La première dame chante le blues

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Mario Girard
La Presse

La performance vocale de notre first lady lors d'un discours, lundi, à Ottawa est le gros buzz depuis deux jours sur les réseaux sociaux. Si ce moment «improvisé» en a charmé plusieurs, il a aussi suscité des réactions très négatives. Sophie Grégoire en fait-elle trop?

Invitée à prendre la parole lors d'une cérémonie soulignant le «jour de Martin Luther King» à l'hôtel de ville d'Ottawa, Sophie Grégoire s'est lancée a capella dans une chanson de son cru intitulée Smile Back at Me. Elle aurait composé cette chanson remplie d'espoir pour sa fille Ella-Grace, âgée de 6 ans, alors qu'elle traversait une période difficile.

Quelques heures plus tard, des DJ, dont Dom4good, publiaient des remix de la chanson. Il n'en fallait pas plus pour allumer les réseaux sociaux.

Les commentaires ont été très variés, allant de «Méchante cruche» à «Lovely moment».

Quand on regarde cette vidéo, on se demande si Sophie Grégoire n'en fait pas trop. Est-elle grisée par l'énorme renommée que lui procure l'élection de son mari?

Ils étaient plusieurs, mercredi, à trouver que l'épouse du premier ministre et ancienne animatrice de télé devrait se garder une petite gêne. Mais en même temps, on ne cesse de reprocher aux politiciens et aux gens de pouvoir d'être lisses, plates, gris, ternes, inodores et incolores.

Je trouve que c'est plutôt rafraîchissant de voir cela, surtout lors d'une cérémonie au cours de laquelle on ne devait sans doute pas danser sur la tête.

Il ne faudrait cependant pas que Sophie Grégoire abuse trop de ces effets scéniques et qu'elle lance un disque de ses plus grands succès dans deux ans. Là, je décrocherais.

Mercredi, des gens se scandalisaient d'un tel comportement de l'épouse du premier ministre. Ils devraient savoir que Margaret, la belle-mère de Sophie, a fait exactement la même chose dans les années 70. C'était lors d'un banquet officiel à Caracas.

Dans un article publié en octobre dernier, le Washington Post rapportait que Margaret avait fait cela pour rendre hommage à la première dame du Venezuela. La moitié de l'assistance a eu les larmes aux yeux pendant que l'autre moitié est demeurée crispée. Imaginez si Mick Jagger était venu la retrouver sur scène!

Ces «spécialistes» des nouveaux médias

J'en ai sérieusement ras le bol de voir ces collègues des médias concurrents se transformer en pseudo-spécialistes des nouveaux médias.

Mercredi, au micro d'Alain Gravel, Chantal Hébert y est allée d'une analyse vasouilleuse sur La Presse+. Chantal «McLuhan» émet des doutes quant à l'impact du format tablette. Selon elle, La Presse+ pourrait avoir «une moins grande influence dans le débat public» que La Presse en avait dans son format papier. Mais où pêche-t-elle cela? A-t-elle des données inédites que nous n'avons pas?

Pour avoir suivi chacune des étapes de ce vaste projet alors que je faisais partie de l'équipe de direction, je peux vous affirmer que rien ne nous permet d'entrevoir une telle chose.

C'était désolant d'entendre ça. D'autant plus que nous avions eu droit au début de janvier à une analyse brouillonne de Francine Pelletier sur le même sujet. La journaliste du Devoir a profité d'une balade en autocar au cours de laquelle elle a regardé le contenu de La Presse+ sur la tablette d'une voisine pour conclure que ce média contient trop de photos, donc qu'il «infantilisait». Pas fort, madame!

C'est bien de scruter le monde des médias, mais encore faut-il que l'analyse qui en découle repose sur une expérience réelle et sur des faits. Ce n'est pas en émettant des doutes sur tout et sur rien ou en rédigeant des chroniques impressionnistes sur les médias que vous allez aider l'industrie des journaux à s'en sortir. Vous aurez à tout le moins mangé la laine sur le dos de vos collègues! À moins que ça ne soit là votre envie.

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