DSK, la maladie chronique

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C'est reparti! On croyait qu'on en avait fini avec DSK, ses frasques, ses folies, ses putes, ses orgies, ses poursuites, ses procès. On l'a vu nouer lui-même la corde autour de son cou. Une fois ses cautions payées, ses victimes dédommagées, son divorce consommé et sa carrière détruite à jamais, on se disait que l'homme, bouffé jusqu'à l'os, n'avait plus qu'à disparaître. Mais non.

Voilà qu'il revient au-devant de la scène publique comme un cauchemar ou comme une maladie chronique. Il revient par l'entremise de Belle et Bête, un roman à clé sulfureux dont l'auteur - la journaliste Marcela Iacub - a donné la clé et le code d'accès avant même la parution du bouquin. Ce qui est un brin suspect.

Vous écrivez une histoire en prenant la peine de brouiller les pistes, de changer les noms et d'inventer des scènes de pure fiction et à la première occasion vous déballez tout. Cherchez l'erreur...

«Tu étais vieux, tu étais gros, tu étais petit et tu étais moche. Tu étais machiste, tu étais vulgaire, tu étais insensible et tu étais mesquin. Tu étais égoïste, tu étais brutal, tu n'avais aucune culture. Et j'ai été folle de toi» écrit en guise de présentation Macerla Iacub, qui est aussi à ses heures chroniqueuse pour le journal Libération.

Comme Belle et Bête tourne autour de sa relation sexuelle torride avec DSK, que peu de détails intimes nous sont épargnés et que DSK y est décrit sous les traits d'un cochon magnifique, mais d'un cochon tout de même, une poursuite n'a pas tardé à montrer le bout du nez ou de son museau. Au choix.

DSK a poursuivi tout le monde et a gagné ou presque. Il n'a pas réussi à faire interdire le livre, mais le Nouvel Obs, qui en avait publié les meilleurs extraits, a dû lui verser 25 000 euros en dommages et intérêts. Quant à Stock, en plus de l'amende de 50 000 euros, l'éditeur a été forcé de glisser dans chaque exemplaire du bouquin un encart informant le lecteur que «ce livre porte atteinte à la vie privée de Dominique Strauss-Kahn». La belle affaire! Voir si un tel encart va freiner l'appétit voyeuriste des lecteurs. À mon avis, il n'y aura pas de frein, mais une ruée, y compris au Québec, où Belle et Bête arrivera en librairie à la fin mars.

Certains critiques français ont célébré les grandes qualités littéraires de cet essai qui mêle fiction, psychanalyse et téléréalité. On verra si ces qualités traversent le temps. En attendant, on peut se poser de sérieuses questions sur l'intégrité de l'auteur. D'abord, Iacub semble s'être servie de sa tribune et des chroniques où elle se portait à la défense de DSK au plus fort de la crise du Sofitel, pour l'amadouer. Puis elle a continué à écrire sur lui dans Libé alors qu'elle était devenue sa maîtresse. Un courriel qu'elle lui aurait envoyé dernièrement a été évoqué au procès. Iacub y demande pardon à DSK, plaidant qu'elle a été entraînée malgré elle dans ce projet par des gens qui se sont servis d'elle, qu'elle lui a joué la comédie pour pouvoir écrire le livre et que depuis, sa conscience la tourmente. Mieux vaut tard que jamais.

Le livre se termine sur une scène de rupture où la Belle demande au cochon de lui bouffer l'oreille, tâche dont DSK s'acquitte avec diligence, envoyant la Belle aux urgences et la condamnant temporairement à porter un turban. Le problème, c'est que Iacub a déclaré qu'elle avait inventé la scène de toutes pièces tout en posant avec un turban. Mais alors pourquoi cette mise en scène photographique? demande le journaliste de rue89. Pourquoi? Parce que cette fille n'est pas nette.

Quant à DSK, après les essais, les enquêtes, les romans à clé, il fera l'objet d'un film d'Abel Ferrara avec Gérard Depardieu dans le rôle-titre. Si j'étais DSK ,je prendrais les devants et je commencerais tout de suite à écrire DSK, The Musical. Sur Broadway, ça ferait un tabac.

On en parle trop

Le dernier repas, le dernier discours, la dernière prière, la dernière apparition,le dernier tour d'hélico: cela fait des jours qu'on nous casse les oreilles avec la vacance annoncée du Saint-Siège. Le pape est parti. C'est fini. Pourrions passer à un autre appel?

On n'en parle pas assez

Les déclarations de Tom Flanagan, l'ex-conseiller et mentor de Stephen Harper, voulant qu'il n'y a pas de mal à regarder des images de pornographie juvénile. Après tout, c'est juste des images, a-t-il déclaré cette semaine à des étudiants de l'Université de Lethbridge. Il s'est excusé depuis, mais, YouTube oblige, ses paroles ne s'envolent pas.

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