Radiologistes : les mieux rémunérés

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« Des 25 médecins les mieux rémunérés en 2015, les radiologistes arrivent en tête », indique Lysiane Gagnon.

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Lysiane Gagnon 
La Presse

Pas de doute possible. Les statistiques de la Régie de l'assurance maladie du Québec montrent que le ministre Barrette, ex-président de l'Association des radiologistes, a bien servi ses collègues.

Des 25 médecins les mieux rémunérés en 2015, les radiologistes arrivent en tête, avec une facture globale de l'ordre de 11,15 millions. Comme le signalait hier notre collègue Ariane Lacoursière, ils gagnent également à la loterie des spécialistes qui sont les plus payés : leur rémunération moyenne est de 593 604 $.

Ils devancent les chirurgiens cardiaques, les oncologues, les ophtalmologistes et les obstétriciens-gynécologues.

Or, il se trouve que les radiologistes forment, avec par exemple les pathologistes, l'une des rares spécialités où l'on ne voit pas de patient. Exception faite de ceux qui effectuent des échographies, qui, eux, touchent et parlent à des êtres humains, le radiologiste travaille en quelque sorte en vase clos. Il lit et interprète les radios, et transmet les résultats au médecin traitant. Le patient est une paire de poumons ou de seins sur pellicule, une photo organique sans visage ni identité.

Loin de moi l'idée de prétendre que les radiologistes sont moins utiles que d'autres médecins, mais le fait qu'ils n'aient pas de contact avec les patients -  et peu de contacts avec les autres soignants, comme les infirmières et les pharmaciens -, pourrait influencer leurs attitudes.

Cela explique peut-être en partie ce qu'on reproche au ministre Barrette : sa légendaire brutalité, son insensibilité aux réalités du terrain, le mépris qu'il affiche envers les infirmières et les pharmaciens, son incapacité à accepter la critique, comme on l'a vu lorsqu'il a réagi avec une grossièreté inouïe aux objections de Diane Lamarre, critique péquiste en santé qui avait en outre à ses yeux le malheur d'être pharmacienne. On voit mal le Dr Barrette dans le rôle d'un médecin de famille !

On sait que les sommes consenties aux médecins par le gouvernement sont allouées aux fédérations, qui se répartissent ensuite « l'enveloppe globale » par des négociations internes entre les différentes spécialités. Les radiologistes ont eu la chance d'être superbement défendus par le Dr Barrette, qui a été président de leur association pendant huit ans, puis président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec pendant huit autres années, et qui a sûrement exercé un grand ascendant sur les autres négociateurs grâce à sa stature intellectuelle, à sa puissance de travail et à son inflexible volontarisme.

Les avancées technologiques ont également bien servi les radiologistes. Comme le souligne Damien Contandriopoulos, de l'Institut de recherche en santé publique de l'Université de Montréal, « les lectures de radio se font bien plus rapidement qu'auparavant », ce qui permet aux radiologistes d'en examiner un plus grand volume en moins de temps... et qui évidemment d'accroître leur rémunération.

La seconde catégorie favorisée financièrement, celle des ophtalmologistes, doit son rang au fait que les opérations de cataractes, qui représentent une bonne partie des opérations, sont des interventions de routine qui se font très rapidement dans la plupart des cas (une vingtaine de minutes par patient), contrairement aux interventions sur la rétine, par exemple, plus difficiles et délicates, qui nécessitent un suivi plus intensif.

Par ailleurs, le tableau comparatif des provinces, que La Presse+ publiait hier, montre que la rémunération des médecins québécois payés à l'acte se compare avantageusement à la moyenne canadienne.

Le Québec (330 754 $) a maintenant dépassé l'Ontario (302 673 $) et même la Colombie-Britannique, où le coût de l'immobilier est très élevé (325 105 $). L'Alberta et la Saskatchewan, grâce au boom pétrolier qui les a déjà favorisées, mènent la marche, de même que, pour des raisons inexpliquées, la province relativement pauvre du Nouveau-Brunswick.

Les négociations entre le gouvernement et les fédérations médicales, pour le renouvellement (lire l'augmentation) de la rémunération, s'amorceront bientôt... sous l'égide d'un gouvernement dont les deux principaux personnages sont des médecins.




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