Et maintenant, la France...

« Le successeur de François Hollande pourrait bien être... (Photo Marin Bureau, Association Press)

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« Le successeur de François Hollande pourrait bien être le vainqueur de la primaire de la droite. Et à en juger par les sondages, cet homme serait non pas Nicolas Sarkozy, mais Alain Juppé [à gauche], ancien premier ministre sous Chirac et actuel maire de Bordeaux », écrit Lysiane Gagnon.

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On sort à peine du psychodrame américain que s'annonce une autre grande compétition politique.

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« Le successeur de François Hollande pourrait bien être le vainqueur de la primaire de la droite. Et à en juger par les sondages, cet homme serait non pas Nicolas Sarkozy, mais Alain Juppé [à gauche], ancien premier ministre sous Chirac et actuel maire de Bordeaux », écrit Lysiane Gagnon.

PHOTO MARIN BUREAU, ASSOCIATED PRESS

D'ici deux semaines, on saura qui sera peut-être le prochain président de la France. Eh oui, même si le second tour de l'élection présidentielle n'aura lieu que le 7 mai 2017, il est possible que les jeux soient faits dès la primaire de la droite, qui aura lieu les 20 et 27 novembre prochains.

Compte tenu de l'impopularité abyssale des socialistes, dont le premier mandat s'achève dans la désunion et le désenchantement, le successeur de François Hollande pourrait bien être le vainqueur de la primaire de la droite. Et à en juger par les sondages, cet homme serait non pas Nicolas Sarkozy, mais Alain Juppé, ancien premier ministre sous Chirac et actuel maire de Bordeaux.

Le scénario s'est dessiné il y a longtemps : M. Hollande, qui jusqu'à tout récemment s'entêtait à vouloir briguer un second mandat, serait battu au premier tour, et le duel final se ferait entre Marine Le Pen et le candidat de la droite... lequel bénéficierait du report des voix de la gauche, comme en 2002. Jacques Chirac avait alors facilement triomphé de Jean-Marie Le Pen au second tour, après que le candidat socialiste, Lionel Jospin, eut été écarté au premier tour.

Ce scénario est moins clair aujourd'hui.

Depuis la publication de ses confidences dévastatrices à deux journalistes du Monde, le président Hollande est aujourd'hui disgracié à tel point qu'on prédit qu'il devra tirer sa révérence.

La gauche pourrait trouver un sauveur en Manuel Valls, le premier ministre, ou en Emmanuel Macron, l'ambitieux électron libre qui a quitté le gouvernement pour avoir les coudées franches.

Mais M. Valls risque d'être plombé par la mauvaise image du gouvernement qu'il a dirigé pendant près de trois ans, et M. Macron n'a pas encore fait ses preuves. Il n'a jamais été élu, et s'il est devenu le chouchou des médias, son bilan, comme ministre de l'Économie, est assez maigre.

De deux choses l'une : ou celui que les Français aiment comparer à Justin Trudeau suscitera une vague de fond en sa faveur, en incarnant la jeunesse et le changement... Ou, au contraire, sa candidature fera long feu. Il est trop tôt pour savoir ce qu'il en adviendra.

Pour l'instant donc, c'est Alain Juppé que favorise la conjoncture. Il est depuis des mois le politicien le plus populaire en France, à gauche aussi bien qu'à droite, ce qui tient du miracle dans un pays où les démarcations idéologiques sont si étanches.

Nombre d'électeurs de gauche se proposent même d'aller voter à la primaire de la droite, à laquelle participeront, outre le parti Les Républicains (LR) présidé par Nicolas Sarkozy, plusieurs électeurs de formations centristes, comme le MoDem de François Bayrou.

Ce « noyautage », aussi problématique soit-il sous l'angle de l'éthique politique, est facile à faire. Pour voter, il suffit de souscrire 2 euros et de signer sur l'honneur une déclaration assez vague pour accommoder toutes les consciences : « Je partage les valeurs républicaines de la droite et du centre et je m'engage pour l'alternance afin de réussir le redressement de la France. »

Selon un sondage commandé par L'Obs, 57 % des électeurs de gauche trouvent légitime de participer à la primaire de droite, histoire de s'assurer que Marine Le Pen, dont la victoire au premier tour ne fait pas de doute, fera face à un candidat rassembleur et modéré plutôt qu'à la personnalité abrasive de l'ancien président Sarkozy, dont l'étoile a singulièrement pâli ces dernières années. Il a pris un virage ultra-droitiste, en adoptant sur l'immigration et les musulmans des positions proches de celles du Front national, et il se trouve en plus aux prises avec la Justice pour diverses affaires concernant le financement de ses campagnes électorales.

Même l'économiste socialiste Thomas Piketty avoue publiquement qu'il songe à voter à la primaire de droite pour écarter Sarkozy.

Rien d'étonnant à ce que ce dernier ait été contre l'idée d'une primaire ouverte ! La formule lui a été imposée par les candidats rivaux, faisant dérailler la stratégie qu'il avait élaborée en prenant le contrôle de LR (anciennement l'UMP). L'ancien président aurait plus de chances de triompher de ses six adversaires si le choix du candidat de la droite à la présidentielle était limité aux membres de LR. Or, il risque bientôt de voir s'effondrer son rêve de prendre sa revanche sur sa défaite de 2012.

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