Les grandes chaleurs de l'été

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Finalement, malgré la pluie et la grisaille, l'été 2009 a été plus chaud qu'on le pense. Tellement chaud, que j'ai décidé de dresser un palmarès des images, événements, phénomènes culturels et autres coups de chaleur qui ont marqué MON été 2009. Je vous les donne en vrac.

La provocation de l'été: Sharon Stone, les seins nus sur la couverture de Paris Match, nous narguant avec ses biceps en kryptonite, ses jambes en acier agrégé et son corps remodelé à prix fort. Non seulement la déesse a-t-elle l'audace de nous balancer ses 50 ans siliconés au visage, mais elle pousse la provocation jusqu'à déclarer: «Je ne comprends pas toutes ces femmes qui veulent toutes se ressembler et qui se font tirer la peau jusqu'à perdre toute expression.» Pardonnez mon impertinence, mais si cette fille n'est pas entièrement et chirurgicalement refaite de la pointe des pieds jusqu'à la racine des cheveux, moi je suis bonne soeur ou, mieux encore, la femme du dalaï-lama.

Le phénomène de l'été (dans le même ordre d'idée): les couguars, ces mammifères carnassiers au pelage fauve, pour ne pas dire ces femmes-panthères de 50 ans et des poussières qui refusent d'avoir l'âge de leurs artères et qui abandonnent les vieux schnocks pour de jeunes hommes en fleur. C'était le sujet des Grandes chaleurs, de Sophie Lorain, un charmant petit film tout en subtilités et en nuances qui, à mon humble avis, méritait beaucoup mieux que l'appréciation tiède et sans enthousiasme que les critiques lui ont réservée. Bande de jaloux, allez!

La lubie de l'été: les reborn dolls, ou poupées ressuscitées, qui prennent les traits d'authentiques nouveau-nés et qui sont accouchés par des artistes «reborneuses» comme la Québécoise Danielle Clavette. Faits de vinyle et de silicone, ces poupons aussi inanimés que des morts font le bonheur de mères orphelines et sans doute névrosées, mais qui ont de toute évidence les moyens de leurs névroses puisqu'un modèle unique peut coûter jusqu'à 4000 $.

La mort la plus rentable de l'été: celle de Michael Jackson, qui avait bien raison de croire qu'il valait plus cher mort que vivant. À la mi-juillet, trois semaines après sa mort, il avait vendu, selon le Los Angeles Times, 9 millions de CD et récolté 1 million de touches sur 38 000 juke box américains. Voulant profiter du courant, CNN est devenue la voix officielle de la famille Jackson, de ses amis, de ses domestiques ou de quiconque avait déjà mangé le même poulet frit que le roi de la pop. Manque de chance, les cotes d'écoute de CNN n'ont pas suivi les ventes de CD.

La vidéo la plus cruelle de l'été: celle de Neda, cette jeune iranienne de 27 ans, abattue en pleine rue lors d'une manif contre Ahmadinejad et que l'on voit mourir en direct sur YouTube. Dès le premier clic, j'ai été incapable de me rendre jusqu'au bout de ces images insoutenables, où le sang inonde lentement son beau visage alors que la vie se retire d'une jeune femme dont la mort a éveillé notre conscience tout en la meurtrissant à jamais.

La vidéo la plus loufoque de l'été: les mariés dansants qui ont tellement dansé que, une fois la danse terminée, ils se sont fait voler la vedette sur YouTube par les divorcés dansants. Dans un cas de figure comme dans l'autre, une question se pose sur ces chorégraphies collectives qui doivent nécessiter temps, effort et argent: les gens n'ont-ils rien d'autre à faire que de monter des numéros de claquettes pour YouTube?

Le congédiement de l'été: Rachelle Lefevre, la rousse montréalaise, héroïne très, très secondaire du premier Twilight, qui, après avoir tourné la suite, Twilight 2, New Moon, a été remerciée de ses services pour le troisième volet, au grand dam des milliers de fans qu'elle ne savait même pas qu'elle avait. Pas fous, ses producteurs lui ont fait faire le service après vente de New Moon avant de lui annoncer la mauvaise nouvelle. Si vous la voyez en entrevue à la sortie du film, dites-vous que, au moment où elle l'enregistrait, elle se croyait éternelle et que, aujourd'hui, elle l'est devenue.

La leçon d'économie de l'été: un article de près de 20 pages publié dans le Rolling Stone de la mi-juillet et signé par Matt Taibbi sur l'immense machine à bulles de Goldman Sachs, ou comment ce puissant vampire financier manipule les Américains depuis la dépression des années 30 et comment, après avoir siphonné des milliards aux contribuables américains, le vampire continue de faire la pluie et le beau temps à Wall Street comme à Washington.

Les guerres de l'été: Tremblay contre Labeaume. Montréal contre Québec. Les FrancoFolies contre le Festival d'été de Québec. Juin contre juillet. Et quoi encore?

La leçon d'enrichissement personnel de l'été: la décision du président sénégalais Abdoulaye Wade de s'octroyer 35% des recettes que générera un site commémoratif où sera érigée la plus grande statue de bronze au monde. Même s'il n'a pas dessiné le monument, le président estime qu'il en est l'auteur et réclame donc des droits d'auteur.

Si j'étais Alain Simard, j'offrirais un billet d'avion pour Dakar au maire Labeaume, histoire de lui montrer ce que c'est, un vrai gars qui prend l'argent des contribuables pour le mettre dans sa propre poche.




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