Lueur d'espoir

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Notre chroniqueur estime que l'entrée en scène de Vladimir Poutine et de l'armée russe dans le conflit syrien est une chose salutaire.

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Avec l'arrivée de troupes iraniennes à l'appui du régime de Bachar al-Assad et sous le parapluie de Moscou, le conflit du Proche-Orient se métamorphose en une lutte entre sunnites et chiites. Ce rebondissement fulgurant, qui du reste correspond à la vraie problématique de la région, fait apparaître la coalition dirigée par les États-Unis comme un joueur inefficace et redondant.

Rappelons que le groupe État islamique (EI), de même que les multiples bandes terroristes à l'oeuvre en Syrie, sont d'allégeance sunnite, alors que l'Iran et le Hezbollah, vieil allié de Bachar, sont d'allégeance chiite, tout comme la minorité alaouite au pouvoir à Damas, qui appartient à une variante du chiisme. Pour les sunnites fondamentalistes, les chiites sont des « hérétiques » encore plus méprisables que les chrétiens et même les juifs.

L'intervention de la Russie en Syrie, qui va puissamment renforcer le régime de Bachar, a été accueillie avec embarras dans les capitales occidentales, obnubilées par la haine obsessionnelle qu'elles vouent au dictateur syrien. Le président Obama, empêtré comme d'habitude dans sa stratégie erratique au Proche-Orient, n'a pas caché son malaise devant l'irruption de Moscou... comme si ce malheureux territoire était une chasse gardée américaine !

Le premier ministre Harper, toujours obsédé par la guéguerre ukrainienne qui le pousse à diaboliser Vladimir Poutine au-delà du bon sens, trouve l'intervention russe « dangereuse ». Jean Chrétien l'a vertement contredit hier, en accueillant positivement l'arrivée des Russes dans le conflit.

Effectivement, cela a de quoi susciter un peu d'espoir, à l'heure où la coalition dirigée par les États-Unis s'enlise en Irak et n'arrive pas à percer en Syrie, faute d'alliés fiables sur ce terrain miné.

La Turquie, joueur majeur, est plus occupée à tirer sur les Kurdes qu'à combattre l'EI. Les Kurdes, de même que les milices chiites irakiennes, sont les seuls à mener le combat au sol contre l'EI, alors que la coalition occidentale continue à s'imaginer qu'on peut combattre des guérillas terroristes seulement par des frappes aériennes. Dans un pareil contexte, il faut se réjouir de l'arrivée de puissants renforts militaires de Moscou, de même que des combattants au sol iraniens, lesquels travailleront de concert avec le régime de Damas, qui reste la principale force militaire en Syrie.

Dans la lutte contre l'EI, le réalisme politique dictait une alliance avec Bachar, malgré les crimes perpétrés par son régime. Les Alliés n'ont-ils pas fait alliance avec Staline contre Hitler ? Mais les États-Unis, toujours résolus à obtenir la tête de Bachar, quitte à prolonger indéfiniment la guerre civile syrienne, ont préféré entraîner des « rebelles modérés » qui feraient à la fois la lutte à Bachar et à l'EI... Vaste illusion : sitôt revenus en Syrie, la plupart ont été capturés par le Front al-Nosra !

Les Russes, qui voient là l'occasion de s'imposer sur la scène internationale après les sanctions déraisonnées dont leur pays a fait l'objet depuis l'annexion de la Crimée, assurent que leurs troupes travailleront de concert avec la coalition dirigée par les États-Unis. Dans les capitales occidentales, on les soupçonne d'avoir ciblé, dans un premier temps, des rebelles opposés à Bachar plutôt que des bases de l'EI. Si c'est vrai, il n'y a pas là matière à scandale, car ces groupes sont tous affiliés à des organisations terroristes comme Al-Qaïda ou al-Nosra. Il y a longtemps que l'opposition « démocratique » à Bachar a été décimée par les factions radicales.

Fort de l'appui de Moscou et de Téhéran, Bachar réclame une conférence de paix sous l'égide de l'ONU. Il serait sage de l'écouter, si l'on veut mettre fin à la guerre civile syrienne et se concentrer sur la lutte contre l'EI.

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