Le camp du refus

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L'élection du PQ a-t-elle redonné de l'élan à la souveraineté? Pas du tout. Au contraire, les trois quarts des Québécois sont très fiers de leur identité canadienne, et s'il y avait un référendum ces jours-ci, le résultat ressemblerait à celui de 1980: il y aurait 61% de Non, voire plus, si l'on tient pour acquis que les 7% qui «ne savent pas» auraient tendance à se ranger dans le camp du refus.

Le sondage CROP publié hier par l'Idée fédérale, réseau de réflexion sur le fédéralisme, ne réserve pas de surprise fracassante car il annonce un renforcement des tendances déjà observées ces dernières années.

Il comporte cependant plusieurs mauvaises nouvelles pour le gouvernement Marois, dans la mesure où il indique que la majorité de la population n'est pas sur la même longueur d'onde que le gouvernement sur quelque question que ce soit, qu'il s'agisse des priorités gouvernementales, du pétrole albertain ou de l'attitude envers Ottawa.

La victoire du PQ? Une simple volonté de changement; pas plus de 7% souhaitaient un gouvernement «plus à gauche» ... une donnée qui entre en contradiction avec l'orientation que s'est donnée le gouvernement Marois, dans son espoir d'attirer des électeurs de Québec solidaire.

Seulement 8% souhaitaient un gouvernement «qui travaille pour la souveraineté».

De toute façon, 67% des Québécois pensent que la souveraineté n'adviendra jamais et qu'il s'agit d'un «débat dépassé».

Et 56% donnent raison à Stephen Harper quand il déclare que «les Québécois ne veulent pas rouvrir les vieilles chicanes constitutionnelles du passé», 65% étant en désaccord avec Pauline Marois quand elle dit que le fait de «demeurer une province du Canada constitue un risque inacceptable pour le Québec».

Au contraire, pensent 83% des Québécois, «l'appartenance au Canada constitue un avantage pour le Québec dans le climat actuel d'incertitude économique mondiale».

Toujours selon ce sondage, les priorités des Québécois ont bien peu à voir avec celles du gouvernement Marois.

La lutte contre la corruption, l'environnement et l'éducation, grandes priorités gouvernementales, arrivent respectivement en quatrième, cinquième et sixième place.

Pour les Québécois, il faut d'abord agir sur la croissance et l'emploi, la réduction des dépenses gouvernementales et la santé. Seulement 3% considèrent que la récupération de nouveaux pouvoirs du fédéral est prioritaire!

Quant au rapatriement des programmes de soutien à la culture et de l'assurance-emploi, on est presque kif-kif: 45% et 43% pour, 39% contre.

Sur la question-clé de l'identité, 87% des francophones sont fiers d'être Québécois... mais 75% le sont aussi de leur identité canadienne.

Sur le pétrole, les Québécois ne sont pas du tout sur la longueur d'onde que les ministres Breton et Ouellet.

Si 47% (versus 34%) des Québécois sont défavorables à l'exportation du pétrole de l'Ouest en Asie, ce n'est pas parce qu'ils se rangent du côté des environnementalistes de la Colombie-Britannique qui militent contre la construction d'un oléoduc, mais plutôt, peut-on déduire, parce qu'ils veulent ce pétrole pour eux-mêmes!

Une forte majorité des 74% souhaite en effet qu'un pipeline transporte le pétrole albertain jusqu'au Québec plutôt que d'avoir à consommer du pétrole «provenant de pays étrangers».

«C'est quand même fascinant d'observer qu'une population qui vient d'élire un gouvernement péquiste est de moins en moins favorable à la souveraineté», commentait hier Alain Giguère, le président de CROP.

Fascinant peut-être, mais sûrement pas étonnant, quand on sait que ce fut toujours le cas dans le passé. Durant les mois suivant les victoires du PQ en 1976 et en 1994, il n'y avait pas l'ombre d'une majorité pour la souveraineté.

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