Marc Cassivi, comparer Pro Tools avec Autotune démontre une grande ignorance du sujet. En tant qu'outil de travail, Pro Tools est neutre, c'est un DAW, comme il y en a bien d'autres : Logic, Live, Cakewalk, etc. Tous les albums actuellement sont réalisés dans des DAW, tant Beyoncé que le plus underground et le plus imparfait des puristes de l'art d'avant-garde. Ce que le documentaire critique, c'est la façon dont Pro Tools et compagnie sont utilisés de nos jours par les amateurs, et même parfois par des professionnels soucieux de faire du cash, qui l'utilisent tous de la même façon avec, pour résultat, d'obtenir exactement le même son. Exemple : avec un marteau, je peux construire la plus originale des cabanes, comme je peux faire exactement la même que mon voisin en suivant le même plan qu'il a suivi. Le marteau n'en est pas responsable, le plan non plus : la responsabilité de la non-originalité de ma cabane me revient entièrement. C'est la même dans le domaine de la musique contemporaine. Si vous êtes très créatif, Pro Tools sera un super outil pour accentuer votre originalité - si vous voulez plaire aux normes de la pop ou faire exactement comme vos idoles, Pro Tools sera un super outil pour accentuer votre platitude. Pour ce qui est d'Autotune, alors là, on parle d'un logiciel qui sert à corriger certaines imperfections imprévisibles de la voix chantée. Rien à voir avec Pro Tools.
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Ode à l'imperfection
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Wow BearMtl! T'es excellent de citer Yves Bonnefoy dans un commentaire sur lapresse.
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Il y a juste la mort qui est réellement parfaite!
Immuable, elle n'a pas besoin de changer puisqu'elle est si parfaite!
Mais sa perfection ne pourrait pas exister sans la justifier par ce qui n'est pas parfait.
Donc elle aussi n'est pas si parfaite que ça car il y manque aussi un ptit quelque chose!
Associer des types de machines à ce qui est parfait ou pas est un faux débat.
On devrait plutôt parler de standards qui changent.
Ça n'enlève rien par contre à l'intérêt de ce documentaire. -
C'est quand même assez ironique d'évoquer Nevermind (un des albums les plus lisses et les plus surproduits des années 1990) dans une chronique sur l'imperfection en musique.
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Un grand poète français contemporain, Yves Bonnefoy, a fait de l'imperfection son "art poétique":
Il y avait qu'il fallait détruire et détruire et détruire,
Il y avait que le salut n'est qu'à ce prix.
Ruiner la face nue qui monte dans le marbre,
Marteler toute forme de beauté.
Aimer la perfection parce qu'elle est le seuil,
Mais la nier sitôt connue, l'oublier morte,
L'imperfection est la cime.
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