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Alexandre Duplessis, pissou

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Donc, si je comprends bien, Alexandre Duplessis a demandé la tutelle de sa Ville pour gérer un bordel politico-administratif auquel il a contribué... Mais il va rester maire de Laval?

Seulement à Laval!

Le maire plie et demande la tutelle, parce que la pression était trop forte, depuis que l'ancien agent officiel du PRO, Jean Bertrand, est allé dire à la juge Charbonneau que tous les membres du conseil municipal - dont Alexandre Duplessis - avaient participé à du financement politique illégal... Mais il réfute ces allégations!

Seulement à Laval!

Dure semaine pour le jeune maire non élu de Laval, qui a succédé à un Gilles Vaillancourt déchu, qui a fini par être accusé de gangstérisme...

D'abord, sur le fond: il a été salement écorché par le témoin Jean Bertrand. Duplessis, a dit l'ancien agent officiel, a participé à un système de prête-noms pour financer le PRO, quand il était conseiller municipal. Dans ce système: du cash provenant de firmes de génie qui contribuaient au PRO.

Ensuite, dans la forme: le maire s'est comporté comme un pissou, se cachant d'abord derrière un communiqué de presse pour ne pas avoir à commenter en détail les allégations de Bertrand. Quand la pression de Québec est devenue intenable, il a consenti à un point de presse involontairement comique.

La voix tremblante, l'oeil terrifié, il a lu des phrases convenues (écrites par d'autres) avant de retourner se terrer à l'hôtel de ville. Il s'est littéralement sauvé des journalistes qui voulaient lui poser des questions. Il n'a pas répondu à ces questions. Telle une marionnette, il a choisi d'écouter les conseils de la firme National plutôt que d'expliquer ses actes aux Lavallois à visière levée.

Parlons-en, de National, justement...

Depuis dix ans, la célèbre firme de relations publiques a reçu 7 millions pour divers mandats de communications à Laval. Ce n'est pas inhabituel. D'autres municipalités et ministères font appel à des firmes de relations publiques pour gérer leurs «comms».

Ce qui est différent, à Laval, c'est que les communications de la mairie - donc le message politique - sont confiées à National, une firme privée.

À Québec, le porte-parole du maire Labeaume est un «staff», quelqu'un de son cabinet. Pas un consultant issu d'une firme privée. Idem à la mairie de Montréal. Même chose pour tous les ministres du gouvernement du Québec: aucun d'eux ne fait appel à une firme de relations publiques pour gérer le message politique. Pas plus que la première ministre.

À Laval, non. Le message politique est géré par le privé. Par National.

Seulement à Laval!

Qu'est-ce qui est si différent à Laval?

Pourquoi le maire de Laval a-t-il besoin, lui, d'être conseillé par une firme privée, à l'intérieur d'une enveloppe de 7 millions sur dix ans?

Puisque la marionnette - Alexandre Duplessis - a choisi de ne pas répondre à des questions, j'ai tenté ma chance du côté des marionnettistes, chez National. C'est Jean-François Villion, vice-président aux affaires institutionnelles, qui m'a rappelé...

«C'est un choix de gestion, m'a-t-il dit à propos de la gestion des communications lavalloises. Il y a moins de personnel aux communications, à Laval.»

Autre question au VP Villion: «Quand National suggère au client de ne pas parler, c'est dans l'intérêt de son client ou c'est dans l'intérêt des citoyens de Laval?»

Réponse: «C'est dans l'intérêt du dossier. Chaque dossier est évalué au mérite...»

Je me suis senti obligé, ici, d'interrompre le VP Villion pour lui faire remarquer un truc: ce qu'il venait de me dire n'avait aucune espèce de sens.

L'«intérêt du dossier» ?

De kossé?

C'est du novlangue, «l'intérêt du dossier», c'est absurde, c'est parler pour ne rien dire: un «dossier» n'a pas d'«intérêt» et surtout, cet énigmatique et abstrait «dossier» n'avait aucune espèce de lien avec ma question.

J'ai donc insisté et M. Villion a précisé - en quelque sorte - sa pensée: «Nous sommes une firme embauchée par la Ville de Laval, pas par le maire de Laval.»

Je note que je n'ai pas eu de réponse claire de National à une question pourtant très claire. C'est une réponse qui est en banlieue du n'importe quoi.

Mais c'est peut-être ce que des personnages comme Gilles Vaillancourt et Alexandre Duplessis attendent d'une firme comme National: remplir l'espace public - pour ne pas dire remplir le public - de mots qui ne veulent rien dire, tout en donnant l'impression de dire quelque chose.

À Laval, on l'a vu, le modus operandi pour obtenir des contrats municipaux était simple. Il fallait graisser le PRO du maire Vaillancourt avec du cash, selon un système de ristourne.

Pas de cash, pas de contrats.

Question à M. Villion: «Pour obtenir ces 7 millions de contrats municipaux lavallois en dix ans, National a-t-elle déjà versé du cash au PRO?»

Réponse du VP de National, du tac au tac: «Jamais de la vie!»

Des fois, National est capable de réponses claires, on dirait.




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