Derrière le visage sympathique...

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Mafia montréalaise

Luttes de pouvoir, règlements de compte, arrestations, toutes les nouvelles sur la mafia montréalaise. »

En entendant la rumeur, je suis allé sur Google News. RueFrontenac l'annonçait aussi: Nick Rizzuto, père de Vito Rizzuto, parrain emprisonné de la mafia montréalaise, grand-père d'un autre Nick (fils de Vito) assassiné en 2009, venait bel et bien de se faire tirer, dans le nord de Montréal, dans le quartier très prisé par les mafieux, Saraguay. À 86 ans.

Je ne sais pas si vous vous souvenez de cette photo du vieux Nick. Arrêté lors de l'opération Colisée, il faisait des grimaces aux photographes, encadré par deux flics. Vieux papy débonnaire coiffé d'un chapeau élégant, à des années-lumière des vulgaires caïds des gangs de rue. Un vieil Italien sympathique, quoi!

On pourrait croire que la mafia sicilienne est une organisation italienne. À la base, c'est le cas. Mais ça fait des décennies que le crime organisé italien est présent dans toutes les sphères de la société québécoise. L'organisation dont le vieux Nick était le symbole est devenue au fil des ans un produit du terroir, au même titre que le sirop d'érable ou la poutine. Ça fait partie de nous. Ne nous leurrons pas.

Depuis l'arrestation de Vito Rizzuto, en 2004, pour sa participation à un meurtre commis il y a plusieurs années aux États-Unis, et depuis l'opération Colisée de 2006, la mafia montréalaise est secouée par une série de meurtres et d'enlèvements. On ne peut même plus fermer les yeux, en tant que société, et se dire qu'au moins la mafia est «discrète». Elle ne l'est plus.

De plus, le travail des journalistes expose régulièrement l'influence pernicieuse du clan sicilien et de ses associés - souvent de bons Québécois de souche - dans les milieux d'affaires et syndicaux de la province. Pour ne rien dire du monde politique...

La Commission d'enquête sur le crime organisé, créée par le gouvernement Bourassa en 1973, avait fouillé pendant des années les entrailles des organisations criminelles. En vedette à la CECO, la plupart du temps: la mafia et ses soldats, forcés de venir témoigner sous serment. On a pu ainsi nommer les choses, comprendre le travail et l'influence des mafieux au Québec.

À l'heure où les mafieux se tirent dessus dans les rues; à l'heure où il faut être aveugle pour ne pas voir à quel point l'organisation de Nick et Vito Rizzuto est implantée dans les rouages de la société québécoise, le temps est-il venu d'une CECO 2?

André Noël et André Cédilot, de La Presse, ont récemment publié Mafia inc., ouvrage magistral sur le crime organisé italien au Québec. On peut y lire un témoignage de Gilbert Côté, ancien patron du renseignement à la police de Montréal, qui s'inquiétait du danger que pose la mafia pour la société: «Les Québécois doivent se réveiller et presser les gouvernements d'agir avant que la situation ne devienne hors de contrôle, comme en Italie.»

Bref, Nick Rizzuto était un vieux papy italien sympathique. L'organisation qu'il symbolisait n'a rien de sympathique. Et elle en mène large, au Québec. Il est temps de savoir à quel point, non?

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