LGBT : un amalgame trompeur

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C'est comme si les homosexuels n'avaient plus d'identité propre! On ne parle maintenant que des «LGBT», pour «lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres», ce dernier groupe regroupant ceux qu'on appelait autrefois les transsexuels.

Les homosexuels ont généreusement accepté de laisser les «trans» s'accrocher à leur bateau, qui a le vent dans les voiles grâce à l'évolution de la société et aux grandes victoires comme la reconnaissance du mariage gai. Mais cet amalgame n'en reste pas moins illogique, car les trans et les homosexuels n'ont rien en commun sinon le fait d'être minoritaires... et même à cela, ces deux minorités n'ont rien de comparable.

On estime, grosso modo, à au moins 10% le pourcentage d'homosexuels dans nos sociétés, alors que les trans sont très peu nombreux.

Plus fondamentalement, homosexuels et trans ne vivent pas la même problématique, ne partagent pas la même culture et n'ont pas les mêmes revendications.

Contrairement aux trans, les homosexuels n'ont aucun problème identitaire. Leur orientation sexuelle est différente de celle de la majorité, mais ils ne veulent pas changer de genre. Ils ne réclament aucun privilège particulier (exception faite des gais qui réclament le droit de recourir aux mères porteuses). Ils veulent simplement être traités comme les hétéros: afficher leurs amours, se marier, fonder une famille, échapper aux préjugés, aux moqueries et à la discrimination.

Les trans, au contraire, vivent de profonds problèmes d'identité sexuelle. Mais la plupart gardent, malgré les transformations, la même orientation sexuelle, tout comme le héros de Laurence Anyways de Xavier Dolan, qui reste amoureux de son ancienne blonde même une fois devenu femme.

Les trans ont des revendications très spécifiques, par exemple le droit de changer le sexe inscrit à leur état civil même s'ils n'ont pas subi de transformation génitale. Non seulement leurs revendications n'ont rien à voir avec celles des homosexuels, elles vont parfois contre les intérêts et les désirs de ces derniers.

Ainsi, les trans souhaitent des toilettes publiques et des vestiaires de sport unisexes - un changement qui ne ferait l'affaire ni des gais ni des lesbiennes; ces dernières, pas plus d'ailleurs que les hétérosexuelles, ne veulent partager les douches et les lavabos avec des hommes biologiques qui n'ont pas complété leur transformation.

Les trans réclament aussi que les détenus puissent choisir l'établissement qui correspond au genre qu'ils ont choisi: des femmes biologiques, par exemple, auraient le droit d'être internées dans des prisons pour hommes.

Certains trans réclament même que les hommes engagés dans un processus de changement de genre puissent postuler dans les centres d'hébergement pour femmes victimes de violence, au mépris du fait que nombre de femmes maltraitées refusent d'avoir affaire à des hommes. Que ces hommes biologiques se «ressentent» femmes n'a rien à y voir.

Les rapports entre les trans et les lesbiennes sont d'ailleurs souvent difficiles, comme me l'a déjà expliqué une prof de McGill qui a fait le grand saut il y a de nombreuses années.

Certaines lesbiennes, de même que la frange radicale des féministes qui sacralisent la féminitude, considèrent qu'une personne ayant vécu les premières années de sa vie comme homme reste à jamais un homme au moins dans l'esprit et les réflexes, et que les transsexuelles ne seront jamais de vraies femmes parce qu'elles n'ont pas vécu l'expérience féminine authentique: elles n'ont pas grandi comme des petites filles, n'ont pas connu les menstruations et n'ont jamais été victimes de la violence masculine...

Comme quoi l'intolérance et le sectarisme peuvent aussi se retrouver chez les minorités.

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