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En attendant Guzzo

Vincent Guzzo... (Photo: Patrick Sanfaçon, archives La Presse)

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Vincent Guzzo

Photo: Patrick Sanfaçon, archives La Presse

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Qu'est-ce qu'un film rentable? Comment attirer le public dans les salles? Comment financer le cinéma québécois? Comment bien l'exporter?

Les 31es Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ), qui se dérouleront du 21 février au 3 mars, seront au diapason de ces préoccupations actuelles du milieu du cinéma québécois.

Grâce à des ateliers portant sur ces thèmes - et aux lumières des artisans et professionnels qui y participeront - on tentera d'élucider le mystère de cette « crise qui n'en est pas une », comme l'a qualifiée hier en conférence de presse Dominique Dugas, directeur des RVCQ.

Une crise qui n'en est pas une, mais qui n'en finit plus de faire jaser. L'animatrice des « 5 à 7 » des Rendez-vous, Marie-Louise Arsenault, a d'ailleurs mis le doigt sur le bobo hier en précisant que « certains médias populaires » questionnaient la pertinence du financement public de notre cinéma.

L'animatrice a d'ailleurs révélé que Vincent Guzzo (des cinémas du même nom) s'était « désisté » de la discussion sur ce qu'est un film rentable, qui aura lieu en présence de ma consoeur Odile Tremblay, du distributeur Christian Larouche, du cinéaste Xavier Dolan et du président de la SODEC, François Macerola.

Je ne pourrai donc pas me faire une idée nette, une fois pour toutes, sur une question qui me taraude depuis trop longtemps: ce cher M. Guzzo joue-t-il au con ou cela lui vient-il naturellement?

On regrettera bien sûr, dans le cadre de ce qui s'annonce un débat fort intéressant, la présence de celui qui déclarait récemment, aux Francs-tireurs (et je cite), que Bon Cop Bad Cop aurait peut-être fait un demi-million de plus (au box-office) avec « une couple de filles tout nues ».

Vincent Guzzo n'assistera pas davantage à une discussion corollaire, portant sur le rayonnement international du cinéma québécois. Lui qui a déclaré, toujours à la télévision publique québécoise, que la nomination de Rebelle de Kim Nguyen aux Oscars était une mauvaise nouvelle pour les exploitants de salle. Il n'en rate pas une.

On se consolera de son absence - de son absence de culture, surtout - en compagnie de la productrice Kim McCraw (Incendies, Monsieur Lazhar), du comédien Marc-André Grondin et du cinéaste Denis Côté, dont le film Vic et Flo ont vu un ours a été présenté en compétition au Festival de Berlin cette semaine (mais qu'on ne risque pas de voir de sitôt, je suppose, dans un cinéma Guzzo).

Bien plus qu'une rétrospective des films de la dernière année, les 31es Rendez-vous du cinéma québécois s'annoncent comme une occasion de réfléchir à la situation du cinéma. Car, contrairement à ce que pourraient suggérer les inepties de Vincent Guzzo, il y a matière à réflexion.

Dans le cadre de ses « Rendez-vous professionnels », le festival se penchera entre autres sur la question du financement privé de notre cinéma. « Il n'y a aucun débat sur le financement public du cinéma québécois, même si certains aimeraient nous faire croire le contraire », estime Dominique Dugas.

Des spécialistes français donneront leur avis sur la manière de renouveler le public des salles, et des distributeurs européens se pencheront sur les stratégies les plus efficaces pour « vendre » un film québécois à l'étranger.

Les Rendez-vous seront aussi, bien sûr, l'occasion de voir ou de revoir, en prévision de la Soirée des Jutra, la crème du cinéma québécois de 2012, et de découvrir quelques primeurs, dont les forts inspirés films d'ouverture et de clôture, Roche papier ciseaux de Yan Lanouette Turgeon et Le météore de François Delisle.

Au total, plus de 300 films seront projetés, dont 94 premières, 41 longs métrages de fiction et 79 documentaires, parmi lesquels Les Boys, le documentaire de Louise Leroux, portant sur une vraie de vraie ligue de garage (et non pas les personnages burlesques de la télésérie de Radio-Canada), ainsi que le très intrigant Le chant des ondes: sur la piste de Maurice Martenot de Caroline Martel, qui s'est entre autres entretenue avec Jonny Greenwood, de Radiohead.

En vrac, les RVCQ présenteront aussi des « préludes », mises en bouche d'oeuvres à venir, notamment avec le très discret Robert Morin, qui discutera de son nouveau film, 4 soldats, et Émilie Bibeau, qui présentera une web-série la mettant en vedette, intitulée - pourquoi faire compliqué - Émilie.

Une conversation avec ses artisans aura lieu autour de l'excellente émission Unité 9. La soirée des Oscars, avec « pool » en prime, sera animée par Jean-Philippe Wauthier et Rebecca Makonnen. Un combat des films opposera notamment mon collègue Yves Boisvert, le sociologue Mathieu Bock-Côté et la candidate défaite du PQ Djemila Benhabib.

À la réflexion sur le cinéma s'ajouteront des événements plus festifs, comme le party de clôture avec le groupe Artist of the year, une soirée avec DJ Ghislain Poirier et Boogat ou encore un spectacle programmé par Xavier Dolan, avec un artiste « mystère » dont l'identité ne sera dévoilée que 48h avant le lancement des Rendez-vous. « Je parie sur U2 ou les Rolling Stones! », a lancé Dominique Dugas. À moins que Vincent Guzzo ne sache jouer de la guimbarde.

Quatre primeurs des RVCQ

> Roche papier ciseaux de Yan Lanouette Turgeon.

En ouverture des Rendez-vous du cinéma québécois, un 1er long métrage étonnant, mettant en scène une jolie brochette d'acteurs (dont Roy Dupuis, Roger Léger et le rappeur d'origine algonquine Samian). La trame narrative n'évite pas certaines invraisemblances, mais Roche papier ciseaux est porté par un réel souffle à la réalisation et une musique tout aussi inspirée.

Le jeudi 21 février, 19 h, à l'Impérial

> Finissant(e)s de Rafaël Ouellet

Après l'excellent Camion, Rafaël Ouellet propose en quelque sorte une « suite » à New Denmark, oeuvre contemplative sur des jeunes de l'école secondaire, tournée dans le village natal du jeune cinéaste, Dégelis, près de la frontière du Nouveau-Brunswick.

Le samedi 23 février, 19 h 30, à la Cinémathèque québécoise

> Le météore de François Delisle.

Le 5e long métrage de François Delisle (Toi, 2 fois une femme) est une proposition originale et drastique. Cet ovni cinématographique, inspiré d'un projet photographique, se présente comme une série de tableaux sans dialogues, dont la narration est assurée par les monologues intérieurs de différents personnages: un détenu, sa mère, son ex, son geôlier et le jeune homme avec qui il partage sa cellule.

Le samedi 2 mars, 19 h, à la Cinémathèque québécoise

> Les manèges humains de Martin Laroche

Présenté en première mondiale au festival de Karlovy Vary, ce 3e long métrage de Martin Laroche raconte l'histoire d'une jeune femme d'origine africaine (Marie-Évelyne Lessard, vue entre autres dans 19-2) qui, par le biais de son travail, prend conscience de son passé de victime d'excision.

Le lundi 25 février, 19 h 30, à la Cinémathèque québécoise




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