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Harold et Maude en mode XXX

La dernière danse... (Photo fournie par le FFM)

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La dernière danse

Photo fournie par le FFM

On voyage pour pas cher au FFM, parfois en en apprenant plus sur les pays à travers leur cinéma que si on y avait fait du tourisme.

Parfois, aussi, on se retrouve dans un pays universel: le pays des invraisemblances. C'était un peu le cas hier avec la sélection officielle de la compétition.

Le plus intéressant des deux films présentés au jury, hier matin, nous parvenait d'Autriche avec un titre romantique à souhait: La dernière danse, du réalisateur Houchang Allahyari qui a aussi réalisé Né en Absurdistan.

Personnellement, j'aurais préféré pour cette dernière danse un titre comme Harold et Maude en mode XXX puisqu'il y est question, au final, d'une réelle relation sexuelle entre un jeune blondinet de 20 ans et une vieille dame de 80 ans passés qui rêve de faire l'amour une dernière fois avant de mourir. Le film a été chaleureusement applaudi par le public, touché par la dernière image de la vieille dans sa robe de nuit rose qui danse de joie dans les couloirs du foyer d'accueil.

Le film est en deux parties. La première, en noir et blanc, nous ramène au pays des invraisemblances. Cela commence en effet par l'arrestation du jeune homme. La police débarque chez lui au petit matin et lui fout les menottes sans lui dire de quoi il est accusé et sans le dire à sa mère non plus.

Il est ensuite incarcéré sans qu'on lui conseille d'appeler un avocat. Sa mère passe plusieurs journées sans avoir accès à l'acte d'accusation. Je doute que l'Autriche soit un pays fasciste, pourtant dans cette première partie, c'est l'impression qui est communiquée et qui nous fait douter de la vraisemblance de cette histoire.

Heureusement, les choses s'améliorent dans la deuxième partie qui se déroule trois mois plus tôt lorsque le jeune va travailler dans le foyer et rencontre la vieille dame. Celle-ci est en pleine dépression, faute de stimulation et d'attention. Mais au contact du jeune homme, son côté charmeur, drôle, manipulateur et ratoureux se réveille.

On comprend parfaitement qu'elle craque pour le beau jeune homme. On comprend moins que celui-ci s'amourache à ce point d'elle. Et d'autant plus qu'on n'est pas dans un conte de fées ni une fable comme l'était Harold et Maude. On est ici dans l'âpre réalité d'un foyer pour vieux en Autriche. Difficile de croire que Harold et Maude puissent y exister.

Le réalisateur d'origine iranienne Houchang Allahyari n'a pas fait le voyage à Montréal pour expliquer son film. C'est dommage, car il nous laisse avec plusieurs questions.

La première question étant: qu'est-ce qu'il a voulu nous dire au juste avec son film? Que les vieux sont des rejets de la société et qu'ils ont des besoins sexuels comme tout le monde? Si c'est ça, ça me va. Mais que dire du jeune homme? Pourquoi le film laisse-t-il sous-entendre qu'il a peut-être des problèmes sexuels, que sa relation de séduction et d'intimité avec sa mère en est peut-être responsable. Est-il en fin de compte pervers, tordu, gérontophile?

Dernière question: pourquoi devrait-on se réjouir et surtout ne pas s'offusquer de voir un jeune homme et une très vieille dame faire l'amour quand on sait que c'est parfaitement invraisemblable?

Monica la Mitraille dans une autre vie

Il y a une réplique particulièrement marquante dans Maintenant ou jamais du réalisateur français Serge Frydman. Elle est proférée par un banquier. «Personne ne vous a demandé d'avoir des rêves au-dessus de vos moyens», lance le banquier au personnage principal du film, une mère de deux enfants, heureuse en amour, mais qui vient de perdre la maison de ses rêves, faute d'argent.

C'est une phrase cinglante à laquelle on peut tous s'identifier. Qui, en effet, n'a pas rêvé d'une maison, d'une bagnole ou d'un sac Louis Vuitton qui était au-dessus de ses moyens? Est-ce une raison pour braquer une banque? Pour le commun des mortels, non. Mais pour l'héroïne du film, on dirait presque que ça va de soi, ce qui à nouveau nous ramène au pays de l'invraisemblance. Car à moins que ce personnage soit une cleptomane finie (ce qu'elle n'est pas) ou qu'elle ait été Monica la Mitraille ou Bonnie Parker dans une autre vie, ce n'est pas vrai qu'elle va se muer en braqueuse du jour au lendemain sous prétexte qu'elle ne peut pas quitter son appartement pourri à Paris pour aller vivre avec mari et enfants dans une jolie maison à la campagne.

Le problème des invraisemblances, c'est que lorsqu'elles arrivent trop tôt dans l'histoire, elles gâchent la sauce pour le spectateur qui passe le reste du film à ne pas y croire. C'est un peu ça, Maintenant ou jamais. Les acteurs, notamment Leila Bekhti dans le rôle-titre, ont beau être justes, le rythme, haletant, le montage, serré, les atmosphères, bien campées, la proposition ne tient pas la route et, forcément, le film non plus. En passant, le réalisateur français n'a pas eu le temps, lui non plus, de faire un tour à Montréal.

Deux absents le même jour, ça fait beaucoup.




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