Indépendance d'esprit...

Le compositeur Louis-Jean Cormier a appelé le camp... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le compositeur Louis-Jean Cormier a appelé le camp d'Alexandre Cloutier pour offrir ses services dans la course à la direction du Parti québécois.

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Il n'y a pas deux mois, Julie Snyder, qui ne chante jamais de peur de réveiller les morts, a chanté. Pour Radio-Canada et aussi un peu pour Louis-Jean Cormier, qui, pour l'occasion, avait composé une superbe chanson.

Je ne sais pas si, dans la vraie vie, Julie et Louis-Jean sont amis. Je sais seulement que depuis que l'ex-chanteur et compositeur de Karkwa a été coach à La voix à la demande de Julie, son succès et sa notoriété ont décuplé.

Louis-Jean a bénéficié de l'extrême visibilité de La voix et inversement, grâce à sa participation, l'émission a gagné en crédibilité musicale et artistique. Bref, l'an passé, Julie et Louis-Jean ont eu un bel échange de services qui pointait vers une longue et fructueuse association, musicale évidemment et éventuellement politique, surtout dans le contexte d'une course à la direction péquiste.

Je n'étais sans doute pas la seule à penser que Louis-Jean Cormier se prononcerait en faveur de Monsieur Snyder, de son vrai nom Pierre Karl Péladeau.

Or, quelle ne fut pas ma surprise de voir Louis-Jean Cormier donner en fin de semaine son appui au candidat Alexandre Cloutier! D'abord par un message sur Facebook où Cormier écrit avoir eu pour Alexandre Cloutier un coup de foudre politique. Puis, samedi sur la scène de La Tulipe où l'ex-coach de La voix y est allé d'un vibrant appui à Alexandre Cloutier et au renouveau qu'il propose.

En passant, Louis-Jean Cormier n'a pas été approché par le camp Cloutier. C'est lui-même qui a appelé pour offrir ses services après avoir vu le candidat de 37 ans briller à Tout le monde en parle. Cormier était tellement impressionné qu'il a même écrit un poème à la gloire... d'Alexandre.

À La Tulipe, il n'était pas le seul sur scène à appuyer Cloutier. La photo de famille croquée ce soir-là montre aussi Michel Rivard, Yves Lambert de la Bottine souriante, David Marin, la metteure en scène Brigitte Poupart et les comédiens Claude Prégent et Vincent Graton. Quant à ceux qui brillaient par leur absence mais qui soutiennent Alexandre Cloutier, ils ont pour noms le metteur en scène Serge Denoncourt, les comédiens Bernard Fortin, Alexis Martin, Marc Béland et la chanteuse Salomé Leclerc.

Tout cela serait tout à fait normal si Alexandre Cloutier ne se battait contre l'ex-PDG du plus puissant empire culturel privé québécois. Un empire qui, soit dit en passant, a quand même donné un sérieux coup de pouce à la culture locale par des initiatives comme Éléphant, mémoire du cinéma, ses prix hommages à des artistes, ses commandites, notamment au Rideau Vert, ou tout simplement en moussant par ses émissions et ses magazines un star-système que les Canadiens anglais nous envient.

Est-ce du courage, de l'ingratitude ou un désaveu de la part des artistes qui ont choisi d'appuyer Cloutier plutôt que Péladeau?

Alexandre Cloutier, à qui j'ai posé la question, croit que c'est avant tout une affaire de coeur et de convictions. Louis-Jean Cormier, de son côté, ne m'a pas rappelé et n'a donc pu éclairer ma lanterne. Pour ma part, je préfère penser que Louis-Jean et ses amis ont fait preuve d'une belle indépendance d'esprit. Ce qui est sain et souhaitable, surtout quand on milite pour l'indépendance tout court.

Ajoutez à cela qu'à quelques exceptions près, la vaste majorité des artistes qui soutiennent Alexandre Cloutier ne font pas partie de l'écurie Québecor. Aucun d'entre eux n'a donc eu à puiser dans ses réserves de courage ni à risquer la mort professionnelle pour appuyer Alexandre Cloutier.

Je ne nie pas, par contre, que les choses risquent de se corser au cours des prochaines semaines. Le camp de Péladeau prévoit en effet d'ici la fin d'avril un important rassemblement dans un théâtre montréalais. Ni la date ni le lieu n'ont été fixés, mais il est d'ores et déjà assuré que des gros noms du monde culturel vont être mis à contribution. Pour l'instant, les seules personnalités artistiques à s'afficher pour le camp Péladeau se comptent sur les cinq doigts de la main, si on exclut Julie Snyder. Ce sont Denise Filiatrault, Claude Fournier, Jacques Lanctôt, Victor-Lévy Beaulieu et Flavie Payette-Renouf, tous bien intentionnés, mais surtout tous liés d'une manière ou d'une autre à Québecor, ce qui diminue considérablement la valeur de leur appui.

La question à un million: qui seront les autres? Et combien de bras seront tordus dans l'exercice? Hier, j'ai voulu savoir quelle avait été la réaction de Julie en apprenant l'appui de ses amis Cormier et Rivard à Alexandre Cloutier. Julie m'a répondu par la bouche de son attaché de presse qu'elle aimait profondément Michel et Louis-Jean et qu'elle trouvait leur indépendance d'esprit très saine. Dans les circonstances, c'était la meilleure réponse possible.

Parmi les artistes qui monteront sur la scène le soir du rassemblement pour Pierre Karl Péladeau, on peut imaginer que certains y seront de leur plein gré parce qu'ils croient vraiment au candidat. D'autres, c'est certain, le feront pour le bien de leur carrière. Quant aux absents, qu'ils aient tort ou non, l'important, c'est que Pierre Karl Péladeau et Julie s'engagent à ne jamais leur faire payer un jour leur indépendance d'esprit.

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