Jean-François Lisée visite Mme Grenier

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D'habitude, quand tu écris une chronique, tu veux un impact immédiat. Pas un impact à retardement, deux mois plus tard! C'est pourtant ce qui est arrivé quand le gouvernement Marois a renié sa promesse électorale d'abolir la taxe santé: Twitter s'est mis à faire spinner ma chronique «JFL avec le vrai monde».

JFL, c'est Jean-François Lisée. Et la chronique du 16 août racontait une séance de porte-à-porte du candidat-vedette dans un HLM de la circonscription de Rosemont. Cognant à une porte du troisième étage, Lisée y avait trouvé une Suzanne Grenier de fort mauvaise humeur.

Mme Grenier, 73 ans: «Avec tout ce qu'on paie, c'est 1000$ par année, se faire soigner...»

Lisée: «Eh bien, avec nous, madame, la taxe santé, la taxe injuste de 200$ imposée par Charest, ça va sauter...»

Devant cette promesse péquiste faite en personne par le candidat péquiste, Mme Grenier avait promis de retrouver Jean-François Lisée et de l'étouffer si le Parti québécois (PQ) reniait cette promesse.

On connaît la suite! Le PQ a renié cette promesse!

Oui, même si Pauline Marois a clamé haut et fort qu'un gouvernement péquiste abolirait cette taxe santé «injuste» - parce qu'elle frappe riches, pauvres et les autres des mêmes 200$ - d'un bout à l'autre de la province pendant des mois, son gouvernement a choisi de ne pas l'abolir, finalement.

Sous la barre des 18 000$, vous ne paierez rien. Au-delà, vous paierez selon votre salaire. Pour les riches qui font entre 43 000$ (!) et 130 000$, il faudra payer les mythiques 200$. Au-delà, ce sera plus.

C'est ainsi qu'hier, le ministre des Relations internationales du Québec s'est présenté au troisième étage de ce bunker de la rue Rosemont pour aller voir Mme Grenier dans son 2 et demi, suivi par la journaliste Cécile Gladel de RueMasson.com et moi-même...

«Vous m'avez surprise royalement, vous, je pensais jamais que vous communiqueriez avec moi, a commencé par dire Mme Grenier à son député. Vous savez, la politique...»

Mais Lisée avait de bonnes nouvelles pour Suzanne Grenier, nouvelles qu'il voulait lui annoncer personnellement: la dame tombe dans la catégorie de citoyens qui n'auront pas à payer un sou pour la taxe..., euh, pour la «contribution santé» (les péquistes sont revenus au terme des libéraux). Et Mme Grenier aurait payé 100$ de trop, en 2010, sur ses impôts: l'adjointe du député allait lui expliquer comment se les faire rembourser...

Mme Grenier était fort contente de voir que son député était venu la rassurer personnellement: «Je me disais que vous aviez autre chose à faire.» Il faut lui donner ça, à JFL: il n'a pas fait semblant qu'il n'avait jamais fait cette promesse à Mme Grenier.

Celle-ci a même un peu disculpé son député, tiens, quand je lui ai rappelé que le PQ avait quand même renié une promesse électorale quasiment écrite avec le sang de Pauline Marois. «C'est sûr que, dans chaque élection, avant d'être au gouvernement, ils savent pas ce qui se passe pour rien, avant de voir les papiers officiels...»

Je veux bien. Mais il y a quand même quelque chose d'insultant à voir que la promesse sur l'abolition de la taxe santé - promise avec une vigueur de croisés, croix de bois, crois de fer, si je mens je vais en enfer - a été bafouée par le PQ. Je dis ça de même.

Et je l'ai dit à Jean-François: tu ne t'es pas senti cocu, ministériel ami, quand t'as su que vous reculiez? Tsé, t'as tellement insisté sur l'abolition de la taxe santé, en campagne...

«Non. Nous sommes limités par la décision de l'électorat de ne pas nous accorder la majorité. La taxe santé était injuste, elle l'est beaucoup moins maintenant. On avait besoin d'une majorité pour tout faire ce qu'on avait promis...»

Des fois, je me fais dire: la politique, ça t'intéresse pas, toi?

Et je dis toujours, toujours non.

D'abord, j'aime trop le Québec pour lui infliger ma personne; ensuite et surtout, je ne serais jamais capable de dire le genre de joviale bullshit qu'un élu doit dire quand il dit le contraire de ce qu'il disait 67 jours auparavant.

ZAMBITO ET ZAMBITO - Paolo Zambito voudrait que ça se sache: il n'est pas parent avec Lino Zambito. Âgé de 34 ans, il cherche un job depuis six mois. Et, oui, il se fait toujours demander s'il n'est pas parent avec l'ancien grand constructeur...

«Depuis qu'il est revenu dans l'actualité, juste avant les élections, je n'ai plus de réponse quand j'envoie des CV! Avant, au moins on me rappelait...»

M. Zambito a un bac en administration des affaires et il prépare une maîtrise en administration internationale. C'est un spécialiste de l'«amélioration des processus» et des «indicateurs de performance».

Ancien candidat d'Option nationale, le jeune père de famille est à un poil d'écrire «Non, je ne suis pas parent avec Lino», sur son CV...

Tiens, j'y pense... «Amélioration des processus»: avez-vous songé, Paolo, à envoyer votre CV au bureau du maire Gérald Tremblay?

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