La Berlinale dans l'ombre de Sotchi

La ville de Berlin s'est drapée pour la... (Photo: Reuters)

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La ville de Berlin s'est drapée pour la 64e Berlinale. Une programmation de 400 films s'offre aux festivaliers pour les 10 prochains jours.

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(Berlin) Oubliez Sotchi. Ici, le seul or qui compte n'a pas la forme d'une médaille, mais d'un ours! Ce préambule emprunté à un média berlinois traduit bien la légère inquiétude qui plane sur la 64e Berlinale qui s'ouvre officiellement ce soir, 24 heures seulement avant le début officiel des Jeux olympiques de Sotchi.

Habituellement, à ce temps-ci de l'année, le festival berlinois est fin seul au rayon des manifestations internationales, et les journalistes de partout ne se font pas prier pour y participer. Mais cette année, le festival devra partager sa lumière avec la ville russe qui ne manquera pas de lui faire un peu d'ombre.

Qu'à cela ne tienne: il y aura peut-être moins d'athlètes à Berlin, mais passablement plus de vedettes américaines et européennes. Le coup d'envoi sera donné ce soir avec The Grand Budapest Hotel, une comédie très attendue de Wes Anderson (Moonrise Kingdom, The Royal Tenenbaums) qui porte pourtant sur un sujet pas très drôle: la destruction de l'Europe par la guerre, racontée toutefois à travers la petite histoire d'un célèbre concierge et de son jeune protégé.

Nazisme

Le film ramènera sur le tapis rouge du Berlinale Palast un long cortège de vedettes allant de Ralph Fiennes à Tilda Swinton en passant par Bill Murray, Jude Law, Jeff Goldblum, Willem Dafoe et donnera le ton à un festival où les films sur les ravages des nazis sont légion.

À un point tel que, pour son cinquième long métrage comme réalisateur, même George Clooney n'a pu résister à la tentation de dépeindre le nazisme...

Son film The Monuments Men (qui sort demain chez nous) se passe quelques mois avant la chute du Troisième Reich. Ceux qui croient que le sujet de la Seconde Guerre mondiale a été épuisé découvriront avec ce film qu'il existe au moins une histoire qui n'a pas été racontée: celle d'une poignée de conservateurs et de directeurs de musée peu doués pour le combat, mais qui ont néanmoins entrepris de sauver de la destruction des milliers d'oeuvres volées par les nazis.

Pour Clooney, ce sera non seulement un retour au festival qui a présenté la plupart de ses films, mais aussi un retour sur les lieux du crime puisqu'une bonne partie de Monuments Men a été tournée à Berlin.

Quant à l'Allemand Volker Schlöndorff (Le tambour), il revient à la Berlinale avec Diplomatie, un film aux antipodes de celui de Clooney puisqu'il raconte comment et pourquoi Paris a été épargné par les nazis.

Dieter Kosslick, directeur de la Berlinale, jure qu'il n'a pas cherché à imposer la thématique nazie, mais qu'en fin de compte, elle s'est imposée à lui en raison de l'abondance de bons films sur le sujet cette année.

Sans censure

Parmi les autres films attendus à Berlin, il y a le nouveau Alain Resnais, Aimer, boire et chanter, autant d'activités que le cinéaste de 91 ans ne doit plus tellement avoir le loisir de pratiquer mais qu'il viendra défendre.

Samedi, la bande du film American Hustle sera de passage à Berlin pour une projection spéciale du film et sans doute pour commenter ses nombreuses nominations aux Oscars.

Autre événement très attendu: la présentation intégrale et non censurée, dimanche, de Nymphomaniac-volume 1 de Lars von Trier, mettant en vedette Charlotte Gainsbourg dans toutes les positions et combinaisons sexuelles possibles et imaginables.

La version sera de 30 minutes plus longue que celle sortie au Danemark et dans quelques autres pays. Les spéculations vont déjà bon train sur les limites qui seront repoussées ou pas dans cette sulfureuse demi-heure supplémentaire.

Présence du Québec

Cette année, aucun film québécois n'a été choisi pour la compétition officielle. Mais le Québec ne brillera pas par son absence pour autant. Denis Côté, Robert Morin et Robert Lepage, pour ne nommer que les plus connus, ont tous été invités à présenter leur plus récent film dans diverses sections.

Robert Lepage arrivera ce week-end avec son coréalisateur Pedro Pires pour présenter Triptyque au public de Panorama. Denis Côté, qui renoue avec le cinéma radical de ses débuts, offrira Que ta joie demeure aux cinéphiles aventureux du volet Forum et Robert Morin présentera 3 histoires d'Indiens dans la section Génération.

Quelques nouveaux espoirs viendront s'ajouter à la liste, dont Julie Perron qui présentera Le semeur dans la catégorie cinéma culinaire, et le Gaspésien Jean-François Caissy, invité à présenter son documentaire La marche à suivre sur des jeunes aux prises avec des problèmes de comportement et naviguant entre l'autorité contraignante de leurs éducateurs et l'appel de la liberté et des grands espaces.

En parlant de la liberté et de ses contraintes, la Berlinale présentera la toute première entrevue d'Edward Snowden depuis qu'il s'est enfui en Russie. C'est le journaliste allemand Hubert Seipel qui a réussi à le retrouver et à le convaincre de parler à la caméra. Il répondra aux questions du public après la projection.

Hier, déjà, des dizaines de Berlinois faisaient la file à la billetterie principale du festival pour faire le plein de billets, et ce, en dépit du temps splendide et quasi printanier qui régnait sur la ville.

Même si aucun record olympique ne sera battu, hormis celui de présenter 400 films en 10 jours, la Berlinale est prête à lever son rideau. Lumières! Cinéma.




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