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Un mauvais vaudeville

Le ministre de la Culture, Maka Kotto, a... (Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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Le ministre de la Culture, Maka Kotto, a confié à François Macerola, président de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), le mandat de créer un groupe de travail sur les enjeux du cinéma québécois.

Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

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Ça grogne, ça gueule, ça se vexe et ça s'accuse de tous les maux. Bref, c'est une journée comme une autre dans le merveilleux monde du cinéma québécois. Un monde un tantinet moins féérique que celui de Disney (et beaucoup moins consensuel que l'image lisse que l'on tente d'en projeter chaque année au gala des Jutra).

Depuis le début de la semaine, l'industrie cinématographique québécoise lave son linge sale en public. Le Tide avec substitut javellisant doit être en rupture de stock, parce que les taches brunes sont tenaces. Hier, j'avais l'impression d'assister à une chicane de famille digne du banquet du film Festen, de Thomas Vinterberg, avec bien sûr, au banc des accusés, le «père de famille».

C'est à se demander si le président de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), François Macerola, savait dans quel bourbier il s'enlisait en mettant sur pied son groupe de travail sur les enjeux du cinéma québécois.

Les membres de ce fameux groupe de travail, créé à l'initiative du ministre de la Culture, Maka Kotto, ont été dévoilés lundi. Ils devront se pencher au cours des prochains mois sur différents enjeux du cinéma québécois, notamment l'épineuse «crise» de 2012, comme on a baptisé la baisse de fréquentation en salle de la dernière année.

Le groupe compte sur une brochette assez variée d'intervenants du milieu du cinéma, dont les cinéastes Anaïs Barbeau-Lavalette et Micheline Lanctôt, le comédien Michel Côté, les producteurs Fabienne Larouche et Pierre Even, l'exploitant de salles Guy Gagnon, la directrice de Québec Cinéma Ségolène Roederer et le distributeur Charles Tremblay.

Dès l'annonce de la composition du groupe, attendue depuis février, les critiques ont fusé de toutes parts. Pas assez de diversité ethnique et linguistique pour les uns, pas assez de représentants des régions pour les autres, pas assez de femmes ni de cinéastes indépendants, pas assez de distributeurs et de propriétaires de salles d'art et d'essai (pas assez de vendeurs de nachos triple fromage, tant qu'à y être!). Du mécontentement en concentré. Tout ça avant même que Fabienne Larouche n'ait prononcé le moindre mot...

La grogne est telle que je me demande si le ministre Kotto n'aurait pas dû envisager la tenue d'états généraux plutôt que la mise sur pied d'un groupe de travail. On enferme tout le milieu du cinéma dans le Centre Bell pendant une semaine et on n'en ressort que lorsque tous les points de vue possibles ont été exprimés.

J'exagère, bien sûr. Comme un caricaturiste qui observe l'arène politique. Car parmi les nombreuses doléances exprimées depuis quelques jours, plusieurs sont tout à fait légitimes. Il faudrait, comme le soulignent certains intervenants, revoir de fond en comble la Loi sur le cinéma, à ce point détournée de son sens, parfois, qu'il est utile de se demander si elle protège adéquatement les intérêts du cinéma québécois.

Je ne suis pas convaincu, en revanche, que c'est en soupçonnant tout un chacun d'être en conflit d'intérêts, tout en évoquant des théories du complot, que l'on arrivera à quoi que ce soit. C'est pourtant la stratégie adoptée par le Regroupement des distributeurs indépendants de films du Québec (RDIFQ), qui a fait parvenir plusieurs lettres aux médias et à François Macerola depuis quelques jours, en faisant fi de toute forme de diplomatie.

On peut comprendre le Regroupement, comme d'autres associations du reste, d'être déçu de ne pas avoir été convié à la table de discussion. D'autant plus que la distribution de films au Québec a été grandement malmenée par la création récente d'un quasi-monopole (en raison de l'achat d'Alliance par E One) et qu'un document de travail préparé par le RDIFQ propose déjà différentes pistes de solutions.

Sauf que le ton alarmiste de son président, Louis Dussault, qui n'hésite pas à parler de «collusion» au sein du groupe de discussion, porte ombrage aux revendications du Regroupement. Peut-on sérieusement douter de l'indépendance d'esprit de Micheline Lanctôt?

Je ne m'étendrai pas davantage sur les détails de cette chicane-ci (ils sont trop nombreux). Sinon pour noter que son ton vindicatif est à l'image du climat malsain qui règne depuis trop longtemps dans le milieu du cinéma québécois. Un climat de sourde jalousie, nourri par un sous-financement systémique, qui me fait craindre que les discussions envisagées n'aient aucun impact concret sur notre cinéma.

Évidemment que le groupe de discussion formé par la SODEC est perfectible, comme disent les Français. Il aurait certainement pu être plus représentatif de la diversité des points de vue. Mais les gens qui y ont été nommés peuvent, si on leur en donne la chance, accoucher d'une base de réflexion valable pour la suite des choses. D'autant plus que François Macerola s'engage à ce que les différentes associations soient entendues.

Pour que cet exercice en vaille la peine, il faudra que le milieu du cinéma s'extirpe du mauvais vaudeville qui se joue en ce moment, avec un peu de retenue, de nuance et de bonne foi. Afin que ce fameux rapport, attendu l'automne prochain, ne serve pas lui aussi de vulgaire porte-poussière.

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Commentaires (12)
    • Les films Québécois = toujours les mêmes = pas d'intérêt = reste chez nous.

    • Me semble que le problème du cinoche Québécois est bien simple a comprendre, les budgets proviennent en grosse majorité de fonds publics, donc on dois trier: et il n'y en a que pour 2 catégories ou presque: les films de festivals, et les films grand public, hors ceci influence cela. Si tu as un projet de film et que tu espère du financement, il faut que , soit il sera d'auteur et aura une chance d'être présenté dans des festivals, soit pour le grand public avec des grosses vedettes ''banquables'', toujours les mêmes ou celles du moment. Donc d'un coté des films intello-ethico-poético qui n'intéresse pas le commun des mortels, soit des comédies/films policiers/historique/biographique, qui va attirer les fans de vedettes locales. Grosso-modo on parle d'une 10e de films par an, c'est peu, très peu, anecdotique en fait. Il a pas d'industrie privée pour apporter de la variété, les quelques films de genre qui sortent manque cruellement de moyens, et de talents, sauf exceptions: Les 7 jours du Talion par exemple. Le cinéma d'ici est un cinéma qui s'est enfermé dans un carcan de part la nature de son financement, une poignée d'individu décide qui va en bénéficier, alors les cinéastes proposent des scénarios qui vont répondre à leurs critères. C'est le chien qui se court après la queue. Aucun groupe de travail ne peut changer cette situation, c'est ce que je pense.

    • Oups! Désolé, j'ai vu une tonne d'erreurs après avoir posté.

    • Un groupe de travaille sur les enjeux du cinéma avec les "fabricants de films" mais sans aucun consommateur de films à la table? Et tout sa, surement dans des autels payé par les contribuables. Quelle non sens. En faite tout les gens nommés plus haut sont en faite ceux qui ne devraient pas avoir droit à ce groupe. Comment les personnes concernées peuvent juger de leur propre rendement? Dites moi?
      Comment Michel Côté peut dire; le problème c'est qu'on m'a trop vu dans les films ces 15 dernières années? Ou bien, Podz dire; moi j'ai définitivement fait trop de films semblables ces 3 dernières années. Macérola; j'aurais pas du financer des films avec Guy A Lepage? Ou encore, Denise Robert; moi je ne sais plus reconnaitre un bon projet et les bon acteurs qui doivent y tenir les premiers rôles.
      C'est comme demander au Pape si la religions catholique n'a pas fait son temps, de demander à Hitler si les Allemands ne serrait pas inférieur, ou encore demander aux Américains si ce ne serrait pas eux la source aux différents problèmes.
      On pourrait aussi, laisser les gens impliqués dans la corruptions de la construction, trouver des solutions à ce problème par eux même, dans un meeting qui se tiendrait dans un restaurant de Tony Acurso, tant qu'a faire...!

    • ...mille excuses à l'équipe de l'oubli de Mémoires Intimes
      vous êtes des GRANDS !

    • ...voir Mars

    • Et les spectateurs, ils ne sont pas représentés? SCANDALE!!!
      Ça prendrait des représentants des différents groupes d'âge, des différentes régions, des différents sexes, orientations sexuelles, ethnies, religions, langues, etc. Au bas mot, ça prendrait 500 personnes de plus sur ce comité... minimum. Et pourquoi pas en confier l'organisation à l'ASSÉ pour s'assurer que tout se déroule en respectant les grands principes démocratiques?

    • Je me demande pourquoi on ne considère pas la Télé Québécoise comme l'une des facteurs
      qui retient les spectateurs d'aller voir en grand nombre les Films Québécois dans les salles.
      ?La vie, la vie? (2000-2002), ?Grande Ours? (2004-2006), ?Minuit, le soir? (2006-2007),
      ?Les Lavigueurs? (2008), ?Aveux? (2010), ?Apparences? (2012), ?Unité 9? (2012- )
      Pour ne nommer que quelques uns qui ont eu des SUCCÈS ÉCLATANT et qui sont ?toujours?
      gravés dans notre mémoire collectif.
      Par contre NOMBRE de films Québécois sont plus destinés à la télé à cause (entre autre) de son caractète intimiste du traitement du tournage. Ces productions les Américains appellent ça ?M.O.W.? (Movie of the week/ et ce sont des ?one shot? de diffusion)
      Voici une liste de films québécois qui entrent dans cette catégorie;
      ?Laurentie? (2011), ?Jaloux? (2011), ?Bum Rush? (2011), ?Le colis? (2011), ?The high cost of living? (2011), ?Le Bonheur des autres? (2011), ?Décharge? (2011), ?Le vendeur? (2011), ?Tout ce que tu possèdes? (2012), ?Avant que mon Coeur bascule? (2012), ?La vallée des larmes? (2012), ?Camion? (2012), ?La mise à l'aveugle? (2012), ?La fille au manteau blanc? (2012), ?Columbarium? (2012)...
      ...voir ?Mars

    • Marrant une table de réflexion. Faire du bon cinéma c'est promouvoir les bons films. Arrêter les campagne de pub à la'américaine qui demande le tiers du budget et surtout stop aux promos qui jurant que c'est le meilleur film depuis le dernier film la semaine d'avant. Non le drame ne pogne pas l'été et il faut oublier pastiche de films d'action à l'américaine. Cela ne limite pas la comédie dramatique et le film d'aventure (tout peut devenir une aventure). Laisser les festivals et leur auto promo de film qu'on ira pas voir de toute façon, que le film soit primé à berlin ou ailleurs le public lui est indifférent, c'est lui qui décide si son 12$ (16$ si c'est un 3d) vaut la peine. Et un bon film ça na pas besoin des mêmes 6 vedettes que l'on rencontre dans les quiz télé. Retrouver un modèle québécois du cinéma et laisser les films canadiens et américains leur place. Un film comme starbucks, la grande séduction, bon cop bad cop c'est un film d'auteur également. Y'a pas que le drame déchirant qui méritent d'être catégorisé film intéressant.

    • Le problème de fréquentation des salles pour le cinéma québecois se réglera lorsque les réalisateurs cesseront de faire des films qui LEUR plait sans se soucier de ce qui plait au public. Évidemment, on se soucie moins de cet aspect quand ce n'est pas notre argent qui en jeu... Cela vaut également pour la musique québecoise.

    • C'est pourtant une crise simple à régler:
      1) Le Groupe de Travail identifierait les enjeux et proposerait 3 ou 4 pistes de solutions pour chacun des enjeux. Ces 3-4 pistes devraient nécessairement être contraditoires ou afin de créer un débat en donnant des options.
      2) Les personnes et organisations intéressées seraient invitées à donner leurs points de vue sur les enjeux en commentant les pistes de solutions proposées.
      3) Un cartable de réflexion serait développé dans lequel chacun des enjeux serait expliqué, la ou les problématiques et l'objectif final clairement expliqués. Les différents moyens (les pistes de solution) commentés seraient mis de l'avant.
      4) Le cartable est mis en disponibilité sur le Web afin que tous les interventants puissent être mis au courant des opinions émises par tout le monde.
      5) Le Ministre crée un groupe multpartite qui choisi 2 pistes de solution par problème. Si la Communauté du cinéma n'arrive pas à s'entendre, tant pis pour elle.
      6) Le Gouvernement décide.

    • P-être que si on arrêtait de financer des films-d'auteurs-à-se-trancher-les-veines et des comédies avec Lepage, on aurait pas besoin de ce vaudeville. Et non, ce commentaire ne vient pas de quelqu'un qui est allé voir Transformers au cinoche.

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