La petite quéquette de Trump

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Depuis vendredi, le nom d'Illma Gore, une artiste australo-américaine de 24 ans, circule abondamment. Tous les grands quotidiens ont parlé de son oeuvre Make America Great Again, qui montre Donald Trump avec un micropénis.

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Mario Girard
La Presse

Un tableau fait beaucoup jaser depuis vendredi. Exposé à Londres, il montre Donald Trump dans son plus simple appareil. Il n'y a pas de quoi fouetter un chat, me direz-vous. Mais là où le bât blesse, c'est que le tableau nous montre le coloré candidat républicain avec un micropénis. Tout un affront pour celui qui se vantait il n'y a pas si longtemps d'avoir un gros engin.

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À l’émission La soirée est encore jeune, samedi, Renée-Claude Brazeau a suscité un malaise en faisant une blague au sujet de l’apparence de Marie-France Bazzo.

Photo fournie par Radio-Canada

L'Australo-Américaine Illma Gore est à l'origine de cette oeuvre exposée à la galerie Maddox de Londres. Intitulé Make America Great Again (Rendre sa grandeur à l'Amérique), en référence au slogan de la campagne de Donald Trump, le tableau a été réalisé au crayon pastel et à l'huile. Le prix demandé s'élève à 1 million de livres, soit environ 1 800 000 dollars canadiens.

Installée à Los Angeles, l'artiste de 24 ans avait d'abord présenté son tableau sur Facebook le 10 février dernier. Elle avait tout simplement écrit: «Because no matter what is in your pants, you can still be a big prick.» (Car peu importe ce qu'il y a dans votre pantalon, vous pouvez toujours être un connard.)»

Selon un communiqué de presse de la galerie, l'oeuvre a été censurée aux États-Unis. On y apprend que la publication du tableau sur Facebook et eBay aurait été retirée par les gestionnaires de ces sites à plusieurs reprises. L'oeuvre aurait été néanmoins vue par 50 millions de personnes sur le web et les réseaux sociaux.

L'artiste aurait également reçu des centaines de menaces de mort de la part de sympathisants de Trump. Toujours selon elle, plusieurs galeries américaines auraient par la suite refusé d'exposer son tableau, de peur d'être la cible de représailles.

Avant vendredi, Illma Gore était peu connue du grand public. Son parcours est mince. Cette jeune féministe, spécialisée dans l'art de la rue, a fait quelques performances, dont une qui consistait à demander aux gens de signer leur nom sur son corps. Depuis vendredi, le nom d'Illma Gore circule abondamment. Tous les grands quotidiens ont parlé d'elle et de son tableau.

Illma Gore, qui trouve que Donald Trump est «une vieille tarte misogyne et raciste», a expliqué sa démarche de la façon suivante: «Make America Great Again a été créé pour provoquer une réaction du public, bonne ou mauvaise, sur l'importance que nous accordons à notre apparence physique. Nous ne devrions pas être définis par la taille de notre pénis ou de notre vagin, de même qu'ils ne déterminent pas notre genre, notre pouvoir ou notre statut.»

Bref, elle nous dit qu'on peut être misogyne et raciste et avoir un petit pénis. Mais aussi, qu'on peut être quelqu'un d'intelligent, un humanitaire magnanime ou un généreux philanthrope et avoir un petit pénis. Wow! Quelle surprise!

J'ai aussi peu de respect pour les idées de Donald Trump que l'artiste peut en avoir, mais je trouve qu'elle nous ment en pleine face quand elle nous asperge de ces explications à la gomme.

Illma Gore a représenté Donald Trump nu dans un seul but: pouvoir le montrer avec un petit pénis.

En représentant Donald Trump ainsi, elle veut l'affaiblir, le rendre vulnérable, l'humilier. Je trouve que pour l'ensemble de ses commentaires sexistes et misogynes, Donald Trump mérite amplement cet affront. Mais Illma Gore devrait assumer simplement sa démarche et défendre son geste de cette façon.

J'observe cette escalade, et je ne peux m'empêcher de penser que je suis en face d'une grande mise en scène brillamment orchestrée. Et de trouver que tout cela reflète bien l'époque dans laquelle on vit. Tous les ingrédients sont réunis pour un coup fumant: un politicien qu'on aime détester, un tableau choquant, la censure, les réseaux sociaux, un prix exagéré. En même temps, un côté de moi trouve cette machination hautement fascinante.

Le tableau de l'artiste Illma Gore représentant Donald Trump est... (PHOTO AFP) - image 2.0

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Le tableau de l'artiste Illma Gore représentant Donald Trump est exposé depuis vendredi à la galerie Maddox de Londres.

PHOTO AFP

Ce qui est décevant dans le cas d'Illma Gore, c'est que ce n'est pas la première fois qu'un artiste nous fait le coup. Souvenez-vous du tableau de Stephen Harper nu. Il y a aussi eu la série de l'artiste Cristina Guggeri consacrée à différentes personnalités, dont Élisabeth II, Obama, Poutine et le pape François représentés assis sur le siège de toilette.

Je ne donnerais sûrement pas de prix d'originalité à Illma Gore. Ni de mention spéciale pour sa franchise. Mais je lui décernerais tout de go la palme d'or du marketing.

La blague de trop

Parlant d'une fille qui veut attirer l'attention sur elle, Renée-Claude Brazeau n'a pas manqué son coup, samedi, à l'émission La soirée est encore jeune. Alors qu'on parlait de son véhicule récréatif garé devant le bar d'où est diffusée l'émission, l'animateur Jean-Philippe Wauthier a dit: «C'est un peu surprenant, car nous sommes dans le Mile End, et la plus grosse chose qu'on voit ici sur quatre roues, c'est...» «Marie-France Bazzo?», a lancé Renée-Claude Brazeau.

La blague a suscité rires et malaise dans le public. Ce commentaire, digne des cours d'école, était d'autant plus surprenant qu'il suivait un long dithyrambe sur la beauté, la laideur et l'apparence physique de la part de l'auteure de La galère.

Certains invités d'émissions de radio ou de télé se mettent inutilement une pression pour «scorer». Tout le monde en parle et La soirée est encore jeune en sont de bons exemples. On se retrouve en face d'animateurs ou de collaborateurs qui dégainent à la vitesse de l'éclair. On veut faire mieux, on veut être à la hauteur. Et c'est souvent là que la blague maladroite jaillit.

Peu après cet instant lourdaud, Renée-Claude Brazeau a ajouté: «Je ne pensais pas ce que j'ai dit sur Marie-France Bazzo, je l'aime. Je suis mal.» Ce n'est pas vrai. Quand on balance ce genre de truc, on le pense. Le problème, c'est qu'il n'y a pas les filtres nécessaires pour bloquer sa sortie. Et les filtres, ils étaient en option lorsque Renée-Claude Brazeau est née.

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