Et vos matières résiduelles ?

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Comment va la gestion de votre bac brun ? Quoi ? Vous n'en avez pas encore ? Pauvres vous... Eh bien, laissez-moi vous parler de cette étape cruciale de la vie d'un citoyen responsable.

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Les environs du café Cléopâtre seront grandement transformés par le projet immobilier de la Société de développement Angus, qui devrait être complété dans deux ans.

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Des bacs bruns servant à la collecte des matières résiduelles jonchent la rue Saint-Hubert, à Montréal.

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Je fais partie des 95 000 Montréalais qui, depuis quelques semaines, possèdent tout l'attirail nécessaire pour recycler les matières résiduelles. Je m'ajoute aux 320 000 ménages qui ont droit à ce service de collecte.

Peu après les Fêtes, j'ai donc reçu un bac brun à roulettes, un petit bac à installer sous l'évier, ainsi que des échantillons de sacs en plastique ou en papier. Tout cela était accompagné d'une série de conseils et d'instructions que j'ai lus attentivement en me disant qu'on aurait dû plutôt demander à Pôpa de La petite vie de venir nous offrir une formation de trois heures un samedi matin dans un centre communautaire du Plateau Mont-Royal, là où j'habite (eh oui, je fais partie de cette effroyable clique).

J'ai d'abord lu le livret d'instructions dans lequel on nous explique ce qu'il faut faire ou ne pas faire, ce que l'on peut mettre ou ne pas mettre, comment éloigner les écureuils et les mouches à fruits, etc. Quand je suis tombé sur le passage où l'on nous donne comme conseil de « mettre du papier journal dans le fond du bac pour absorber le surplus de liquide », j'ai tout de suite compris que j'allais adorer faire du compostage, surtout au mois d'août, en pleine canicule.

Mais bon, j'ai choisi d'habiter au centre-ville et d'être à la fois un bon citoyen, je vais donc gérer mes liquides.

J'ai aussi pris connaissance du nouvel horaire des collectes. Celle du recyclage et des matières alimentaires a lieu en même temps, une fois par semaine. Celle des « déchets classiques » a maintenant lieu une seule fois par semaine.

Il semble que de nombreux citoyens, de même que des responsables de la collecte et certains fonctionnaires de l'arrondissement, n'aient pas lu les instructions. Depuis trois semaines, c'est le chaos total dans mon quartier. Les sacs-poubelle ordinaires côtoient les sacs bleus et restent sur les trottoirs pendant des jours. On ne sait pas si on est trop tôt ou trop tard. J'ai rentré mes sacs à l'intérieur deux fois de peur de recevoir un constat d'infraction et de recevoir la visite de l'« éventreur de sacs ».

En effet, Boston a eu son étrangleur, nous, nous avons un éventreur qui, la veille des collectes, déchire vigoureusement les sacs de vidange et de recyclage dans le but de trouver des bouteilles et des cannettes consignées. Évidemment, cela a pour effet de répandre partout des détritus que les éboueurs ne ramassent pas et qu'on doit mettre le lendemain matin dans de nouveaux sacs. Du grand plaisir !

Quant aux bacs bruns, les gens ne savent pas où les mettre avant, pendant et après la collecte. Devant l'immeuble ? Dans le banc de neige ? Sur le trottoir ? Sur le balcon avant ? Sur le balcon arrière ? Dans le salon ? Devant le foyer ? Ce n'est pas clair. Comme dirait Robert Lepage, c'est un « work in progress ».

Ma rue (surtout composée d'immeubles à trois, quatre ou six logements) est jonchée de bacs bruns depuis trois semaines. On en voit partout. C'est comme une installation artistique urbaine de créateurs suédois. C'est surtout un joyeux bordel.

Bref, ce décor s'ajoute à celui du déjà très déprimant mois de février qui précède le printemps brun de Montréal. Non, il n'est pas facile d'être un bon citoyen. Mais si cela peut offrir un meilleur avenir à ma planète, je suis alors prêt à faire tout cela.

Un avertissement, toutefois : que je n'apprenne jamais que de véreux responsables de la collecte de matières résiduelles enfouissent tout cela dans de vulgaires dépotoirs au lieu d'en faire du compost. Je leur verse mon bac brun rempli de liquide sur la tête.

CLÉOPÂTRE AU MILIEU DES RUINES

Êtes-vous passé par l'ancien Red Light (coin Saint-Laurent et Sainte-Catherine), ces derniers jours ? Les pelles mécaniques s'en donnent à coeur joie. Les travaux de démolition en vue du projet du carré Saint-Laurent vont bon train. En début de semaine, on s'affairait à retirer les reliquats des immeubles qui se trouvaient là.

Dans deux ans, un immeuble ultra moderne occupera l'espace situé entre le Monument-National et la rue Sainte-Catherine, le boulevard Saint-Laurent et la rue Clark. Il accueillera des centaines de fonctionnaires du gouvernement du Québec et le Centre d'histoire de Montréal. Une foire alimentaire rassemblera des marchands au rez-de-chaussée.

Ce projet de la Société de développement Angus (SDA) a été long à démarrer. Souvenez-vous de la résistance qu'a offerte le propriétaire du Café Cléopâtre, l'un des derniers vestiges de ce quadrilatère.

Son opposition fait qu'aujourd'hui, il se retrouve seul au milieu d'un véritable champ de bataille. Pourra-t-il tenir le coup pendant toute la période de construction ?

L'autre question que je me pose est : comment réussira-t-on à marier l'architecture de cet édifice réalisé par les architectes Provencher_Roy à l'immeuble du Café Cléopâtre ? Le directeur de projet à la SDA, Philippe Lamarre, m'a dit que le concept était en attente d'une confirmation de la Ville de Montréal et du ministère de la Culture. Il m'a surtout dit que, malgré la farouche bataille qu'a menée le propriétaire du Café Cléopâtre, la présence de ce bar de travestis et de danseuses apporte quelque chose de positif dans le projet. « Cela nous empêche de trop aseptiser la rue », m'a-t-il dit.

Voilà une manière très constructive de voir les choses.

GARE OU REFUGE ?

L'ancienne gare d'autocars de Montréal, située sur le boulevard De Maisonneuve, entre Saint-Hubert et Berri, était devenue ces derniers temps un lieu lamentable. Les voyageurs qui descendaient à la nouvelle gare et qui empruntaient le long corridor de l'ancienne pour se rendre à la station de métro Berri-UQAM avaient droit à un spectacle affligeant.

Itinérants ivres, toxicomanes en crise ou en train de s'injecter de l'héroïne, forte odeur d'urine, vitres graffitées... Disons que les touristes et les Montréalais qui passaient par là n'avaient pas tellement envie d'y traîner.

Je suis retourné faire un tour lundi dans ce lieu qui appartient à la Société québécoise des infrastructures (SQI). Une opération de « nettoyage » a été menée au cours des derniers jours. Il n'y avait aucun itinérant, les lieux étaient propres et deux policiers assuraient une surveillance.

Ce lieu abandonné représentera toutefois un certain défi. Hiver comme été, les itinérants tenteront de s'y réfugier.

Situé à deux pas du parc Émilie-Gamelin, il est un endroit privilégié pour ceux qui refusent de s'en remettre aux refuges de la ville.

Un agent de sécurité mis en place par la SQI assure une surveillance en permanence. Un porte-parole de l'organisme m'a confirmé qu'un projet était à l'étude afin de trouver une vocation à ce lieu devenu vacant depuis cinq ans. En 2013, le gouvernement Marois avait en tête de construire un édifice pour abriter Revenu Québec. Il a aussi été question d'un projet de marché public.

Vivement un projet concret et original, car ce lieu est une plaie au coeur de ce quartier qui connaît une renaissance.




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