La mi-mandat, sombre climat

Le président français, François Hollande.... (Photo Reuters)

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Le président français, François Hollande.

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La mi-mandat - cette étape fatidique - n'a pas été plus gaie à l'Élysée qu'à la Maison-Blanche.

Si Barack Obama s'est vu infliger une retentissante gifle aux élections du « mid term », François Hollande reste collé « au 36e dessous », comme disent les Français, le dernier sondage ne lui accordant que 12 % d'appuis.

Il entraîne dans sa chute son premier ministre Manuel Valls, qui tombe à 22 % alors qu'il y a six mois, il était le politicien le plus populaire du pays. Il est désormais jugé coresponsable des malheurs du pays.

Le président Obama ne peut compter sur le temps, puisque ce dernier mandat prendra fin dans deux ans. Le président Hollande peut théoriquement espérer une revanche en 2017, mais son étoile - un bien petit astre qui fut toujours pâlot - risque de s'éteindre définitivement. Si rien ne change, on voit mal pourquoi les socialistes accepteraient d'aller à l'abattoir sous sa bannière.

Or, justement, rien ne semble changer. De retour de sa visite officielle au Canada, François Hollande a tenté de remonter la côte en se prêtant à une grande entrevue sur TF1, mais l'exercice est tombé à plat.

Dernière bourde par procuration, les bavardages de son principal collaborateur, Jean-Pierre Jouyet, l'actuel secrétaire général de l'Élysée. On apprenait cette semaine que ce dernier a raconté à deux journalistes comment François Fillon, l'ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy, a tenté de le convaincre d'accélérer les procédures judiciaires contre le même Sarkozy.

Bien sûr, c'est d'abord Fillion que ces révélations stupéfiantes éclaboussent - un ancien premier ministre suppliant l'exécutif d'influer sur le processus judiciaire ! - mais le comportement subséquent de M. Jouyet, qui a commencé par démentir l'histoire pour ensuite la confirmer, a une fois de plus remis en question le jugement du président, qui a nommé à un poste sensible un ami personnel dépourvu des qualités requises pour la fonction.

Coincé entre Nicolas Sarkozy, qui a amorcé tambour battant son grand retour, et Alain Juppé, l'ancien premier ministre de Chirac qui entend se présenter aux prochaines élections présidentielles, François Fillon, ce personnage falot qui s'est longtemps laissé dénigrer sans réagir par Nicolas Sarkozy pour ensuite se lancer dans une vendetta d'autant plus furieuse qu'elle avait été longtemps contenue, n'avait au départ que bien peu de chances de porter les couleurs de la droite en 2017.

Mais les échos de sa tentative d'amener l'Élysée à « taper vite » sur Sarkozy pour l'empêcher de « revenir » va sans doute tuer à jamais ses velléités de présidentiable... quoique les moeurs politiques françaises étant ce qu'elles sont, il ne soit pas si évident qu'on y verra un scandale.

L'un des imbroglios judiciaires dans lequel Nicolas Sarkozy se débat actuellement prend sa source dans des écoutes policières de ses conversations personnelles - incluant ses entretiens avec son avocat - , écoutes qui se sont déroulées sur une période de plusieurs mois, et dont certains croient qu'elles ont été commandées ou approuvées par la ministre socialiste de la Justice, Christiane Taubira.

Dans ce sombre climat, Marine Le Pen attend son heure - son Front national est sorti vainqueur de toutes les dernières confrontations électorales, tant et si bien qu'on prédit qu'elle se retrouvera, comme son père en 2002, finaliste au premier tour.

Marine, donc... mais contre qui ? Contre Hollande ? Ce serait étonnant. Contre Valls, à supposer qu'il redémarre sa carrière en rompant les ponts avec Hollande ? Pas impossible. Contre Sarkozy ? Peu probable, compte tenu de la hargne qu'il inspire jusque parmi ses troupes, mais pas improbable, compte tenu de l'irrépressible énergie de cet ambitieux charismatique. Contre Juppé ? Possible, mais pas garanti, car l'austère technocrate, en campagne, n'aura rien d'inspirant.

De toutes les façons, la joute promet d'être fascinante.

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