Amélie et Julia, 22 ans, entrepreneures

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Amélie Gagnon, propriétaire de deux cafés, a obtenu l'aide financière de son père pour se lancer en affaires.

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Que faisiez-vous à 18 ans? À 21 ans?

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Julia De Vette, propriétaire d'un café à Boucherville, a obtenu l'aide de sa mère pour se lancer en affaires.

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Amélie et Julia, elles, lançaient leur entreprise.

Elles signaient toutes sortes de papiers les rendant bel et bien propriétaires d'un commerce. Une dans la couronne nord et l'autre sur la Rive-Sud. Avec pignon sur rue, des employés et tutti quanti. Amélie Gagnon a lancé L'Infusion, rue Principale à Lachute et vient d'acheter le Café des Artisans à Prévost et Julia De Vette a ouvert le Saint-Laurent Café Boutique, rue Saint-Charles, à Boucherville.

Et lorsque je suis allée les voir, leurs commerces étaient bien remplis de clients.

Julia et Amélie ne sont toutefois pas parties de rien du tout. Dans les deux cas, elles ont eu de l'aide financière de leurs parents, mais surtout, de précieux conseils, du mentorat familial et surtout, le virus de l'entrepreneuriat. Elles proviennent toutes les deux de familles d'entrepreneurs et illustrent parfaitement la statistique de l'Indice entrepreneurial québécois qui dit que provenir d'une famille d'entrepreneurs double la chance de vouloir le devenir soi-même.

Amélie Gagnon savait dès l'âge de 17 ans qu'elle voulait se lancer en affaires, m'explique-t-elle, assise dans son resto de Lachute, où elle fait des affaires d'or avec des grilled-cheese créatifs et des menus du midi trois services à 12,95 $. « Je regardais mon père aller et je savais que moi aussi je voulais faire ça. »

Son père, qui possède une entreprise de construction, lui a suggéré de chercher d'abord de l'argent pour acheter un commerce. « Il m'a dit : "Je vais doubler ce que tu auras mis de côté." »

Amélie décide notamment de prendre le peu d'argent qu'elle a déjà pour acheter et revendre une maison, elle qui vient juste de terminer sa 5e secondaire. Pas facile de convaincre la banque de lui prêter les sous pour l'achat, mais après trois essais, la Caisse Pop finit par accepter. 

La revente du bâtiment lui rapporte des profits. Elle achète son café en partenariat avec sa mère, et avec un plan pour rembourser ses parents.

« Je disais à mes amis depuis longtemps que je voulais faire ça, je n'avais plus le choix, par orgueil », lance-t-elle en riant.

Le café de Lachute a tellement bien marché qu'il y a quelques mois, elle a décidé d'acheter un autre restaurant à Piémont, encore avec l'aide de ses parents. « Ils croient en moi », dit-elle. Mais elle travaille des heures de fou. Les bébés ? Pas pour bientôt ! Et elle a maintenant 25 employés à gérer.

Son rôle ? Elle cuisine, sert, fait la caisse, gère l'équipe... C'est elle qui a conçu la décoration, le concept du restaurant. À Lachute, une ville où les revenus moyens ne sont pas très élevés, il faut avoir de l'imagination et un bon sens de la gestion pour garder des prix abordables et offrir quand même des plats différents du fast-food du coin. « On peut manger tous les midis ici pendant trois mois et ça ne sera jamais pareil », lance-t-elle fièrement.

***

Julia De Vette vient aussi d'une famille d'entrepreneurs. Sa mère, Brigitte Jalbert, est la présidente des Emballages Carrousel, une entreprise de 300 employées fondée en 1971 par son père. C'est elle qui a mis l'idée dans la tête de sa fille d'ouvrir un café dans le village de Boucherville.

Après des études collégiales en arts plastiques, Julia est allée étudier l'enseignement des arts à Concordia, mais après un mois à l'université, elle s'est avouée à elle-même que cela ne lui plaisait pas. « Je suis une personne de projets et je l'ai dit à ma mère. » Et c'est là que cette idée d'ouvrir un café a commencé à germer. Mère et fille sont allées chercher un plan d'affaires rédigé et remisé quelques années plus tôt par Brigitte et le projet était lancé.

Mme Jalbert a fourni les fonds et Julia ? « J'ai donné mon temps et tout mon coeur. Et je lui paie un loyer, car c'est elle la propriétaire de l'immeuble. » Le café est dans une maison historique du XIXsiècle, très joliment rénové par un jeune homme du coin, Félix Lavallée.

Le café a ouvert il y a un an. Et c'est un grand succès. Il faut dire que les amies de Julia, comme la populaire Marilou Bourdon de Trois fois par jour, savent très bien aider leur copine sur les réseaux sociaux. Julia elle-même nourrit Instagram, Facebook et cie. Selon Julia, c'est un des ingrédients cruciaux du succès de l'entreprise.

Le style du café ? Grano-moderne, avec des smoothies au chia, du café torréfié ici et là aussi, des grilled-cheese créatifs. On peut y prendre une bière et il y a une nouvelle terrasse. Julia a appris à aller chercher les permis...

La clientèle est majoritairement féminine, un mélange de milléniales, de nouvelles mamans avec leurs poupons et de femmes dans la cinquantaine et plus.

Julia gère 10 employées et se fait conseiller par sa mère, qui ne se mêle toutefois pas de la gestion quotidienne du café. Le papa, un jeune à la retraite, aide sa fille avec des menus travaux. « C'est mon bras droit », dit-elle.

A-t-elle d'autres projets en tête ? « Une boutique ! » D'ailleurs, Julia vend toutes sortes d'objets dans son café, notamment des bijoux artisanaux et des produits de beauté Jacynthe René qui partent comme des petits pains, dit-elle. Récemment, elle a proposé des cactus et ils sont tous partis quasi instantanément.

« Je crois qu'il y a un marché et j'aimerais tellement contribuer à redonner vie au Vieux-Boucherville ! »

Comment voit-elle son avenir ? Avec des bébés un jour. « Je veux tellement être avec mes enfants la même mère que ma mère a été pour moi ! »

D'autres restaurants ? « Je suis tellement occupée, c'est difficile de penser à un plan de carrière. » Mais il est clair, dit-elle, qu'il y a de la place en banlieue pour plus de cafés cool et indépendants. 

Trois conseils pour des jeunes qui veulent se lancer en affaires 

Amélie Gagnon 

1 - Toujours se faire confiance. Ne pas se laisser démoraliser par les autres. Prendre une attitude : « Je vais te montrer que je suis capable ! »

2 - Il est tout à fait possible et normal de faire des erreurs. Il suffit d'en tirer des leçons pour ne pas faire la même erreur deux fois.

3 - Avoir du « fun » dans ce qu'on fait, sinon ça ne sert à rien. Pour que ça marche, il faut s'investir tellement, si on n'a pas de passion, on ne se donnera jamais suffisamment.

Julia De Vette

1 - Savoir super bien s'entourer. On ne peut pas tout faire toute seule et c'est important de l'accepter.

2 - Ne pas écouter les gens qui veulent te faire changer d'idée pour suivre les leurs. Il faut suivre ton idée, ta vision.

3 - Être capable de décrocher, de prendre du recul. Ça, c'est plus un conseil de vie. Ne pas s'épuiser.

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