La Petite

«La Formule E! : cette course de chars... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE)

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«La Formule E! : cette course de chars électriques jusqu'ici inconnue au bataillon, qui n'a peut-être pas produit de gaz à effet de serre, mais qui a produit au moins mille tonnes de bullshit politicienne et corporative...», écrit notre chroniqueur.

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Quel été pourri, non ?

Je l'ai passé loin de cette chronique, mais peut-être que c'était une erreur. Avoir écrit en juillet et en août, je n'aurais pas manqué de matière : les mauvaises nouvelles font de bonnes chroniques, et cet été, elles étaient mauvaises d'où qu'elles venaient, pour citer un chanteur disparu de la circulation...

Les bêtises de Trump, les louveteaux de La Meute qui ont pris la rue, l'hystérie galopante sur les migrants haïtiens, Trump encore, la voiture incendiée de ce leader musulman à Québec et l'indolence avec laquelle cette nouvelle scandaleuse a été accueillie, Trump encore, Trump toujours, les perdants d'Allah qui ont encore roulé dans le tas (à Barcelone), les niaiseries qui se sont dites publiquement sur Réjean Ducharme, niaiseries-symboles de l'ignorance triomphale qui ne se cache plus, désormais...

J'oublie de quoi?

Ah, oui, je sais ce que j'oublie : la Formule E! Cette course de chars électriques jusqu'ici inconnue au bataillon, qui n'a peut-être pas produit de gaz à effet de serre, mais qui a produit au moins mille tonnes de bullshit politicienne et corporative...

La Corée du Nord?

Je n'ai rien à dire là-dessus. Vu que le fou qui dirige ce pays vient de faire condamner à mort - in absentia - deux journalistes sud-coréens qui ont exposé les atrocités de son régime, je ne voudrais pas lui donner d'idées. On n'est jamais trop prudent.

Oui, avoir chroniqué cet été, j'aurais été choyé. La grisaille est un arc-en-ciel pour le scribe qui doit pondre, pondre, et pondre encore... Et cet été fut gris, gris, gris.

Mais au fond du scribe que je suis dort un être humain (si, si), et celui-ci avait besoin de vacances.

C'est donc comme être humain sans tribune que j'ai suivi l'actualité cet été et, estifi, pour ne pas dire autre chose, je me suis tâté le gros nerf plus souvent qu'autrement en me disant que suivre l'actualité, des fois, comme cet été, c'est un peu comme fumer : c'est pas super bon pour la santé...

Pour ce retour en chronique, permettez donc que je détonne. Oui, Monsieur, Madame et les autres : j'ai une bonne nouvelle à vous annoncer...

Il y a un an, de quoi parlait-on?

Un an et des poussières, plus précisément autour du 17 août...

Vous avez oublié?

Bien sûr que vous avez oublié, on oublie vite, le feu roulant de l'actualité étant ainsi conçu, on oublie rapidement ce qui, la veille, nous faisait grimper dans les rideaux. Obsolescence programmée de nos indignations, grandes et petites...

Le 17 août 2016, un homme oubliait son enfant dans son char à Saint-Jérôme.

L'enfant, un bébé, en était mort.

Cet enfant était mort d'un oubli, un oubli tragique, un oubli comme une fin du monde pour le père, pogné avec le souvenir de ce fils qu'il adorait et dont il a scellé le sort, à son corps défendant.

Un oubli parfaitement humain, au fond, un oubli qui n'a rien à voir avec l'amour et tout à voir avec les ganglions de la base qui régulent certaines fonctions de la mémoire, dans les tréfonds du cortex. C'est ce que j'avais écrit, il y a un an.

Mais un oubli qui avait forcément libéré la parole des amputés de l'empathie qui, à grands coups de MOI ÇA NE M'ARRIVERAIT JAMAIS PARCE QUE MOI J'AIME MON ENFANT, MOI, s'étaient déchaînés pendant deux semaines de gérance d'estrade parentale à vomir...

Un oubli qui fut soumis aux rayons X de la Justice et qui ne déboucha sur aucune accusation parce que c'était un oubli, justement; il n'y avait là aucune décision du père pouvant flirter avec la négligence criminelle.

Le père m'avait écrit après cette chronique. Et on avait jasé quelques fois, au cours de l'automne 2016.

Oui, il avait eu vent des choses terribles qu'on disait sur lui dans certains recoins des internets. Oui, il avait entendu l'écho des loups du clavier.

Mais «Simon» m'avait surtout dit combien il avait été touché par les nombreux messages d'appui et d'empathie qui avaient fusé face à cet oubli fatal qu'il n'oublierait jamais, l'oubli qui avait tué «Le Petit», titre de ma chronique de Noël...

Bref, j'ai des nouvelles de Simon...

Je l'ai rencontré, ces derniers jours. Le ciment de la reconstruction commence à se solidifier. Simon a recommencé à travailler avant de prendre un autre congé, récemment, chose normale selon sa Doc...

Ses deux garçons, le Grand et le Deuxième, vont bien. La vie reprend son cours. Les rires reviennent dans le bungalow.

Je vous avais dit en décembre la certitude de Simon à l'égard de son couple : l'épreuve de la mort du Petit n'allait pas les séparer, sa blonde et lui, il me l'avait affirmé...

Il avait raison. Ils sont encore ensemble.

Et la bonne nouvelle que je vous promettais ci-haut, elle les concerne, Simon et sa blonde...

Ils attendent un bébé.

La Petite va venir au monde après Noël. J'ai vu le mini-bedon de Madame, quand je l'ai croisée dans le cadre de porte en allant visiter Simon pour cette chronique.

Sachant l'horreur intime qui a secoué cette famille, sachant que ça aurait pu être leur fin du monde à eux, il y a un an, comment dire...

Eh bien, voilà : soudainement, l'été 2017 m'a semblé moins gris.




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