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La transparence, c'est la clé

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, tente de... (Photo Etienne Ranger, LeDroit)

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Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, tente de rendre son administration plus transparente. «On croit à une ville ouverte dit-il, alors on met le plus de données possibles sur notre site, des données utilisables.»

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«Je crois aux contre-pouvoirs. À tout pouvoir, il faut un contre-pouvoir. Le politique a besoin des médias comme contre-pouvoir, qui vérifie ce que le politique fait. Les gens ont besoin de journalistes qui fouillent, qui vérifient.»

Qui a dit ça?

Un journaliste pourrait avoir dit ça.

Pierre Craig, le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), pourrait avoir dit ça.

Pourtant, non. C'est un maire, le maire de la quatrième ville en importance au Québec, Gatineau. C'est Maxime Pedneaud-Jobin qui dit ça, lui qui essaie d'instaurer quelque chose comme une révolution de la transparence dans la ville dont il est maire depuis un an. Et c'est de ça que je veux vous parler: de transparence.

Données ouvertes, communications régulières avec les journalistes, préjugé contre l'opacité: quand on sait que dans certaines villes du Québec les journalistes n'ont pas le droit de filmer les délibérations publiques des élus, je pense que le mot n'est pas trop fort...

(Transparence totale, avant d'aller plus loin: Maxime est mon ami, mon ami depuis plus de vingt ans. Même s'il ne l'était pas, je parlerais de ses ambitions de transparence: c'est la clé pour lutter non seulement contre les crosses, mais également pour lutter contre l'incompétence. Dans les deux cas, ça se propage plus facilement dans l'opacité...)

Le réflexe de bien des villes, quand il est question d'information, est en faveur de l'opacité. T'en dis le moins possible. Tu forces les journalistes à passer par la Loi sur l'accès à l'information.

Pas à Gatineau: «On croit à une ville ouverte, dit Maxime Pedneaud-Jobin, alors on met le plus de données possible sur notre site, des données utilisables.» Le maire insiste sur le mot «utilisables»: pour que les citoyens puissent s'approprier ces données et les utiliser, que ce soit dans des fichiers Excel ou dans des applications pour téléphones intelligents. «On ne veut pas d'une transparence théorique. Si je mets les données de contrats publics disponibles via des fichiers PDF, c'est une transparence théorique. C'est comme mettre une grosse pile de documents dans un couloir et dire: cherchez...»

Pour un maire, pour un élu, c'est emmerdant de pousser pour la transparence. Parce qu'inévitablement, plus il y a d'info disponible, plus il y a des citoyens pour contester vos méthodes et vos conclusions, et plus il y a du matériel pour que les journalistes fouillent en profondeur, ce qui donne des manchettes, ce qui fait mal paraître un maire, des élus...

«Mais ces données sont produites avec des fonds publics, dit le maire. Je vois la transparence comme un outil pour nous, les élus: ces données utilisées par les citoyens peuvent générer un feedback sur ce qu'on fait de moins bon, sur la validité de nos chiffres. Ça nous aide à nous améliorer.»

Ces données ouvertes représentent un «défi», dit mon ami le maire, parce que l'opposition, les citoyens et les journalistes peuvent s'en servir pour relever des failles dans l'administration de la Ville.

«Quand ces failles sortent, si je le prends comme une attaque contre moi, c'est sûr que ça me donne envie de cacher l'information! Mais je le vois comme une faille dans mon administration, je le vois comme ma job de corriger cette faille et d'expliquer comment on va la corriger.»

Parmi ces failles: des jeux de collusion. Gatineau a été évoquée à la commission Charbonneau: des ingénieurs ont comploté pour arranger des appels d'offres, question de protéger les parts de marché de chacun.

Et même si c'est antérieur à son élection, Maxime dit quand même «on», comme dans: «On ne l'a pas détecté car c'était dans les normes de prix acceptables. Mais justement, c'était voulu, les firmes s'arrangeaient pour que ces prix soient acceptables. Avec des données ouvertes, on peut faire dire des choses aux chiffres, voir l'évolution des parts de marché de chacun. Et si ces parts de marché sont monolithiques, tu peux commencer à te poser des questions...»

Dans l'attitude du maire de Gatineau, dans ce préjugé pour la transparence, peut-être voyez-vous du charabia administratif. Mais je vous jure, c'est plutôt le grondement d'une révolution. Et d'un espoir: sans transparence, les administrations - villes, ministères, etc. - peuvent vous rouler dans la farine, puisque vous ne savez pas grand-chose. La transparence, c'est la grande affaire.

Je vous dis tout ça parce que la transparence sera au coeur du congrès de la FPJQ qui a lieu ce week-end à Saint-Sauveur. Parce que le ministre Jean-Marc Fournier sera à ce congrès, il nous parlera aujourd'hui de la réforme de l'accès à l'information...

J'ai hâte de découvrir si le ministre Fournier est aussi ambitieux que mon ami le maire. Parce que la transparence, c'est beaucoup plus que de publier les comptes de dépenses des ministres et des hauts fonctionnaires. Même que c'est pas ça pantoute.

L'UNIVERS, LE SYSTÈME SOLAIRE - J'ai écrit cette semaine mon émerveillement devant l'exploit scientifique du robot Philae, qui s'est posé grâce au génie de l'Homme sur une comète en mouvement, à 510 millions de kilomètres de Châteauguay.

J'ai écrit que Philae va colliger des données qui vont permettre aux scientifiques d'en savoir plus sur les comètes qui, pense-t-on, ont contribué à former les planètes. Une façon s'en savoir plus sur la formation de l'Univers, ai-je écrit.

Ben non, tata, m'ont expliqué plusieurs lecteurs: une façon d'en savoir plus sur la création du système solaire. Ce n'est pas la même affaire.

Jeune journaliste, j'ai déjà confondu dans un texte un orignal et un chevreuil. Moyennement vieux journaliste, je confonds maintenant le système solaire et l'univers. Il y a du panache, je trouve, à se tromper de quelques milliards d'années...

Quand même, mes excuses à Dieu.

L'AIGUILLE DANS UNE BOTTE DE FOIN - Au Palais de Tokyo, à Paris, un artiste italien au nom suédois, Sven Sachsalber, s'est mis en tête de chercher une aiguille dans une botte de foin.

Une botte? Une petite colline, plutôt, si j'en juge par les photos. Toujours est-il que le but de sa performance, filmée, tweetée et épiée par des badauds était justement d'y trouver une aiguille.

Sven a cherché, cherché, cherché...

Il a mis 29 heures et trente minutes à trouver l'aiguille.

C'est tout.

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