Ramasse tes cochonneries!

Montréal a décidé de s'en prendre au problème... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE)

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Montréal a décidé de s'en prendre au problème de déchets dans la ville grâce à une campagne publicitaire à cinq volets.

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Mario Girard
La Presse

Quand Anie Samson, mairesse de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, a vu la stratégie publicitaire qu'on lui suggérait pour promouvoir la propreté dans la ville de Montréal cet été, elle a dit non. Responsable des services au citoyen, elle voulait plus, elle voulait mieux.

« Le maire [Coderre] et moi voulions faire passer le message de manière plus mordante », m'a-t-elle raconté cette semaine. C'est pourquoi nous avons droit à une campagne publicitaire à cinq volets que l'on peut voir depuis le mois de juillet un peu partout, y compris dans les stations de métro. Sur l'une des publicités, on voit un homme attablé à la terrasse d'un café avec, non loin de lui, une énorme crotte de chien. Sur une autre, on aperçoit un enfant dans une ruelle dont le passage est bloqué par un matelas abandonné. Sur une troisième, une petite fille s'amuse dans un bac de sable avec un gigantesque mégot de cigarette à ses côtés.

Et au bas de ces publicités, ce message : « Penses-y avant de laisser tes cochonneries ! » J'avoue que j'ai sursauté quand j'ai vu cela. D'abord, l'utilisation du tutoiement. Il y a dans ce ton familier quelque chose de parental, d'autoritaire. Et puis, l'emploi du terme « cochonneries », un québécisme qui dit ce qu'il a à dire. Bref, il est clair que les concepteurs de cette campagne se sont dit qu'ils allaient utiliser la méthode forte.

Cette approche est inspirée de campagnes publicitaires qu'on a vues dans certaines villes européennes et ailleurs en Amérique du Nord. Il y a deux ans, Toronto a tiré sur les mêmes ficelles en créant une campagne où l'on apercevait des emballages de marques populaires qui jonchaient le sol et sur lesquels, au lieu du nom des produits, on pouvait lire « Pig » ou « Lazy ». Quant au slogan, il disait ceci : « Littering says a lot about you » (Jeter des déchets dans la rue en dit long sur vous).

Ces campagnes veulent secouer les citoyens. Elles veulent les faire sentir coupables, c'est sûr. Elles veulent surtout leur rappeler la nature de leur relation avec leur ville.

Le problème est là à mon avis. Trop de gens considèrent que la ville leur appartient. Or, elle ne leur appartient pas une miette. Une ville est un cadre commun.

Quand je vois des gens venir coller des affichettes sur le mobilier urbain, j'ai envie de les insulter (d'ailleurs je l'ai déjà fait). De quel droit viennent-ils abîmer un lampadaire qui a coûté des milliers de dollars et qui a été payé avec mes taxes ? Ils apposent ces affichettes avec de la colle ou du ruban adhésif sans demander la permission à quiconque. Lorsque les employés de la Ville enlèvent (finalement) ces publicités hideuses avec leurs grattoirs, ils abîment évidemment les poteaux. Il n'y a pas de mobilier urbain à Montréal qui soit en bon état. Cela contribue à faire de Montréal une ville abîmée, détériorée, poquée, patchée et déprimante.

Je trouve cela triste qu'on soit rendu à produire des campagnes publicitaires aussi paternalistes (la campagne comprend des interventions « éducatives » dans des lieux publics avec des artistes de cirque qui font des leçons de propreté aux gens). Mais en même temps, je ne peux que saluer l'audace de ceux qui ont décidé de la faire. Nous sommes rendus là, malheureusement.

Je sais que ces messages rejoindront beaucoup de citoyens. Mais je sais aussi qu'ils sont nombreux à penser que Montréal, même poqué, patché et détérioré, est tellement « cool » et que cela fait partie de son « âme ».

Ce sont les mêmes qui, en rentrant de Chicago ou de Londres, trouvent ces villes tellement « cool ». Et propres.

LE SUCCÈS DES JARDINS GAMELIN

Il n'y a pas si longtemps, le parc Émilie-Gamelin était un endroit peu invitant. C'était le repaire des revendeurs de drogue et d'une faune peu rassurante. L'équipe du Quartier des spectacles a redonné vie à cet endroit fort bien situé avec la création des Jardins Gamelin. De mai à octobre, sept jours sur sept, on a maintenant droit à des spectacles et à de l'animation qui ont procuré un nouveau souffle à ce parc.

Il faut bien donner des taloches quand il le faut, mais quand vient le temps de souligner le succès de certaines initiatives qui portent leurs fruits, il faut aussi le faire. Bravo aux concepteurs des Jardins Gamelin et à ceux qui permettent que ça existe !

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