Chronique

Le sexe avant la dépense

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Fête essentiellement commerciale pilotée par les vendeurs de cartes de souhait, de chocolats et de fleurs ? Triomphe du marketing kétaine ? Occasion rêvée de renouveler son stock de nuisettes rouges et de sous-vêtements, coquins ou pas ? Ou excellent prétexte pour s'offrir une super soirée au restaurant ?

Plantée en plein milieu des journées les plus froides de l'hiver, la Saint-Valentin reçoit probablement plus d'attention commerciale qu'elle ne le devrait. Mais est-ce vraiment nécessaire de dépenser pour lui faire honneur ?

Les sondeurs d'Angus Reid ont posé la question à 1500 adultes canadiens et la réponse, c'est non, une bonne nouvelle si votre budget est limité cette année, que ce soit à cause de la chute du dollar, de l'effondrement du prix du pétrole ou de l'incertitude boursière, et je ne parle même pas de ceux qui sont suspendus au sort des actions de Bombardier.

La vraie nouvelle, rassurante et peu étonnante, dans le fond, c'est qu'une majorité de Canadiens, 53 %, ne tient pas à recevoir un cadeau. Ces gens-là préfèrent le sexe.

Ce n'est donc pas moi qui fais de la projection, c'est ce que révèle ce sondage mené par Angus Reid pour RetailMeNot.ca, une entreprise qui aide les consommateurs à trouver des coupons de réduction sur l'internet.

Selon le sondage, quelque 80 % des répondants sont d'accord : on dépense beaucoup trop pour le 14 février. D'ailleurs, 66 % ont l'intention de débourser moins cette année et les sondés s'entendent pour dire en vaste majorité que l'importance de la fête et du shopping diminue avec la durée du couple.

Cela n'empêche pas les Canadiens amateurs du 14 février d'extraire de leur porte-feuille, en moyenne, 164 $ pour cette fête hivernale : 219 $ pour les hommes contre 109 $ pour les femmes. Bonjour, les stéréotypes. Et bonjour, la dépense.

Bijoux, restos, chocos... Tout y passe.

Et les boutiques spécialisées dans les objets sexuels en profitent. « Je dirais qu'en moyenne, notre chiffre d'affaires augmente de 15 % dans les semaines précédentes », explique Sandra Auger, gérante du Sexxxplus de Brossard, une des 12 succursales de cette grande chaîne érotique québécoise. (Je parierais que son samedi sera occupé.) « Et les gens peuvent dépenser jusqu'à 300 $ pour certains objets », précise-t-elle. Vibrateurs électroniques sophistiqués et autres accessoires inspirés de Cinquante nuances de Grey ont la cote.

À l'Association des restaurateurs du Québec, le vice-président aux affaires publiques, François Meunier, rappelle que 55 % de la population québécoise fête la Saint-Valentin et que 40 % de ces consommateurs vont en profiter pour aller au restaurant. Les restaurateurs apprécient particulièrement les années où la fête tombe en plein milieu de la semaine, parce que la clientèle répartit les soirées sur deux week-ends. Donc les restaurants sont pleins avant et après la fête. Cette année, les réservations sont toutes concentrées autour d'une seule fin de semaine.

Est-ce que ce secteur de la restauration profite ainsi de la tendance actuelle à favoriser de plus en plus les dépenses « expérientielles » plutôt que matérielles ?

« On n'a pas de données là-dessus », répond M. Meunier. Et de façon générale, la restauration est en décroissance : 2,7 % de baisse des revenus depuis 2014. « On est dans un creux réel, notamment dans le haut de gamme », dit-il.

Mais la soirée de la Saint-Valentin demeure extrêmement importante pour ces restaurateurs - essayez de trouver une réservation pour samedi soir, bonne chance ! - et pour ceux de toutes les catégories. Les amoureux ne vont pas uniquement dans les établissements chics, chers et romantiques. « Même St-Hubert en profite », note M. Meunier.

Cela dit, selon le sondage Angus Reid, un tiers des Canadiens qui sont en couple s'attendent quand même à recevoir un cadeau. En moyenne, on dépensera ainsi 190 $ en bijoux, 76 $ en billets de spectacle, 61 $ en lingerie, 40 $ en fleurs et 18 $ en chocolat.

Pour le reste, donc, les trois quarts de la population ne s'attendent pas et ne tiennent pas à recevoir un présent matériel. Et 53 %, donc, préfèrent le sexe aux cadeaux.

Est-ce pour cela que malgré les meilleures tables bookées et surbookées, quelque 37 % des personnes sondées passeront la soirée à la maison, devant un repas, ou pas ?

Traiteurs, à vous de jouer.

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