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2012 en quelques prénoms

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Ian Davidson était policier à Montréal, crack de l'informatique, affecté au crime organisé. Il a tenté de vendre à la mafia la liste des informateurs secrets du SPVM. Il s'est suicidé en janvier, le jour où La Presse a révélé les dessous de l'enquête de ses anciens collègues à son sujet. Il faudra bien, un jour, qu'on explique au public comment le plus grand corps de police du Québec a pu permettre un tel cambriolage virtuel.

Quand, au fait?

GABRIEL

Physiquement, il est plutôt frêle. Pourtant, ses détracteurs lui prêtent des pouvoirs surnaturels, comme celui de contrôler les masses colériques et d'influencer le cours des événements politiques. D'un seul mot, il pourrait tout accomplir...

S'il en avait le mandat!

Rarement ai-je vu quelqu'un capable de polariser à ce point l'opinion. Ceux qui aiment Gabriel Nadeau-Dubois l'aiment au point de le canoniser drette là. Ceux qui le haïssent jouissent à l'idée qu'il puisse échapper son savon dans les proverbiales douches de la prison (où il n'ira pas, finalement).

Pourquoi cette haine?

Ma théorie à cinq cennes: GND a trop de tout. Trop de bagout, trop de belle gueule, trop d'équilibre sur le fil des mots.

Et trop d'idées.

THOMAS

Le NPD m'a surpris: il a rompu avec sa tradition de beautiful losers à la Broadbent et il s'est choisi un dur à cuire comme chef. J'étais sûr que, cette fois, la gauche voudrait encore avoir raison plutôt que de vouloir gagner. Mais non. Thomas Mulcair a gagné.

Prochaine étape: unir la gauche fédérale. Ça va prendre un spécialiste en miracles plutôt qu'un dur à cuire. Ou une autre victoire conservatrice en 2015.

GEORGE

À propos des travailleurs d'Aveos entubés par Air Canada, je citais feu George Carlin, l'humoriste américain qui décrivait ce que veut la Big Business: «Des travailleurs obéissants, juste assez intelligents pour faire fonctionner les machines, mais suffisamment nonos pour accepter des jobs de plus en plus merdiques, des salaires réduits et des heures plus longues, sans avantages sociaux et sans heures supplémentaires.»

Tout est là.

LAURENT

Le rapport de la commission Mourir dans la dignité propose une révolution dans la façon de soigner les Québécois en fin de vie. Il y a des mesures qui vont dans le sens du suicide assisté. Qui y vont sur la pointe des pieds, remarquez, mais qui y vont quand même.

Un rapport que l'Assemblée nationale a salué à l'unanimité. Un rapport qui m'a fait pleurer, ce qui n'est pas d'ordinaire le lot des rapports de commissions parlementaires. Impossible de ne pas pleurer quand on lit comment cet homme, Laurent Rouleau, s'est tué dans la solitude, engagé qu'il était dans une course contre la mort. Il voulait mourir avant d'être emmuré dans son corps.

On ne devrait pas mourir comme ça.

JEAN

D'un bord, les Industries Lassonde, propriétaires des jus Oasis, grande réussite québécoise. De l'autre, Deborah Kudzman, entrepreneure qui avait donné à ses savons le nom d'Oasis. Petit hic: Lassonde semble considérer que le mot «oasis» lui appartient de droit divin - on est même surpris que le dictionnaire Larousse n'ait pas été mis en demeure.

Lassonde lui a fait un procès qui, s'il était resté loin des projecteurs, aurait encore fait passer l'acharnement pour de la justice. Mais l'affaire est sortie au grand jour. Jean Gattuso, PDG de Lassonde, s'est joliment enfargé dans ses explications fumeuses au sujet de ce bullying judiciaire qu'il avait cautionné.

NATHALIE

Nathalie Normandeau, expliquant à l'émission Enquête pourquoi elle avait accepté neuf billets dans une loge pour un spectacle de Céline Dion des mains de Lino Zambito, qui venait d'organiser une collecte de fonds pour le PLQ et qui avait tout à gagner d'une subvention du ministère de Mme Normandeau à la Ville de Boisbriand: «Ce n'est pas mon habitude d'aller dans les loges, là. Ça, c'était vraiment l'exception. Bon, c'était Céline Dion, quand même.»

JUN

Il s'appelait Lin Jun et il est tombé dans les pattes d'un type qu'on ne nommera pas ici. Justement parce qu'on se souvient plus du fêlé que de sa victime.

DENIS

Le strip-tease politique - l'expression est de Jean Lapierre - de Denis Coderre s'est poursuivi durant toute l'année 2012. S'il enlève un jour ses Calvin Klein, on saura alors - comme on sait que le printemps arrive quand Phil-la-marmotte voit son ombre - que le député de Bourassa briguera la mairie de Montréal.

Mais, cher Denis, à côté des vêtements que tu déposes sur la table, il serait bien que tu mettes aussi quelques-unes de tes idées. Sinon, on va penser que tu n'en as pas, d'idées.

PAULINE

Quand j'écoute Arcade Fire Live in Austin TX, c'est une vieille entrevue avec Pauline Marois qui embarque à la fin. Ma bibliothèque iTunes du bureau est ainsi faite. Ça se passe dans un restaurant et il faut se forcer pour comprendre Mme Marois au-dessus du brouhaha du midi. L'équivalent auditif de conduire dans le brouillard.

C'est une belle métaphore pour les premiers mois de pouvoir de la nouvelle première ministre péquiste, je trouve.

DENIS, DAVE

Mauvais endroit, mauvais moment: l'absurde incarné, non? C'est ce que n'ont pas eu le temps de penser Denis Blanchette et Dave Courage, respectivement tué et blessé par le fêlé qui est allé à la chasse aux séparatisses, le 4 septembre au soir, au Métropolis.

ANNE

Une de mes plus belles rencontres de 2012. Pierre Moreau souffre de sclérose en plaques. Saloperie de maladie. Cloué à son fauteuil, confiné à la maison. C'est là le miracle: il est encore à la maison. Grâce à sa volonté, grâce à l'amour de sa blonde, Jacinthe, et grâce à l'aide d'Anne Bouchard, son «aide à domicile».

Anne fait partie de cette armée qui se fait rouler dans la farine par l'État, je parle de ces gens qui aident les plus poqués d'entre nous pour des pinottes, cheap labor invisible qui n'a pas de lobby pour crier à sa place.

STÉPHANIE

L'agente 728, croqueuse de carrés rouges et autres pouilleux du Plateau qui grattent de la guitare, a eu une mauvaise année 2012. Peut-être que 2013 sera l'année de sa providentielle réorientation professionnelle.

Prof de yoga, je dis.

LINO

Je le haïssais secrètement quand il était l'entrepreneur au cigare qui arrangeait des élections à Boisbriand.

Mais depuis que Lino Zambito nous a dit comment ça se passe dans les coulisses, chez les arrangeurs d'appels d'offres, pushers d'extras et autres trafiquants d'influence, j'ai comme changé d'idée.

DILIGENCE

Ouais, je sais: diligence, c'est pas un prénom. C'est le nom de code d'une vieille enquête de la SQ. Une vieille enquête intrigante parce que... Parce que, bon. Connaîtra-t-on en 2013, au canal Charbonneau, ce qui s'est vraiment passé dans l'enquête Diligence de la SQ?

J'espère.

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    • Moi j'ajouterais ISABELLE, pour ISABELLE GASCON, celle pour qui la justice n'est qu'injustice face à elle et à ses petits enfants assassinés. Quel malheur !

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