À la gloire des Globes

Avec Ricky Gervais à leur barre pendant trois... (Photo Paul Drinkwater, archives REUTERS)

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Avec Ricky Gervais à leur barre pendant trois ans, les Golden Globes se sont positionnés comme un gala capable d'autocritique et d'autodérision. Tina Fey et Amy Poehler lui ont succédé l'an dernier.

Photo Paul Drinkwater, archives REUTERS

Finalement, le ridicule n'a pas tué les Golden Globes. Tout le contraire. À 24 heures de la 71e cérémonie organisée par la Hollywood Foreign Press Association, impossible de ne pas constater que ce prélude à la grand-messe des Oscars se porte mieux que jamais.

Finies, les allusions au côté farce et fumisterie de l'entreprise.

Envolés, les reproches de manque de crédibilité adressés aux quelque 90 membres, des simili-journalistes, retraités ou non pratiquants, mais aussi, à l'occasion, des coiffeurs, des serveurs et des chauffeurs de taxi.

Oubliées, les accusations de complaisance, de parasitisme et de pratiques douteuses à l'égard de membres qui ont seulement deux conditions à remplir pour pouvoir voter: résider à Los Angeles et écrire quatre textes par année sur le cinéma, peu importe qu'ils soient publiés ou non.

Dans de telles conditions, pas surprenant que certains membres aient abandonné leur sens critique au vestiaire pour mieux se faire prendre en photo avec George Clooney.

Pendant des années, les médias américains ont fait état de ces trop nombreuses irrégularités, mais ils ont fini par se lasser et par lâcher prise en cours de route. Le résultat, c'est qu'à 71 ans, les Golden Globes semblent être devenus sinon une institution, à tout le moins, un incontournable de la machine hollywoodienne.

La plus belle preuve de ce constat, c'est non seulement le nombre record de vedettes qui s'empressent de fouler le tapis rouge des Golden Globes, mais aussi, depuis quelques années, la notoriété et le prestige des animateurs qui acceptent de piloter la soirée.

En 2010, le caustique et coriace humoriste britannique Ricky Gervais a marqué un tournant dans l'histoire des GG, créés en 1944. Jusqu'à ce moment-là, l'animateur ne jouait pas un rôle de premier plan, comme c'est le cas pour celui des Oscars. La Hollywood Foreign Press Association engageait un peu n'importe qui, qui n'avait rien à faire ce soir-là et qui, habituellement, ne revenait pas l'année suivante. Mais avec Ricky Gervais, connu pour son indépendance d'esprit et son humour assassin, les Golden Globes se sont positionnés comme un gala, capable d'autocritique et d'autodérision, ce dont ne s'est pas privé Ricky Gervais. Trois années de suite, le Britannique a impunément craché au visage de Hollywood (dixit Paris Match) avant de tirer sa révérence.

Dimanche, pour la deuxième année de suite, ce sont les drôlissimes Tina Fey et Amy Poehler qui prennent le relais avec leur humour absurde et décalé. Que ces deux filles qui jouissent d'une grande crédibilité dans la sphère médiatique américaine aient accepté de s'associer aux Golden Globes est l'ultime preuve de la réhabilitation de la cérémonie.

Reste une dernière question, la plus importante de toutes: qui gagne et qui perd aux Golden Globes.

Or, contre toute attente et malgré les mille et un reproches qu'on peut leur faire, les membres votants des Golden Globes ne se trompent pas trop souvent, bien que leur vote diffère généralement de celui des 5600 électeurs de l'Académie qui pilote la soirée des Oscars.

L'an passé, Argo de Ben Affleck, récompensé aux Golden Globes comme aux Oscars, fut, avec quelques autres titres, l'exception qui confirmait la règle.

Cette année, il y a fort à parier que l'issue du vote des Golden Globes sera différente de celle des Oscars. Je prédis déjà que les Golden Globes récompenseront Gravity comme meilleur drame et American Hustle comme meilleure comédie alors que l'Oscar du meilleur film de l'année ira à 12 Years a Slave de Steve McQueen.

Quant au meilleur film étranger, je prie pour que Le passé, le percutant film de l'Iranien Asghar Farhadi, gagne à nouveau, comme ce fut le cas il y a deux ans avec La séparation, mais le vote paraît déjà très divisé entre La vie d'Adèle et La Grande Bellezza, de l'Italien Paolo Sorrentino.

Pour le reste, on sait déjà que le champagne coulera à flots, que les vedettes seront pompettes et que leurs discours, non régis par un chronomètre psychorigide comme aux Oscars, seront rafraîchissants sinon hilarants. Et que tout cela ne fera que confirmer la gloire retrouvée des Golden Globes.




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