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Divines idoles à prix fort

Jeudi, Oprah a attiré 150 fans finis à... (PHOTO FOURNIE PAR EVENKO)

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Jeudi, Oprah a attiré 150 fans finis à son «Meet and Greet».

PHOTO FOURNIE PAR EVENKO

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Gemma, une gothique britannique quadragénaire, était tellement nerveuse de rencontrer son idole, la chanteuse pop Katy Perry, qu'elle a calé trois Jack Daniels avant. Sur un forum de discussion, elle fait le compte-rendu de sa rencontre et affirme que ce fut le plus grand jour de sa vie. Elle donne tous les détails: la photo avec Katy, l'autographe de son idole sur la pochette de ses deux CD, le cri de Katy à la vue de ses ongles et de son jonc de mariage.

À noter que le plus beau jour de la vie de Gemma a duré, en tout et pour tout, probablement moins de 120 secondes, et qu'il a coûté entre 1000 et 1500 $. Même avec une place aux premières loges du spectacle, ça fait cher de la seconde.

Les Américains ont une très jolie expression pour décrire le phénomène. Ils appellent ça le «Meet and Greet», un commerce de plusieurs millions de dollars qui, pour ce que j'en comprends, est une forme à peine déguisée de prostitution, puisque l'idole y monnaie un rapprochement physique et photographique avec ses sujets, et cela, rarement pour autre chose que son enrichissement personnel.

Katy Perry n'est pas la seule à offrir de tels forfaits. Justin Bieber le fait, le groupe One Direction aussi, même Beyoncé, qui n'est quand même pas à court de liquidités.

Lors de sa tournée en 2009, la chanteuse multimillionnaire chargeait 1970 $ pour une rencontre/photo en coulisses, assortie d'une place dans les premières rangées pour assister à son concert. J'ai hâte de voir les tarifs du M&G de sa nouvelle tournée.

C'est à cause d'Oprah, qui était de passage à Montréal cette semaine, que je me suis intéressée au phénomène des «Meet and Greet».

Jeudi, dans un des salons du Centre Bell, son «Meet and Greet» a attiré 150 fans finis, qui étaient soit riches à craquer, amis avec des commanditaires prospères ou encore clients d'entreprises généreuses qui, espérons-le, n'en ont pas profité pour faire de la collusion.

Jeudi, donc, tout ce beau monde était convié à un 5 à 7 avec Oprah. Pour environ 1200 $ le billet, ils ont eu droit à du vin et des bouchées salées (moins savoureuses que celles du cocktail de Lise Watier à côté). Mais attention, impossible de repartir avec la photo pour la montrer aux amis ou au patron le lendemain.

Une fois la photo prise, elle est retouchée, nettoyée, purgée des rides et des kilos en trop d'Oprah (ou de son invité), puis expédiée à l'équipe d'Oprah pour approbation, et finalement envoyée par courriel quelques jours plus tard.

La veille de la rencontre, le site Kijijii offrait trois billets de M&G avec Oprah à 4999 $ l'unité. Le lendemain, les trois billets s'étaient envolés.

En méditant sur le fait qu'au moins trois personnes à Montréal ont craché chacune 5000 $ pour une photo refaite au montage avec Oprah, j'ai cherché pour qui - homme ou femme - je serais prête à allonger le bras à ce point-là.

J'ai cherché et cherché avant de conclure qu'il n'y avait personne. Vraiment, sincèrement, personne. Même pas Madonna, Bill Clinton, Woody Allen, le pape ou la reine d'Angleterre. Personne!

Cela n'a rien à voir avec mon statut de journaliste ni à l'accès privilégié que mon métier me confère parfois.

Je ne comprends tout simplement pas la valeur, non pas marchande, mais morale et humaine d'une photo figée et retouchée prise avec Oprah, Justin ou Beyoncé.

Si au moins cette photo représentait une réelle rencontre, un échange, un rapport humain quelconque, je ne dis pas. Mais les photos des «Meet and Greet» ne représentent rien d'autre que de l'idolâtrie à l'état pur, un phénomène vieux comme le monde qui, autrefois, était réservé aux divinités et qui, aujourd'hui, est fait de vide, de vent, de silences gênés et de formules toutes faites.

Payer 1000 ou 5000 $ pour frôler le coude de son idole et échanger des banalités le temps que l'appareil photo fasse clic est non seulement absurde, c'est indécent. À ce prix-là, autant se payer les services d'une vraie prostituée.

ON EN PARLE TROP

La liste des noms des 46 Québécois qui ont placé de l'argent dans des paradis fiscaux. On parle beaucoup de cette liste et du fait que les gouvernements veulent mettre la main dessus, mais à quoi sert cette liste si on ne nous donne jamais les noms qui y figurent?

ON N'EN PARLE PAS ASSEZ

De l'absurdité de la pub de Loto-Maxx placardée en ville et dont le héros, un dénommé William, recherche une jolie lectrice à la robe rouge qu'il a vue dans un parc. Environ 4000 personnes se sont fait prendre et ont appelé au numéro de William. C'était quoi le but? Montrer qu'en gagnant au Loto-Maxx, on a du temps à perdre? Navrant.




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