Zurich, en Suisse. Cela a sûrement impressionné l'organisation des Flames.

Les gens de hockey aiment qu'un entraîneur à la recherche d'un emploi accepte, au besoin, de refaire ses classes. Je ne suis pas convaincu qu'un candidat augmente ses chances d'embauche dans un fauteuil d'analyste à la télévision.

Si Patrick Roy demeure dans la course, je ne crois pas qu'il détienne une longueur d'avance sur ses concurrents. Sa candidature pose en effet un problème unique.

Roy souhaitera s'impliquer dans les décisions qui touchent la composition de l'équipe, au même titre que Rick Dudley, Scott Mellanby et Larry Carrière. Il voudra aussi connaître à fond le plan de Bergevin au cours des prochaines années. Bref, la collégialité de la direction hockey sera très importante pour lui.

Michel Therrien et Marc Crawford ne poseront aucune exigence particulière à ce propos. Les deux rêvent d'obtenir le poste et espèrent simplement recevoir l'appel de Bergevin.

À New York, cette semaine, le DG du Canadien a expliqué qu'il évaluerait tous les candidats en compagnie de ses trois adjoints. L'influence de Dudley sera prépondérante. Le véritable bras droit de Bergevin, c'est lui.

Dudley a sans doute déjà recueilli beaucoup d'information sur Roy. La saison dernière, il était l'adjoint de Brian Burke chez les Maple Leafs de Toronto. Celui-ci s'est rendu à au moins deux reprises à Québec pour assister à un match des Remparts.

À chaque occasion, Burke s'est entretenu assez longuement avec Roy. Assez pour se faire une idée du genre d'entraîneur qu'il est devenu. Il a sûrement partagé ses réflexions avec Dudley.

D'autre part, François Allaire, celui qui a aidé Roy à parfaire son talent et qui le connaît très bien, a aussi travaillé avec les Maple Leafs l'an dernier. Dudley peut aussi s'abreuver à cette source.

À moins que Marc Bergevin ne sorte un as de sa manche, le prochain entraîneur du Canadien devrait être un de ces trois hommes: Patrick Roy, Michel Therrien ou Marc Crawford.

Roy, qui a rencontré Bergevin depuis que le processus est en cours, est un homme doté d'un caractère très fort. Et même si le public souhaite majoritairement qu'il obtienne le poste, ses frasques passées lui valent bon nombre de détracteurs.

Le Canadien est-il prêt à vivre avec un entraîneur comme lui? Chose sûre, il s'agirait d'un virage pour une organisation si conservatrice.

Michel Therrien possède des atouts, mais sa feuille de route est inégale. Il n'en reste pas moins que ses analyses à la télévision l'hiver dernier étaient distinctives. Il connaît bien le Canadien et le marché montréalais. Mais Bergevin voudra-t-il amorcer le renouveau de l'équipe en ramenant un ancien entraîneur? Il devra bien y songer.

Quant à Crawford, il a remporté la Coupe Stanley avec l'Avalanche du Colorado en 1996. En revanche, au cours de ses cinq dernières saisons complètes comme entraîneur, ses équipes (Vancouver-Los Angeles-Dallas) ont raté les séries éliminatoires.

Le Canadien a aussi promis un entraîneur capable de s'exprimer en français. J'ignore où Crawford en est à ce chapitre. En 1995, à Québec, il devait vite passer à l'anglais pour mieux exprimer sa pensée.

Or, le prochain pilote du Canadien devra être capable d'élaborer son argumentaire en français, de répondre aux questions avec toutes les nuances voulues. Sinon, il faudra conclure que l'organisation n'a tiré aucun enseignement de la crise de l'hiver dernier.

On apprend peu à peu à connaître le style de Marc Bergevin. Son premier mois en poste est prometteur.

Le nouveau DG du Canadien s'est entouré de Dudley et Mellanby, des gens avec des idées et de l'expérience. Cela illustre sa confiance en lui. Un leader fort n'hésite pas à s'entourer de gens forts.

Bergevin mène les choses à sa façon. La patience qu'il met à choisir son entraîneur en fait la preuve. En revanche, elle illustre aussi qu'aucun des candidats n'a jusqu'ici emporté son adhésion enthousiaste.

Il s'agit d'un vif contraste avec sa propre embauche le mois dernier. Rappelez-vous: Geoff Molson et Serge Savard ont été si emballés par sa candidature qu'ils ont conclu l'affaire plus tôt que prévu.

Alors, ce sera Roy? Therrien? Crawford? Un candidat-surprise? Bien malin qui saurait le prédire.

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