Dolan se sent «comme une meilleure personne»

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Xavier Dolan commence à tourner Juste la fin du monde mardi, à Montréal.

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Il a versé une larme pendant qu'Emmanuelle Bercot recevait son prix d'interprétation. L'émotion se lisait sur son visage pendant toute la cérémonie de clôture du Festival de Cannes, dimanche soir. Xavier Dolan a vécu une autre expérience qu'il n'est pas près d'oublier sur la Croisette, comme membre du jury de la compétition officielle.

«Je commence à tourner un film dans 24 heures!, a-t-il rappelé dimanche en conférence de presse, peu après l'annonce du palmarès. Ainsi va la vie. Je n'ai jamais vécu une chose pareille. Je n'ai jamais eu l'occasion de discuter de cinéma avec autant de générosité et d'émotion, en si intelligente compagnie.»

Faire partie du jury de la plus prestigieuse compétition du cinéma mondial n'a pas seulement changé l'artiste qu'il est, dit-il, mais aussi l'être humain. «Je me suis beaucoup interrogé sur ce qu'est le cinéma, sur la manière dont un cinéaste réussit à raconter une histoire. Parfois, on pense que certains détails de nos films ne seront pas remarqués. C'est faux. Rien ne passe inaperçu. Nous avons discuté de tout. Au final, je me sens comme une meilleure personne», a-t-il dit en riant. «Tu ne l'es pas!», lui a répondu Jake Gyllenhaal, joueur.

Le Québécois entame le tournage de son cinquième long métrage dès mardi dans la région montréalaise. Juste la fin du monde, déjà vendu dans plusieurs pays et attendu officieusement sur la Croisette dans un an, met en vedette une brochette impressionnante de comédiens français: Marion Cotillard, Nathalie Baye, Léa Seydoux, Vincent Cassel et Gaspard Ulliel. «La plupart d'entre nous font un film aux trois ou quatre ans. Sauf Xavier!», a déclaré le cinéaste mexicain Michel Franco au moment de cueillir sur scène son prix du meilleur scénario pour Chronic, mettant en scène Tim Roth dans l'un de ses plus grands rôles.

Dolan n'a pas chômé durant son séjour à Cannes, préparant son film tout en s'investissant pleinement dans les festivités entourant la présentation des films en compétition. On l'a aperçu plus souvent qu'à son tour signant des autographes sur les tapis rouges, assister à des soirées mondaines, accorder des entrevues à gauche et à droite, et tout de même être présent à des projections matinales au Théâtre Lumière. Toujours dans une tenue différente, le plus souvent très colorée et originale. On se demande d'ailleurs quel placard a pu contenir tous ces complets...

Xavier Dolan repartira lundi de Cannes avec un peu plus de cernes sous les yeux sans doute, mais franchement ravi de son expérience et riche d'avoir côtoyé quotidiennement Jake Gyllenhaal, Guillermo Del Toro, Sienna Miller, Rossy de Palma, Rokia Traoré, Sophie Marceau et les frères Coen. Les membres du jury se sont entendus comme larrons en foire, laisse entendre le cinéaste québécois.

On sent tout de même qu'il y avait deux camps dans la composition de ce palmarès. Le fils de Saul, favori de la presse internationale (j'en suis), a beaucoup ému Sienna Miller, qui a déclaré en conférence de presse avoir été renversée par ce premier long métrage du Hongrois László Nemes, récompensé par le Grand Prix du jury.

«Certains films trouvent leur chemin en nous de manière différente. Certains s'imposent d'emblée grâce à leur violence, leur impact, a expliqué Xavier Dolan. Il y a eu un long moment de silence et de réflexion lorsque nous sommes sortis du Fils de Saul. C'est un film qui a nourri tellement de conversations. Une oeuvre qui s'imprègne tranquillement en nous.»

Ce n'est pas pour me vanter, mais j'avais prévu dimanche dans nos pages que la Palme d'or serait décernée à Dheepan de Jacques Audiard. Il était dû, comme on dit, étant passé très près de la consécration ultime, récemment, avec Un prophète et De rouille et d'os. «Voir trois étrangers devenir une famille par la force des choses, en moins de deux heures, de manière aussi fluide, est très impressionnant», a déclaré Jake Gyllenhaal à propos de ce récit s'intéressant au sort de clandestins sri-lankais dans une banlieue française.

«Étiez-vous parfois en désaccord?», a demandé aux coprésidents du jury le modérateur Henri Béhar. «Si Ethan dit oui, je vais dire non!», a répondu Joel Coen, avec son humour habituel. «Tout le monde a été très enthousiasmé. Nous sommes tous différents, nous avons des avis divers, mais tout le monde avait une forme d'enthousiasme pour le film», a précisé Ethan Coen, en parlant de Dheepan.

De l'enthousiasme, ce n'est pas ce qui manque à Xavier Dolan, encore un peu davantage aujourd'hui l'enfant chéri de Cannes.

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