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Pénélope McQuade anime Parce qu'on est en 2016 à Première... (PHOTO FOURNIE PAR ICI RADIO-CANADA)

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Pénélope McQuade anime Parce qu'on est en 2016 à Première Plus.

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Mario Girard
La Presse

Radio-Canada a tendance à beaucoup chouchouter la télévision au détriment de ses autres rejetons. Mais voilà qu'elle se montre attentionnée pour la radio avec la création de Première Plus. Lancée il y a quelques jours, cette initiative va considérablement changer nos habitudes d'écoute et installe avec aplomb ce médium dans le XXIsiècle.

Basé sur le principe de la baladodiffusion, Première Plus est un site qui permet aux auditeurs d'écouter à leur guise l'ensemble des émissions d'ICI Première. Bien sûr, on pouvait déjà le faire grâce au site web, mais cette nouvelle zone a l'avantage de rassembler plusieurs produits et d'offrir une présentation conviviale.

Comme le «plus» de Première Plus l'indique, on a droit à une valeur ajoutée en fréquentant ce site. Des productions radiophoniques exclusives y sont offertes. Déjà, on a droit à une nouvelle émission animée par Pénélope McQuade qui a pour titre Parce qu'on est en 2016. Dans le confort de sa maison, l'animatrice accueille des invités et aborde des sujets pertinents comme la cyberviolence.

Léa Clermont-Dion et Pascale Lévesque sont venues témoigner de leur expérience et ont donné des exemples éloquents des attaques violentes qu'elles ont reçues par le biais des réseaux sociaux.

Une émission produite pour la baladodiffusion a nécessairement un ton différent d'une émission conçue pour une diffusion classique. «On parle à un auditeur à la fois, explique Robert Nadeau, directeur d'ICI Première. Ce contexte dicte un ton plus intimiste.»

On a aussi fait appel à Patrick Masbourian pour le segment La route des 20: sur les traces d'une génération, une tribune pour les Y. Dans la première émission, l'animateur est allé manger un burger avec un jeune transgenre. Encore là, le cadre favorisait la confidence.

On nous annonce pour très bientôt une nouvelle émission animée par Pierre Brassard, un «talk-show intime». On a hâte de découvrir ça.

Évidemment, ces émissions exclusives laissent croire qu'on se dirige vers une formule «extra et payante», calquée sur Tou.Tv. Robert Nadeau n'écarte pas cette possibilité.

Radio-Canada avait commencé à exploiter la richesse de ses archives sur son site internet. Pour Première Plus, on a eu la bonne idée de rassembler plusieurs segments sur un même thème. J'ai écouté le segment À quel âge devrait-on avoir le droit de voter. C'est fascinant de visiter ce sujet à travers cinq reportages réalisés entre les années 60 et aujourd'hui. Le hic, c'est qu'on ne sait pas toujours d'où provient le reportage, qui l'a fait et dans quel contexte.

Les amateurs de littérature sont gâtés. On a choisi des titres parmi la judicieuse liste de 100 livres «Les incontournables», préparée par l'équipe de Plus on est de fous, plus on lit, et on a demandé à des comédiens qu'on entend avec enchantement au cabaret de la même émission (Émilie Bibeau, Olivier Morin, Catherine Trudeau, Gildor Roy et d'autres) de prêter leur voix et leur talent.

Première Plus est la pièce du casse-tête qui manquait à la radio d'État.

De plus en plus de téléspectateurs, moi le premier, consomment la télé à la carte. Rares sont les fois où je m'installe devant mon téléviseur pour regarder une émission au moment où elle est diffusée. Finie la dictature du télé-horaire. Il en est de même aujourd'hui pour la radio.

C'est une liberté que l'on peut savourer à la maison ou en voiture, mais aussi quand on fait des tâches précises. Sur Première Plus, on peut choisir des moments radiophoniques selon leur durée. On part faire son jogging dans le parc La Fontaine et on ne dispose que de 45 minutes? Bang! On nous propose une liste de segments de cette durée.

En tout cas, moi, c'est décidé, je serai un accro de ce site et de cette manière d'écouter mes émissions préférées d'ICI Première. Les radios libres des années 70 revendiquaient la liberté d'expression. Quarante ans plus tard, la notion de liberté n'est plus tout à fait la même. On la prend quand même avec bonheur.

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