Les «pitounes» de la construction

Mary Niven, qui témoigne dans l'émission Casques roses... (Photo fournie par Télé-Québec)

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Mary Niven, qui témoigne dans l'émission Casques roses

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Mario Girard
La Presse

Pas facile d'être une femme et de porter un casque dur. L'excellent documentaire Casques roses nous fait prendre conscience des énormes difficultés que rencontrent les femmes qui ont choisi de travailler dans le domaine de la construction.

Réalisé par Karina Goma, le documentaire donne la parole à des femmes, jeunes pour la plupart, qui font leurs premiers pas dans cet univers fortement masculin.

Au Québec, seulement 1,38 % des travailleurs de la construction sont des femmes, alors que la moyenne nationale est de 3 %. Pourquoi cette infime représentation féminine ? Parce que les hommes bloquent le passage. Les chantiers de construction sont devenus les tavernes des années 70.

« Quand on prend un gars seul, il peut être très gentil, mais quand les gars sont en groupe, ils deviennent des monstres », raconte une travailleuse.

Les filles entendent beaucoup de commentaires désobligeants, des blagues sexistes, voient des dessins cochons sur les murs et se font beaucoup dire qu'elles ne sont pas assez fortes. « Moi, avec ma machine, je peux soulever n'importe quoi », réplique une fille.

Le film nous montre quelques jeunes femmes dans leur quête d'un emploi. Conclusion : il faut avoir les reins solides et la langue aguerrie pour se frayer un chemin dans ce domaine.

Le cas le plus troublant est celui de cette femme de Baie-Comeau, Mona-Lisa Fortin, qui a reçu des menaces parce qu'elle a refusé de coucher avec un collègue. Et comme elle a porté plainte, elle est « bloquée » chez tous les employeurs de sa région.

Le film de Karina Goma donne aussi la parole aux hommes. Si certains font preuve de franchise et d'ouverture d'esprit, d'autres dissimulent mal leur malaise à l'idée de travailler avec des femmes.

À cet égard, la palme revient à un professeur au DEP qui, lors d'un premier cours, a dit aux élèves masculins à propos de la seule fille de la classe : « Regardez-la bien, car demain, elle ne sera pas là. » Malheureusement pour lui, la fille est restée. Et elle travaille aujourd'hui dans le secteur.

Des filles racontent qu'après avoir donné leur « 150 % », elles ont enfin senti qu'elles étaient les égales de leurs collègues masculins.

Réunies autour d'un verre de vin dans un bar, des travailleuses se vident le coeur et s'encouragent. L'une d'elles raconte qu'un de ses collègues trouve qu'elle est une véritable « encyclopédie ». « Vaut mieux qu'on te traite d'encyclopédie que de "pitoune" », lance une autre fille.

Casques roses fait partie d'une série de documentaires intitulée Faut en parler. Produits par le Groupe PVP, ces films de 60 minutes abordent divers enjeux de société. Les deux premiers abordaient la violence faite au personnel des hôpitaux et la culture des armes. Les prochains aborderont la foi et la maltraitance envers les animaux domestiques. Une fois diffusés, les films sont archivés dans la section Faut en parler du site de Télé-Québec.

Casques roses, de Karina Goma, est disponible sur le site de Télé-Québec.

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